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Après avoir été escroqués et empêchés de participer au pèlerinage l’année dernière, les candidats recalés avaient repris espoir avec l’annonce de la présidence de la République, il y a neuf mois, de prendre en charge toutes les victimes de cette escroquerie.
Mais la joie de la plupart de ces candidats n’a été que de courte durée, bien qu’au mois de décembre dernier, le président de la République ait tenu parole.
Dans un entretien avec mosaiqueguinee.com, ce samedi 21 février 2026, Abdoulaye Makoya Camara, proche de deux des victimes d’escroquerie l’an dernier dénonce une exclusion.
Selon notre interlocuteur, ses proches font partie d’un groupe de 29 candidats qui avaient été interceptés à l’aéroport en 2025 alors qu’ils se rendaient au Ghana où ils devaient embarquer pour la Mecque à la demande du responsable de l’Agence de voyage à laquelle ils se sont inscrits.
Le jeune dit être surpris que ce groupe n’ait pas été pris en compte par le secrétaire général des affaires religieuses pour le pèlerinage de cette année alors que la décision du président de la République ne souffre d’aucune ambiguïté.
« Cela nous a soulagés et nous a redonné espoir. Nous avons rassuré nos parents en leur disant : vous n’êtes pas partis cette année, mais vous irez l’année prochaine, soyez donc patients. Donc, nous sommes restés dans ça. Et le communiqué était très clair, il disait que le président Mamadi Doumbouya prend en charge tous les cas de victimes d’arnaque, d’escroquerie liées au hadj 2025. Aucun cas de victime n’a été isolément pris, on dit tous les cas de victimes. Et quand on dit tout, ça veut dire qu’il n’y a pas d’exception. Donc, quand nous avons entendu récemment le secrétaire général des Affaires religieuses dire que la plupart des cas de victimes sont aujourd’hui traités et qu’il ne reste plus qu’un petit lot qu’ils sont en train de faire, nous avons décidé d’aller voir si nous avons été effectivement pris en compte. Nous avons pris toutes les pièces en notre possession en guise de preuves pour aller au Secrétariat général des Affaires religieuses. Mais à notre grand étonnement, nous avons été rejetés par les autorités religieuses sous prétexte que seules les victimes de la Présidence et de Fossidet sont concernées. Pourtant, le communiqué avait dit que le président prend en charge toutes les victimes d’arnaque qui n’avaient pas pu voyager l’année dernière. Nous avons toutes les preuves, notre dossier est même pendant devant le tribunal de Mafanco », a-t-il indiqué.
Désemparé, Abdoulaye Makoya Camara appelle le Chef de l’État à réparer cette injustice dont ses proches sont victimes de la part du secrétariat général des affaires religieuses. Surtout que le secrétaire général Elhadj Karamo Diawara annonce la fin des inscriptions et le traitement des dossiers de 1 548 pèlerins recalés en 2025.
« Nous voulons que le président de la République sache qu’il y a des gens qui sont victimes, qui ont toutes les pièces, que les autorités religieuses ne veulent pas accepter. Et ça, je pense que c’est de l’injustice. Nos parents n’ont rien fait pour mériter ça. Les gens qui nous ont arnaqués ont reconnu les faits à travers des documents qu’ils ont eux-mêmes signés. Nos parents sont tombés malades dans nos mains parce que nous sommes partis informer tout le quartier, tout le village qu’ils partaient pour le pèlerinage, nous avons fait des sacrifices pour leur voyage, et cela n’a pas eu lieu. Ils sont restés avec nous à Conakry ici pendant des mois sans aller au village. Comment vont-ils retourner là-bas ? Nous avons cette pression morale. Donc, nous demandons vraiment à la Présidence de nous dire au Secrétariat général des Affaires religieuses de prendre en compte ces 29 personnes qui ont été arnaquées par Algassimou Kourouma pour qu’elles puissent effectuer leur pèlerinage cette année », a lancé Abdoulaye Makoya Camara.
Dans ce dernier extrait de l’entretien, découvrez le stratagème utilisé par l’ »Agence de voyage » pour berner ces 29 candidats recalés.
« Tout a commencé fin 2024, lorsque j’ai contacté une personne nommée Hadja Maïmoua, qui est fonctionnaire au Secrétariat général des Affaires religieuses, qui se disait faisant partie de la commission de recrutement des pèlerins pour le hadj 2025. Elle nous a demandé de payer un montant un peu plus élevé que le tarif officiel fixé par l’État. À l’époque, c’est 54,8 millions qu’on devait payer pour le hadj, elle nous a demandé de chercher 65 millions. Vu que la famille n’avait pas le montant en totalité, nous sommes convenus de payer par tranche. Et avant le départ, nous avions déjà versé 58 millions et quelques. J’ai aussi un ami qui est à l’étranger, nous faisons presque tout ensemble. Quand il a appris que la famille envoie notre oncle à la Mecque, il a demandé à ce qu’il passe par le même canal pour envoyer sa maman.
Alors, ce dernier aussi a envoyé de l’argent, en euros, je suis allé avec lui pour effectuer le versement auprès de la dame. J’ai en possession tous les reçus qui attestent cela. Mais le moment arrivé, on nous dit finalement que nos parents doivent se rendre à Accra pour prendre leur visa là-bas. Cela nous a beaucoup intrigués. Parce que nous savons que quand on est pèlerin guinéen, ce n’est pas dans un autre pays qu’on va chercher son visa. Mais finalement, nous avons suivi leurs instructions. Nos parents, au nombre de 29 au total, sont partis à l’aéroport à 4 heures du matin. Et quand la police des frontières les a vus, les agents sont venus les interroger, ils ont expliqué qu’ils vont à Accra pour chercher leur visa afin d’effectuer le pèlerinage à La Mecque. Directement, la police a arrêté Algassimou Kourouma, le responsable de l’Agence de voyage et nos parents sont retournés à la maison », rappelle M. Camara, qui ajoute que « ce n’est qu’après l’ouverture du procès, que Algassimou Kourouma qui était détenu à la maison centrale de Conakry a bénéficié d’une libération sous condition ».
L’une des candidates étant décédée après avoir été informée de l’escroquerie dont ils ont été victimes, il devait rembourser le montant versé par les proches de cette dernière et régler les dossiers des autres pour cette année 2026. Ce qui n’a jamais été suivi d’effet.
« Il y a un parmi nous qui a dit que sa maman est décédée. Parce que la vieille n’a pas supporté le choc. Quand on lui a dit qu’elle n’irait pas à la Mecque cette année-là, la vieille n’a pas pu supporter cette douleur. Elle est tombée malade et a rendu l’âme. Donc, l’intéressé a dit qu’il veut récupérer son argent. C’est ainsi que le tribunal a décidé de le libérer sous contrôle judiciaire afin qu’il puisse rembourser l’argent de ce monsieur et qu’il commence les démarches pour que les autres soient sur la liste des pèlerins de cette année. Mais depuis qu’il a été libéré, le dossier est au point mort », précise notre interlocuteur.
Mosaiqueguinee.com
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