Que sont-ils devenus ?  Le parcours de Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura, ex-international et dirigeant du volley ball guinéen.

il y a 2 heures 14
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La rubrique ‘’Que sont-ils devenus’’, du site Guinéenews, dans ce présent numéro, a rencontré un ex-international du volley ball guinéen.

Il se nomme Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura, né le 17 janvier 1950, il est fils de feu Ousmane Kedy Samia, et de feue Hadja Kanké Bangoura. Marié à une femme, il est père de 3 enfants vivants.

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura, est titulaire d’un diplôme d’études supérieures de l’institut Gamal Abdel Nasser, de la faculté Electrotechnique courant fort.

Sportif, administrateur, découvrez, cette autre légende du sport, et particulièrement du volley ball guinéen.

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Guinéenews : Polyvalent sportif, pouvez-vous nous dire comment vous êtes venu spécialement dans le volley ball, d’où vous aviez le mieux excellé ? 

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : C’est une belle question. Je suis venu au volley ball par hasard. J’étais à l’université, et un jour, l’équipe universitaire avait besoin d’un volleyeur, pour compléter l’équipe à 6. Tous les 5 volleyeurs, étaient membres de l’équipe nationale de volley ball. Ils avaient besoin simplement, d’un complément d’effectif. De recherche en recherche, le choix fut tombé sur moi, et puisque j’avais légèrement pratiqué ce sport au lycée à Kindia. C’est ainsi, que l’illustre capitaine de l’équipe universitaire, et de la sélection nationale Sy Madiou, m’a contacté en ces termes : « … Ecoute nous avons besoin, que tu viennes nous compléter. Nous ne cherchons pas que tu viennes faire grand-chose, l’essentiel est que tu sois avec nous dans le terrain, et le reste on s’en occupera… ». Je suis donc venu compléter l’équipe, qui était celle type de la sélection nationale, et qui s’entrainait au stade du 28 septembre. J’ai rejoint le groupe, pour la préparation des futures rencontres, que l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, devait livrer avec d’autres équipes. J’ai commencé à évoluer avec le groupe, ma performance a commencé à être mise en évidence, mon niveau s’améliorait, et rapidement, j’ai été d’office sélectionné dans l’équipe nationale de volley ball.

Guinéenews : Relatez-nous votre parcours sportif, et singulièrement celui concernant le volley ball guinéen ? 

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : Avant et parallèlement au volley ball, j’ai pratiqué le football et le basket ball. J’ai été membre de l’équipe de football du quartier Babady Hadiri à Almamya, en compagnie de feu Papa Camara du Hafia 77, Amadou Camara (ancien ministre), feu Thomas Camara, M. Conté, feu Abraham Bangoura. J’ai aussi évolué avec le club Tout puissant Anglebert de Kaloum, où, feu Papa Camara, était notre capitaine. On évoluait sur le terrain dénommé la ‘’PISTE’’, derrière ‘’Nafaya’’.

C’est en 1972, que je suis devenu joueur de football, de volley ball de l’UGANC (Université Gamal Abdel Nasser de Conakry).

Au sein de l’équipe nationale de volley ball, nous avions eu très peu de compétitions. La compétition qui a suivi mon recrutement au sein de la sélection nationale, fut la coupe du monde, qui avait eu lieu à Sofia en Bulgarie, où l’équipe nationale sur 8 rencontres, n’a eu qu’une seule victoire contre la Tunisie, qui était la meilleure équipe africaine d’alors. Quelques mois après notre retour, l’équipe a participé aux éliminatoires de la zone 2 en Mauritanie. Malheureusement, nous avions perdu face à l’équipe du Sénégal. Cette défaite était due aux conditions météorologiques. En Mauritanie, nous avions préparé la compétition, c’est-à-dire les entrainements, se passaient dans une salle fermée. Le match contre le Sénégal, s’était déroulé en plein air, et imaginez le vent, la poussière, et quoi d’autres facteurs, qui s‘étaient mêlés, pendant que nous n’étions pas préparés à ces conditions. Cette défaite (1972), m’a fait mal, et le Sénégal avait continué, à nous dominer pendant toutes les rencontres. Il a fallu 5 ans après, en 1977, pour que nous prenions notre revanche sur le Sénégal. C’était la seule équipe, qui nous tenait tête, au niveau de la zone 2, composées des équipes de la Gambie, de la Guinée Bissau, la Mauritanie, du Mali et de la Guinée.

En 1977, nous avions difficilement gagné cette équipe sénégalaise, sur le score de 3 sets à 2, après avoir remonté les 2 premiers sets, et remporter la belle, sous la houlette de l’entraineur feu Soriba Camara (paix à son âme). Cette victoire, fut celle qualificative, pour participer aux 3èmes jeux africains d’Alger. Nous avions également dans le parcours, participé aux premiers jeux ouest africains, qui se sont tenus, au Nigéria en 1979.

Après tous ces périples, nous n’avions pas pu gagner le Sénégal, et pourtant, l’on venait au bout des autres sélections africaines de la zone 2. Pratiquement, n’eut été les compétences, et qualités des joueurs de l’équipe, ce niveau de prouesses allait être difficilement atteint. Il est à remarquer, pratiquement que notre équipe était là, sans entraineur, sans encadrement, et les préparatifs n’étaient pas intenses, comparativement à l’équipe du Sénégal, qui réunissait, tous ces avantages. Après le décès de l’entraineur Soriba Camara, la sélection nationale est restée dans un état léthargique.

Ce qu’il faut noter aussi, dans le cadre du parcours, qu’après la victoire du Hafia football club en 1977, et d’après le discours du président feu Ahmed Sékou Touré, appelant aux jeunesses guinéenne, ivoirienne et sénégalaise de rétablir le pont de l’amitié, la sélection nationale de volley ball était là. Nous avions été la première sélection, à se rendre en Côte d’Ivoire, pour rétablir, ce pont de l’amitié. L’équipe de volley ball, a voyagé dans le même avion, que le président feu Ahmed Sékou Toure, qui devait se rendre au Benin. Un évènement inoubliable, et exceptionnel, est que dans l’avion, le président s’est déplacé pendant le vol, pour venir nous serrer les mains. Pour marquer la réconciliation, nous avions disputé des matchs avec la sélection nationale ivoirienne, et quelques clubs de la place. Un autre fait à noter dans ce parcours, c’est qu’au retour de cette visite en Côte d’Ivoire, compte tenu que le président feu Houphouët Boigny, n’était pas sur place, c’est son avion présidentiel, le Fokker, qui a été mis à la disposition de l’équipe, pour revenir à Conakry. C’est aussi un parcours inoubliable.

Concernant ce volley ball, nous n’avions pas eu assez de compétitions, et on ne participait qu’aux éliminatoires des jeux africains, où le Sénégal avait la primeur, et nous dominait. Depuis que j’ai appartenu à cette sélection nationale, je n’ai pas bénéficié de stages de formation, et moins un entraineur qualifié, pour encadrer nos prestations. Mon parcours finalement a été couronné, vu toutes mes prestations dans le volley ball guinéen, par une médaille d’honneur du mérite sportif guinéen, et c’est cette médaille que vous voyez, épinglée sur ma chemise. C’est vraiment mon parcours dans le volley ball guinéen.

Guinéenews : Si on revenait sur votre parcours administratif ?

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : Je suis Ingénieur électrotechnicien courant fort, et j’ai été d’office après mes etudes universitaires, affecté à la SNE (Société Nationale d’Electricité), qui aujourd’hui est devenue EDG (Electricité De Guinée), en passant par plusieurs autres dénominations (ENELGUI, SOGEL…). J’ai en tout premier lieu, intégrer cette société. Le fait d’être le plus souvent occupé à participer sur le plan sportif à des compétitions, liées à plusieurs déplacements, ce qui a plus ou moins freiné mon évolution sur le plan professionnel. Compétent reconnaissait tout le monde, mais du fait que je n’étais pas toujours en place, a pleinement jouer sur moi. Et qu’à cela ne tienne, j’ai été Directeur du projet d’électrification de Forécariah-Dubréka, et plus tard chef de district de Forécariah. Après j’ai été nommé gérant de province, j’avais finalement la responsabilité de la gestion de Fria, Dubréka, de Forécariah et de Coyah, avec siège à Manéah. En 1990, j’ai été sélectionné, et nommé comme chef de département exploitation régionale, qui coiffait tous les 24 centres de l’intérieur du pays, et sur le plan commercial, technique, et gestion des ressources humaines. Du poste de chef de département, j’ai été élevé au rang de Directeur adjoint sous l’autorité d’un canadien. Je fus aussi nommé directeur des ressources humaines de EDG (Electricité de Guinée), ensuite directeur commercial, puis par décret, j’ai été nommé directeur général adjoint chargé de l’exploitation de EDG. Je fus par la suite nommé conseiller chargé des questions de l’énergie au département de l’Energie, fonction que j’ai assumé pendant 7 ans, avant de prendre ma retraite. Voilà en bref mon parcours administratif.

Guinéenews : Revenons au volley ball, la pire des rencontres d’après vous, fut celle qui vous a opposée au Sénégal en Mauritanie. Dites-nous, la meilleure qui vous a attentionnée durant le parcours ? 

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : Effectivement, le pire a été ce match contre le Sénégal en Mauritanie. La meilleure rencontre, reste encore, la victoire contre cette même équipe du Sénégal en 1977 à Bamako. Ce match fut une bataille d’honneur, une volonté accrue de gagner. Les 2 premiers sets remportés par l’équipe adverse, la volonté de vaincre nous a permis de remonter le score, et de gagner la belle, c’est-à-dire le cinquième set. Ce fut la victoire la plus importante pour moi, c’était une revanche de la défaite enregistrée en Mauritanie, au retour de notre participation à la coupe du monde de Sofia en Bulgarie.

Guinéenews : Vous affirmez quelque part, que le volley ball guinéen, n’est plus que l’ombre de lui-même. Pouvez-vous nous donner des explications à ce sujet ?

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : C’est aussi simple à comprendre. Quand le volley ball guinéen est parti à la coupe du monde, ce sport était véritablement sur le toit du volley ball africain. Depuis cette avancée, l’équipe n’a pas réalisé d’autres performances. Elle n’a pas pu participer aux phases finales du championnat africain de volley ball. Cette équipe a été toujours éliminée dans la zone 2 par le Sénégal. L’équipe n’a pas du tout progressée, et sa compétitivité ne s’est pas du tout améliorée. Les raisons principales, c’est que le volley ball guinéen, n’était pas pris de manière forte, par la fédération guinéenne de volley ball. Je suis un produit du sport universitaire, et à l’époque, il y avait des compétitions scolaire et universitaire de volley ball. Donc le volley ball était pratiqué, les talents étaient dénichés, l’équipe était renforcée, et le niveau se relevait de temps à autres. Seulement qu’il n’y avait pas d’entraineur pour davantage, faire converger les qualités des uns et des autres, pour pouvoir mettre en place des tactiques, afin de gagner des compétitions et hisser le niveau du volley ball. Il y a également le fait, qu’il n’y avait pas de championnat, ni de coupe. Ce qui en tenait lieu, qu’on ne peut pas considérer, comme championnat-coupe, c’est-à-dire ces compétitions se déroulaient en 10 jours, et après rien d’autres ne suivait pour asseoir sur socle ce volley ball. Toutes ces raisons permettent aujourd’hui d’affirmer, que ce volley ball est l’ombre de lui-même, sans compter qu’il n’ ya même pas d’infrastructures. Le volley ball est tombé, petit à petit dans une certaine déchéance. Une équipe, qui faisait partie des meilleures du continent, se retrouve aujourd’hui, à ce niveau aussi bas, et que même la fédération, n’a jamais voulue abriter les phases éliminatoires de la zone 2, que chaque pays pouvait prendre au choix. Ce sont tous des raisons, qui ont mis, par terre ce volley ball guinéen. La faute de la fédération, est entière dans la chute du niveau du volley ball en Guinée. Il n’y a pas eu d’entraineur de haut niveau, pour encadrer l’équipe, pas de stages de formations, pas de compétitions au plan local. Si cette base-là disparait, se refroidit, il n’ ya plus de support, les talents viennent par moment, et ce n’est pas souvent les meilleurs ressources, qu’on aurait pu prendre, si il y avait une organisation solide mise en place. Disons aussi, que le département à sa part de responsabilité. Vous ne pouvez pas voir une discipline, qui en 1971, avait participé à une compétition sur le plan mondial, et qui après plus de 20 ans, vous voyez que le niveau ne s’améliore pas, et c’est toujours les mêmes responsables que vous maintenez. Il faut exiger des niveaux de performances, des résultats, au rang des fédérations, et que cela ne soit pas simplement, un problème d’élection, de reconduction, d’une équipe, qui porte préjudice au pays.

Guinéenews : En tant qu’ex-international du volley ball guinéen, quelles sont actuellement vos relations avec les dirigeants de ce sport guinéen ?

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : J’ai appartenu à un certain à la fédération guinéenne de volley ball. J’ai été 1er vice-président de la fédération par le fait du hasard aussi. Le président m’a approché, pour me faire savoir, qu’il est prêt à céder la place puisqu’il est longtemps resté à la tête de cette fédération, et qu’il est prêt à confier ce volley ball guinéen, ou ce ‘’bébé ’’, comme il l’a dit, a celui qui peut assurer la continuité. 1 an et demi après mon arrivée, il y a eu les élections, et le président qui avait promis de se retirer, s’est porté encore candidat aux élections. Cette candidature à créer des frictions, des tensions, et finalement des divisions entre les membres de la fédération. Ce qui a conduit à une situation catastrophique.

Guinéenews : Effectivement un moment,  ce sport a été victime de guéguerre. Quel est votre point de vue à propos ?

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : C’est bien vrai, ces guéguerres ont surgit à partir de là. Et si le président, ne veut pas quitter de lui-même, il est donc décider de le faire quitter sur la base d’élections. Par rapport à cette question, il y a eu des soutiens, qui ont empêché de créer un changement, alors que le volley ball, était en train d’agoniser. C’est pour moi l’occasion, de rendre hommage, à l’ex-ministre des sports Aboubacar Titi Camara, qui avait promis d’apporter un changement au niveau de ce sport. Malheureusement, peu de temps après son retour des jeux olympiques des Etats-Unis, il a été remplacé. Il faut signaler, que même l’ex-ministre Bantama Sow, était dans cette dynamique. Il avait ordonné d’aller faire les élections, et d’envoyer même, 2 superviseurs, pour suivre le bon aboutissement de l’élection. Pendant que nous étions dans la salle, l’ordre a été donné, de ne pas faire les élections, puisque le président de la République d’alors, était passé par le premier ministre, pour mettre une pression sur Bantama Sow, afin d’empêcher la tenue des élections, pour encore maintenir le président de la fédération à son poste. Effectivement, il y a eu cette guéguerre, et cela a été un cauchemar pour moi, parce que, je me suis retrouvé plongé dans une situation, à laquelle je ne m’attendais pas. J’avais cru pouvoir résoudre ce problème. Au final, j’ai estimé quand bien même, il y a eu changement à la tête de la fédération, que mes relations, ne pouvaient pas être les meilleures, après toute cette bataille, qui s’est déroulée. Et pour ne pas, que j’en subisse des revers, j’ai préféré m’éloigner complètement de la fédération, et du volley ball guinéen. Dans tous les cas, je pense avoir servi durant tout ce temps le volley ball guinéen, et j’e suis fier, et ce mérite m’a été accordé à travers cette médaille d’honneur du mérite sportif, avec 2 autres volleyeuses, en l’occurrence feue Batouly Conté, qui fut une très grande volleyeuse, et Hadja Lucia Camara. Loin aujourd’hui de ce volley ball guinéen, rassurez-vous, que j’ai encore le cœur, et le souci pour le développement de ce sport.

Guinéenews : Aviez-vous un cri de cœur aujourd’hui à exprimer ?

Soriba ‘’Surcouf’’ Bangoura : Oui j’ai un cri de cœur, c’est justement celui de dire, que le volley ball guinéen doit avoir un plan Marshall. La fédération actuelle, si elle n’a pas les moyens nécessaires, il n’y aura pas d’avancée. C’est un volley ball guinéen, qui n’a pratiquement pas plusieurs entraineurs, ni d’arbitres de qualités internationales, pas d’encadreurs. C’est une équipe, qui doit pouvoir bénéficier des stages de formations, des infrastructures, permettant la pratique du volley ball, tant à l’intérieur du pays, que surtout dans les établissements scolaires. Il y a également, un besoin énorme de matériels de sports, qu’il faille acquérir (les filets, les ballons, les antennes). Il faut que l’Etat s’implique, pour donner une nouvelle dimension au volley ball guinéen, encourager la pratique. Il faut épauler cette fédération, quelle que soit leur volonté ou ambition de bien faire, elle sera limitée. Il faut pouvoir organiser un championnat scolaire et universitaire digne de ce nom. Organiser un championnat coupe, qui s’étale sur plusieurs mois de l’année, et non pas un regroupement de toutes les équipes, pour une courte durée en un point, en associant ces 2 compétitions. Il est nécessaire de penser à la pratique du volley ball à l’intérieur du pays. Les gens jouent par dilettantisme, il est temps d’affecter des encadreurs à tous les niveaux. En conclusion, la fédération doit être soutenue.

Entretien réalisé par LY Abdoul pour Guinéenews 

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