Cherté des bœufs, rareté du lait et déménagement du marché de bétail : le président des éleveurs de Koumbia donne des explications

il y a 2 heures 15
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La commune rurale de Koumbia, l’une des huit collectivités de la préfecture, est reconnue pour son caractère agropastoral. Elle abrite à elle seule plus de la moitié du cheptel de la préfecture. Avec son marché à bétail, la commune rurale de Koumbia fournit chaque semaine plus de 250 têtes aux consommateurs guinéens. Mais tout n’est pas rose pour les éleveurs, qui sont confrontés à de nombreux problèmes. Pour en savoir plus, Guineematin.com a rencontré le président de la coordination des éleveurs de Koumbia, Mamoudou Diallo.

Mamoudou Diallo, président de la coordination des éleveurs de Koumbia

« D’abord, pour justifier le déplacement du marché de bétail de son premier emplacement à Gadha Kody, c’est toute une histoire. Au départ, il n’y avait que Konkouré comme marché de bétail le plus proche d’ici. Les autorités ont décidé de rapprocher le marché des différents acteurs. C’est ainsi que, dans les années 90, le marché de bétail de Gaoual centre à Kalinko a été créé, puis celui de Koumbia. L’emplacement du marché a été donné à l’époque par un éleveur, mais après son décès, ses enfants ont réclamé le lieu. C’est ce qui a motivé les autorités à délocaliser le marché de bétail pour le transférer à Gadha Kodi, toujours dans le district de Dara Bowé. La commune a créé ce marché, y a installé les commodités nécessaires pour nous permettre d’y travailler. Comme vous le voyez, il y a un hangar en tôle qui nous sert de bureau, un forage, un quai d’embarquement, des toilettes, et plusieurs autres hangars en paille construits par les différents groupements d’éleveurs. Le marché est situé à 2 km du centre-ville. Il occupe l’ancienne cité du Pr Alpha Condé sur un espace de 3 hectares », a expliqué Mamoudou Diallo.

Plus loin, le président de la coordination des éleveurs de Koumbia revient sur les problèmes auxquels sont confrontés les membres de sa corporation.

« Comme vous pouvez le voir, notre marché fournit un nombre important de bœufs aux consommateurs, notamment à Boké, Kamsar et Conakry. Ces derniers temps, même ceux de Labé et d’ailleurs viennent s’y approvisionner. Chaque lundi, plus de 250 têtes sont embarquées en direction des abattoirs de la capitale et des autres villes du pays. Mais nous avons un sérieux problème. L’espace réservé à l’élevage se rétrécit de jour en jour. Les gens ont planté des anacardiers partout, empiétant ainsi sur les espaces réservés au bétail. Actuellement, près de 90 % de nos troupeaux se trouvent en Guinée-Bissau. C’est là où ils trouvent de l’espace pour paître et de l’eau pour les abreuver. Mais ici, on manque d’espace, d’aliments, d’eau, et même de médicaments pour combattre les maladies bovines. C’est un grand casse-tête pour nous. C’est d’ailleurs pour cette raison que le prix de la viande est élevé, même ici à Koumbia, et que le lait est pratiquement introuvable pendant la saison sèche, puisque les bœufs ne trouvent pas à manger », déplore cet acteur de l’élevage.

Malgré ces difficultés, Mamoudou Diallo pense que les autorités concernées ne laisseront pas ce secteur vital pour le pays à l’abandon.

« Il est possible de redresser cette situation. Il suffit de prendre des mesures adéquates pour sécuriser les espaces réservés aux éleveurs, créer des points d’eau, former les éleveurs, et surtout mettre à leur disposition des équipements pour la production d’aliments, ainsi que des installations pour aider les acteurs de l’élevage à moderniser le secteur et à répondre aux besoins des consommateurs », a précisé le président de la coordination des éleveurs de Koumbia.

Par rapport à la récente crise observée dans le secteur de l’élevage et liée à l’insécurité, cet acteur de l’élevage souligne avec force son soutien à toute décision pouvant ramener la sérénité dans la corporation.

« Nous avons été informés que nos confrères, situés dans certaines préfectures du pays, sont confrontés à l’insécurité. Leurs bêtes sont abattues ou blessées, et eux-mêmes sont blessés, voire tués. Ce sont des choses inacceptables. Notre pays est un havre de paix. Nous devons continuer de vivre en paix, où que ce soit, à travers le pays. C’est ce que nous attendons de nos autorités : garantir la sécurité à tout le monde et le libre exercice de notre métier partout sur le territoire national. Après la grève qui a secoué le secteur, nous attendons la réaction de nos autorités. Le mouvement est provisoirement suspendu, et nous sommes à l’écoute, surtout des mesures qui seront prises pour ramener la sérénité et le calme dans le secteur », a conclu Mamoudou Diallo.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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