Salifou Camara (FSPE) : « le syndicalisme est devenu un espace d’intérêts personnels »

il y a 2 heures 12
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Le secrétaire général de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE), Salifou Camara, ne rate plus d’occasion pour dénoncer les maux qui rongent le mouvement syndical guinéen.

Ce samedi 21 février, lors d’une assemblée générale extraordinaire à Yimbaya, consacrée à la validation des coordinations régionales des bureaux des femmes et des jeunes des treize communes de Conakry, élargies à Coyah, Dubréka et Forécariah, il a fustigé le manque d’engagement des femmes et de la jeunesse, déplorant une perte de moralité au sein des structures.

Devant des enseignantes et enseignants mobilisés, Salifou Camara a pointé du doigt un déficit de syndicalisation chez les femmes, ce qui, selon lui, a plongé le mouvement dans une dérive éthique. C’est pourquoi il en a appelé au sursaut des femmes.

« La mission régalienne des femmes syndicalistes n’est plus ce qu’elle devrait être. En conséquence, le syndicat a perdu sa morale et le respect de ses propres textes », a-t-il regretté.

Pour le leader syndicale, le combat pour l’amélioration des conditions de vie des enseignants est trop souvent détourné à des fins personnelles.

« Aujourd’hui, personne ne veut quitter le syndicat parce que c’est un lieu où l’on profite sur le dos des travailleurs. Le combat se transforme en quête d’intérêts personnels ! », a-t-il dénoncé.

Ainsi, il a exhorté les femmes à s’inspirer de figures historiques comme Hadja Rabiatou Serah Diallo ou Hadja Magbé Bangoura, qui ont défendu la classe ouvrière au péril de leur vie.

« Hier, quand rien ne fonctionnait, c’étaient les femmes syndicalistes qui se levaient pour interpeller le président ou mener les négociations nocturnes afin d’éviter le chaos. Vous avez reculé, laissant la place aux hommes qui, trop souvent, ne courent qu’après leurs propres intérêts », a-t-il souligné.

Salifou Camara s’est également adressé aux jeunes enseignants, les invitant à devenir les gardiens de l’intégrité syndicale. S’il reconnaît que la jeunesse est parfois manipulable, il a rappelé l’époque où la base imposait sa loi aux dirigeants syndicaux.

« Le syndicaliste n’a pas d’état d’âme. Il a horreur de l’injustice et doit dire la vérité, quelle que soit la nature. Si un secrétaire général prenait une décision sans sa base, cela lui coûtait cher. On les prenait au collet pour obtenir des explications (…). Aujourd’hui, la jeunesse a démissionné, laissant place à un syndicat manipulé par l’ethnocentrisme et le profit. Le syndicaliste a pris une autre coloration. On assiste parfois à des actions qui font honte à la classe ouvrière. Tout cela parce que la jeunesse a démissionné », a-t-il rappelé.

Pour conclure, le secrétaire général a peint un tableau sombre de la réalité du terrain, rappelant aux responsables syndicaux leur véritable mission.

« Pendant que certains dorment, l’enseignant que vous défendez vit dans un village reculé, incapable de s’acheter une paire de chaussures, logé dans une case délabrée et coupé du monde. Il est là-bas comme un oublié », a-t-il souligné.

À l’issue de cette rencontre, les nouveaux bureaux des femmes et des jeunes ont pris l’engagement d’œuvrer pour le rayonnement de la FSPE et la défense rigoureuse des intérêts des travailleurs de l’éducation.

Alhassane Fofana

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