Soigner, informer, protéger… Le sacrifice des acteurs des métiers qui ne s’arrêtent jamais…

il y a 2 heures 14
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Pendant que des familles se retrouvent autour d’un repas, que les rires résonnent dans les concessions et que l’on s’échange des vœux de paix et de prospérité, d’autres vivent ces mêmes journées dans les hôpitaux, les rédactions, les commissariats ou sur les routes. Nous sommes jeudi 1er janvier 2026, jour de l’An. Une journée symbolique, censée être consacrée au repos, à la famille et au partage. Pourtant, comme certains jours fériés, une catégorie de personnes est appelée à travailler, parfois sans choix possible. Agents de santé, journalistes, policiers, chauffeurs… assurent la continuité des services essentiels pendant que d’autres célèbrent. Mais derrière l’engagement professionnel, se cachent souvent des sacrifices silencieux. Incompréhension des proches, frustration, sentiment de manque, absence lors de moments précieux avec la famille.

Dans ce reportage, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à ceux qui vivent cette réalité au quotidien. Travailler pendant que d’autres fêtent, avec tout ce que cela implique humainement.

Dr Malick Camara, médecin généraliste

Médecin généraliste, Dr Malick Camara connaît bien cette réalité. Pour lui, cette situation fait partie intégrante de la profession, même si elle n’est jamais facile à vivre, ni pour le soignant ni pour sa famille. « Quand même, avec la famille, ce n’est pas facile, parce que la famille s’attend à ce qu’on soit à leur côté les jours de fête, ils voient notre absence. Mais c’est indépendamment de notre volonté aussi, parce que le travail nous appelle. Si le travail nous appelle, comme vous l’avez dit, le service minimum est là. Et si ça tombe sur vous ce jour-là, vous serez obligés de rendre service. Ce que je peux dire à la famille, c’est juste de les réconforter et de me mettre à leur place et accepter leur douleur, mais je dirais que le travail, c’est le travail », a-t-il expliqué.

Au-delà de l’absence physique, le médecin évoque un sentiment plus profond, souvent mal compris par l’entourage. « Je sens un abandon de famille, entre guillemets, mais cela n’est pas le cas. Si le travail nous appelle, nous sommes obligés de laisser la famille et d’aller faire face au travail. Et après, la famille doit comprendre que c’est indépendamment de notre volonté de les quitter en ces jours de fête où ils ont besoin de nous, de la chaleur parentale. Les répliques sont souvent vues d’une façon négative parce que, comme vous l’avez dit, les gens vont penser autrement, soit en disant qu’on aime le travail par rapport à la famille, alors que cela n’est pas le cas », a confié le médecin.

Dr Malick Camara illustre ses propos par son propre vécu, révélateur des sacrifices consentis. « Par exemple hier, j’ai fêté le 31 décembre à l’hôpital. J’ai passé la nuit à l’hôpital. Aujourd’hui, je suis encore allé à l’hôpital. Donc, cela crée un vide dans la famille et ce vide-là n’est pas remplaçable, parce que le père a sa place, la maman a sa place. Donc, quand il y a ce grand vide-là, ce n’est pas facile pour la famille, pour les enfants, ainsi que pour votre femme. En gros, pour la famille, ce n’est quand même pas facile. Pour moi aussi, mais ce n’est pas aussi grave chez moi parce que moi, je suis intellectuel, j’essaie de mesurer les choses. Mais par contre, d’autres vont penser de façon négative : “oui, tu laisses ta famille, au profit du travail”, alors que sans le travail aussi, l’homme n’est rien », a-t-il ajouté.

Malgré tout, le médecin tente de trouver un équilibre, même fragile, entre obligations professionnelles et vie familiale. « Je les gère avec modération. C’est un peu stressant le jour où tu dois te reposer en famille et le travail t’appelle. C’est un peu blessant, mais c’est ça, il faut agir ainsi. Ce qui me manque vraiment, c’est l’amour familial. Quand je passe des fêtes en dehors de ma famille, c’est l’amour, c’est la chaleur qui me manque beaucoup. Il faut être avec la famille, vous blaguez, vous mangez, vous jouez. C’est une fête où tout le monde doit rester chez soi. Mais puisque c’est le travail, on est obligé. J’ai quand même un temps, généralement, c’est le dimanche. Le dimanche, je prends assez de temps avec ma famille. Il y a des promenades, il y a des visites, il y a des sorties avec la famille. Donc, il y a un temps pour rattraper le jour où j’étais absent. »

Cette même logique de sacrifice se retrouve dans le monde des médias. Alpha Oumar Diallo, journaliste reporter d’images à Afrikinfo Médias, responsable des reporters, insiste sur le rôle crucial de la presse, y compris et surtout, les jours fériés.

Alpha Oumar Diallo, journaliste reporter d’images

« Pour ce qui est du cadre du travail pour les jours fériés, s’il faut se le permettre, vous savez, l’information ne s’arrête pas. On est appelé à servir. Ce service, il s’agit d’informer la population. Donc, si nous fermons, par exemple, tous nos médias, on reste à la maison. Là, on mettra le pays dans le noir. Et il y a des personnes qui sont à la maison en ce 1er janvier, mais qui ont besoin de savoir ce qui se passe dans la ville. Si nous décidons par exemple, de ne pas travailler aujourd’hui ou de ne pas faire, ne serait-ce que le service minimum, je pense que là, nous manquons notre engagement envers la population, qui a droit à l’information », a déclaré le journaliste.

Pour lui, l’engagement journalistique se fait souvent au détriment de la vie familiale. « Comme on le dit souvent, le journaliste n’a pas de vie de famille. Cela ne veut pas dire que le journaliste n’est pas issu d’une famille, non. Mais le journaliste n’a pas de vie de famille. Qu’est-ce que je vais dire par là ? Le journaliste, il sort parfois à 7 h, 8 h de la maison, il ne rentre que tard. Il y a des journalistes qui sont mariés, il y en a d’autres qui sont célibataires, il y en a d’autres qui sont polygames, entre autres. Mais le journaliste passe plus de temps à travailler qu’à la maison, parce qu’il s’est fixé un objectif, informer. Quand on décide d’informer la population, je pense qu’à un moment donné, on met beaucoup de choses derrière pour s’accentuer sur l’objectif visé, qui est de rechercher, recouper, traiter et diffuser l’information ».

En outre, notre confrère affirme vivre cette réalité au quotidien. « Moi, en tant que journaliste, je suis sorti de la maison depuis 7h. Je suis en service, en train de travailler. C’est vrai, il y a la famille qui réclame des fois : “Ah, mais vous n’avez pas de temps pour nous.” Mais l’objectif, c’est d’informer la population. Donc, le petit moment que vous passez avec votre famille, si vous n’êtes pas au boulot, c’est de les entretenir, les surveiller et vraiment faire le maximum pour eux », a laissé entendre Alpha Oumar Diallo.

Ce reportage met en lumière une réalité souvent ignorée. Derrière chaque service assuré un jour férié, il y a une famille qui attend, des enfants qui espèrent, des moments qui ne se rattrapent pas toujours. Travailler pendant que d’autres fêtent n’est pas un choix de confort, mais un engagement parfois lourd à porter, mais essentiel au fonctionnement de la société.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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