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La question de la rémunération des artistes au titre des droits d’auteur refait surface en Guinee. Contacté ce mercredi par Mosaiqueguinee.com, le jeune artiste guinéen Junior Barry exprime son incompréhension et son mécontentement après avoir reçu un montant qu’il juge largement dérisoire.
« Vous savez, ce n’est pas facile. La situation dans laquelle j’ai reçu cet argent m’a fait vraiment mal. J’ai d’abord reçu un message du BGDA m’informant que je devais percevoir un montant au titre des grands droits. Une minute après, j’ai reçu 669 000 GNF. Au départ, je pensais qu’il s’agissait de 6 669 000 GNF. », a-t-il expliqué
Surpris par ce montant, l’artiste affirme avoir immédiatement tenté d’obtenir des explications auprès des responsables du bureau guinéen du droit d’auteur ( BGDA).
« Je me suis dit, Attends, peut-être qu’ils se sont trompés. J’ai donc cherché immédiatement à entrer en contact avec eux. J’ai appelé le responsable du département de répartition, Monsieur Condé Il m’a répondu : “Non, il n’y a pas d’erreur”. J’ai dit quand même, c’est Junior Barry. Vous ne pouvez pas payer les grands droits à 600 000 GNF, ce n’est pas possible, même avec cela, au vu de tout ce que je fais pour le pays, je ne mérite pas seulement 600 000 GNF. J’ai demandé plus de détails, des explications, des justificatifs : pourquoi 600 000 GNF ? Comment ce montant a-t-il été calculé ? Mais il m’a raccroché au nez », a pesté l’artiste.
Plus loin, il met un accent particulier sur les investissements faits dans sa carrière musicale et son rôle dans la promotion de la culture guinéenne.
« En tant qu’artiste, je fais beaucoup pour mon pays. Je fais partie de ceux qui font la promotion de la culture guinéenne un peu partout dans le monde. Mais aujourd’hui, le montant reçu ne reflète pas mon travail. Je finance des clips à hauteur de 40 à 50 millions GNF produire un son peut coûter au minimum 3 millions GNF, et certaines sessions peuvent aller jusqu’à 5 ou 10 millions. Quant aux clips, ils varient entre 20 et 50 millions GNF. », a indiqué le jeune artiste
L’artiste s’interroge également sur la gestion globale des fonds perçus par le département en ce qui concerne les droits d’auteur.
« On parle ici de grands droits. On évoque même un montant global de 13 milliards GNF, mais je ne comprends pas comment cela est réparti. j’ai besoin d’explications. »
Au-delà de son cas personnel, Junior Barry appelle à une réforme du système de répartition fondée sur des critères objectifs.
« Ce que j’attends d’eux, c’est d’abord qu’ils identifient réellement les artistes, est-ce que l’artiste travaille beaucoup ? Est-il actif ? Est-il au sommet ? On ne peut pas payer 600 000 GNF à un artiste qui investit plus de 300, 400 ou même 500 millions GNF par an dans sa carrière. Ma proposition est simple, il faut d’abord identifier clairement les bénéficiaires des droits et adapter la répartition en conséquence. » a-t-il précisé.
Tout en reconnaissant les efforts des autorités, il insiste sur la nécessité d’un système plus performant.
« Je reconnais que le nouveau directeur fait du bon travail, tout comme le ministre de la Culture. Mais chacun doit jouer son rôle. Nous, artistes, nous créons. Eux, ils doivent protéger nos droits et mettre en place des mécanismes efficaces. »
Enfin, Junior Barry souligne les conséquences de ce qu’il considère comme une défaillance du système actuel.
« Aujourd’hui, si beaucoup d’artistes sont sollicités partout et parfois perçus comme des mendiants, c’est justement parce qu’ils ne vivent pas de leurs droits. J’ai des amis au Sénégal, et je sais qu’ils arrivent à vivre de leur musique, mais cela ne se reflète pas dans mes revenus. »
Sam Bantignel
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il y a 2 heures
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