Elhadj Madifing Diané sur les circonstances dans lesquelles le pouvoir a échappé à Aboubacar Somparé en 2008 : « Il l’a regretté jusqu’à sa mort »

il y a 2 heures 15
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Dans une interview réalisée en 2025 par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), l’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Elhadj Madifing Diané, témoin privilégié de l’histoire récente du pays, est revenu  sur les circonstances dans lesquelles le pouvoir a échappé à l’ancien président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, à la suite du décès du président Lansana Conté, en 2008.
D’entrée, il affirme que l’armée demeure le garant de la survie de l’État, avant d’évoquer en profondeur les événements qui se sont réellement déroulés au sommet de l’État, immédiatement après le rappel à Dieu du général Lansana Conté.
« Le Général Lansana Conté est mort le lundi 22 décembre 2008. Les jeunes qui ont pris ce pouvoir n’étaient pas prédestinés à ce faire. Nous, nous étions invités à participer avec le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré. Il est là, il peut vous confirmer ce que je dis. C’est le dernier Premier ministre de Lansana Conté et moi, le dernier ministre de la Sécurité. C’était mon Premier ministre, il était au Palais du peuple. Je les ai trouvés là-bas avec le président de la Cour suprême, Lamine Sidimé. Il vit aussi, il peut confirmer, et Aboubacar Somparé lui-même. Je suis le dernier arrivé. Les généraux étaient alignés, dont moi-même, suivi du général  MamadiubaToto Camara, chef d’état-major de l’armée de terre.  »Bon, voilà ce qu’on va faire. » Ça, ce sont les propos d’Aboubacar Somparé, paix à son âme.  »On va faire trois déclarations. L’armée va faire sa déclaration, le Premier ministre va faire sa déclaration et moi-même, président de l’Assemblée. » J’ai levé la main et les témoins sont là pour dire : Monsieur le Président, ce n’est pas nécessaire de faire trois déclarations autour d’un décès. En votre qualité de président de l’Assemblée, votre déclaration suffit en notre présence.  »Non, c’est ce que je veux », dit Aboubacar Somparé. »
Poursuivant, il précise : « Le Général Diarra Camara, chef d’état-major général des armées, était dans la salle. Ça a commencé par lui, Kandet Touré, ainsi de suite, et celui de la marine. Moi, j’étais à côté de celui-ci. Et le général Toto Camara fermait la bande des généraux. Le Diarra Camara dit :  »Elhadj Diané, rédige notre communiqué. Moi, je vais le lire. » Ce que le général Diarra a lu, c’est moi qui l’ai rédigé, paix à son âme. Mais, quand il (Aboubacar Somparé) a ordonné de faire ces communiqués, les témoins vivent, dont le plus majeur est le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré.
J’ai levé la main pour dire : Monsieur le Président, prêtez serment maintenant pour que nous puissions prendre les dispositions légales. Les dispositions légales pour protéger ce petit temps jusqu’à votre installation demain matin. Lamine Sidimé réplique :  »Non, la prestation de serment sera faite demain à la Cour suprême, à midi. » Ousmane dit « Américain », paix à son âme, crie au fond :  »N’tara, fait comme l’a dit Elhadj Diané, il faut prêter serment maintenant, demain c’est tard. » Il a été répliqué par Bachir Touré, ministre de la Justice. Il vit aussi, vous pouvez l’approcher. Bachir Touré, en enchaînant sur la déclaration de Ousmane, dit :  »Monsieur le Président, ce que Elhadj Diané a dit, on peut le faire.
À l’assassinat du président Kennedy à Dallas, le président Johnson a prêté serment dans l’avion qui le ramenait. Vous pouvez prêter serment ici pour que les dispositions légales soient prises afin de protéger cet instant. » En conclusion, il (Aboubacar Somparé) l’a regretté jusqu’à sa mort parce qu’en se rencontrant, il me l’a dit. Il (Aboubacar Somparé) dit :  »On va faire comme l’a demandé le président de la Cour suprême, demain à midi à la Cour suprême. » Le temps de prononcer ça, sur mon serment de musulman, j’ai voulu dire à Toto, immédiatement dans la salle : Petit frère, sors les chars, on va prendre les dispositions nécessaires. On n’a pas besoin d’instructions ici pour éviter la pagaille. On va couvrir la prestation de demain, mais on va prendre les points sensibles. Je l’ai vu, lui aussi, sortir. Sur le Saint Coran, je n’ai pas pu dire : Toto, reviens ! Je n’ai pas pu le dire, Dieu m’a fermé la bouche. Je suis allé à mon bureau, j’ai ramassé les papiers sensibles et je suis rentré chez moi. Et le matin, on a entendu que trois personnes seulement sont allées à la radio faire la déclaration de prise de pouvoir. Le CNDD s’est installé sur ça… »
Avec Mediaguinee.org
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