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Célébrée chaque 21 février, la journée internationale de la langue maternelle, instituée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a été marquée cette année par des prises de parole d’acteurs engagés dans la promotion des langues nationales à Kankan.
Placée sous le thème « Les voix de la jeunesse sur l’éducation multilingue », cette 26ᵉ édition n’a toutefois donné lieu à aucune célébration officielle dans la ville.
Intervenant à son domicile situé au quartier Bordo, Karamo Ismaël Nanfo Diaby, promoteur des langues maternelles, a insisté sur le rôle fondamental de celles-ci dans la construction du savoir et de l’identité culturelle.
« Nous sommes très heureux aujourd’hui, car nous avons l’occasion de rappeler à nos frères et sœurs que nous ne pouvons rien être sans notre langue maternelle. Il n’y a pas de véritable savoir sans la langue maternelle. Nous comprenons d’abord et avant tout dans notre propre langue. Sa promotion, c’est notre existence ; sa disparition serait notre disparition. »
Selon Nanfo Ismaël Diaby, la promotion des langues nationales représente une source de prospérité et un levier essentiel d’accès au savoir. Il estime que l’apprentissage exclusif dans des langues étrangères ralentit la compréhension et limite l’assimilation des connaissances.
« Nous demandons aux autorités guinéennes d’instaurer l’enseignement des langues maternelles dans les établissements scolaires. Les enfants doivent d’abord être instruits dans leurs langues maternelles ; l’apprentissage des autres langues en sera facilité. »
Le promoteur des langues nationales a également salué les efforts du président Mamadi Doumbouya pour l’officialisation des langues nationales dans la Constitution guinéenne, tout en appelant à aller plus loin :
« Nous souhaitons que nos langues maternelles soient véritablement placées au-dessus des langues étrangères dans notre pays. Dans la pratique quotidienne, ce sont nos langues qui servent de véritables langues de travail et d’échange au sein de la population. »
Pour sa part, Mamadi Sabakouda Camara, enseignant de l’alphabet N’Ko, souligne que les enfants comprennent plus rapidement lorsqu’ils apprennent dans leur langue maternelle.
Selon lui, dans une langue étrangère, l’enfant doit d’abord apprendre la langue elle-même avant de pouvoir étudier les sciences ou d’autres disciplines. En revanche, dans sa langue maternelle, il connaît déjà le sens des mots ; il ne lui reste qu’à apprendre à les écrire.
« Si nous voulons que notre pays se développe, nous devons nous engager personnellement et inscrire nos propres enfants dans l’apprentissage des langues maternelles. On ne peut pas convaincre les autres si nous ne montrons pas l’exemple. »
Il cite également l’exemple du N’Ko, qui a permis l’émergence de nombreux intellectuels et écrivains depuis sa création, preuve, selon lui, que le savoir peut pleinement s’acquérir dans nos langues.
De son côté, Bassabaty Sidibé, également enseignant de N’Ko, insiste sur l’impact pédagogique de l’enseignement en langue maternelle.
Il explique que si l’on montre à un enfant le dessin d’un arbre ou d’un animal et qu’on lui pose des questions dans sa langue, il peut immédiatement identifier et décrire ce qu’il voit. En revanche, dans une langue étrangère, plusieurs étapes préalables sont nécessaires avant d’atteindre le même niveau de compréhension.
« L’enseignement en langue maternelle ouvre l’esprit et facilite l’apprentissage des autres langues. Ce que l’on connaît déjà dans sa propre langue peut être facilement transféré dans une autre. »
Au-delà de l’aspect pédagogique, les intervenants estiment que le véritable défi réside dans un changement de mentalité. Selon eux, l’idée selon laquelle le savoir ne peut s’acquérir que dans une langue étrangère constitue un frein au développement éducatif en Afrique.
En cette Journée internationale de la langue maternelle, malgré l’absence de célébration officielle à Kankan, le message lancé par ces promoteurs est clair : la valorisation et l’intégration effective des langues maternelles dans le système éducatif guinéen sont perçues comme une condition essentielle du développement national.
Karifa Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09
L’article Journée internationale de la langue maternelle : « nous souhaitons que nos langues soient placées au-dessus des langues étrangères » (Nanfo Ismaël Diaby) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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