Projet Simandou : « si on parle de la clé de répartition de ce qui est réalisé, le secteur privé n’a pas 4 % » (Alexandre Camara)

il y a 2 heures 14
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Dans la mise en œuvre du mégaprojet minier Simandou, le secteur privé occupe une place importante, entend-on depuis plusieurs mois.

Cette version est mise en avant, alors que sur le terrain la réalité est tout autre.

C’est en tout cas, ce qu’a fait savoir, ce vendredi 24 avril 2026, Alexandre Camara, vice-président de la CGE-GUI, lors du panel ministériel organisé dans le cadre de la 4ème édition du Forum économique d’Émergence magazine.

« Aujourd’hui, le secteur privé guinéen est malheureusement de petite poussée, qui ne pourra s’exprimer, qui ne pourra avoir les bénéfices qui lui sont dus, que lorsque certains préalables seront réglés. Ces préalables sont : le GDF, Guinea Business Forum, qui est une plateforme qui devrait permettre au secteur privé et à l’État guinéen de discuter régulièrement des problèmes qui assaillent le secteur privé ou qui assaillent l’État guinéen, n’est toujours pas opérationnel. Nous avons là une première problématique. La seconde problématique, il y a une loi sur la politique du contenu local qui a été votée et ratifiée depuis 2022, il y a 4 ans. Pour que cette loi soit effectivement appliquée, il faut que l’autorité de régulation de ce contenu local soit fonctionnelle. Elle a fait elle également, l’objet d’une loi, mais à date, 2 ans après, elle n’est toujours pas meublée. Tant que le cadre légal, le cadre juridique, le cadre de régulation et de contrôle ne sera pas fonctionnel, il sera difficile de parler d’effectivité de la politique sur le contenu local. Ce sont des préalables très importants pour lesquels nous faisons un plaidoyer, une fois de plus, auprès de Mme la ministre des Finances et du Budget qui représente le gouvernement, auprès de ceux qui nous écoutent, qui sont d’autres autorités de ce gouvernement, afin que ces lois, ces outils soient fonctionnels. Il y a un troisième outil, pas des moindres, qui est le code des investissements. Depuis 3 ans, ce code des investissements est en révision. Tant que ce code des investissements n’est pas effectif aussi, les avantages dus aux entreprises guinéennes seront confondus et mélangés aux avantages dont les entreprises étrangères profitent. Il me semble important que nous, Guinéens, devons avoir le courage de comprendre qu’être privilégié en Guinée sur d’autres entreprises est normal, c’est un droit. Le nationalisme est normal, c’est un droit, ce n’est pas un avantage, ce n’est pas une faveur. Tant que nous acceptons cette disparité, nous serons les seuls responsables de notre futur. Aujourd’hui, si l’on parle de la clé de répartition de ce qui a été réalisé sur le projet Simandou, je parle de ce qui a été réalisé, le secteur privé n’a pas 4 % », a-t-il indiqué.

En réponse, Mamoudou Nagnalen a affirmé qu’en termes de contenu local, « toutes les entreprises qui ont postulé aux appels d’offres internationaux ont eu quelque chose ».

« Elles ont eu parfois deux fois plus que ce qu’elles ont l’habitude d’avoir », a-t-il déclaré.

MohamedNana BANGOURA

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