Mouvance présidentielle : comment l’offensive de Bah Oury profite malgré lui à l’UFDG

il y a 3 heures 14
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La récente déclaration du Premier ministre Bah Oury, appelant les partis et mouvements ayant soutenu le président Mamadi Doumbouya à dissoudre leurs structures pour rejoindre la plateforme Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), ne se limite pas à un simple appel à l’unité politique. Elle redessine, paradoxalement, le paysage de l’opposition guinéenne, offrant à l’UFDG de Cellou Dalein Diallo un répit inattendu.

Présentée par ses partisans comme un moyen de rationaliser l’espace politique favorable à la transition, cette initiative vise surtout à mettre fin à la prolifération anarchique de mouvements souvent dépourvus de statut juridique clair, parmi lesquels le CERAG et le Mouvement des réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG). Ces entités, issues de cadres suspendus du parti, ont longtemps fragilisé l’UFDG, exacerbant divisions internes et contentieux administratifs.

Après sa démission et la dissolution de son gouvernement, Bah Oury a été reconduit à la Primature avec une mission claire : structurer et consolider la mouvance présidentielle. Selon la Présidence, la GMD doit fédérer tous les soutiens du chef de l’État en vue des prochaines élections législatives.

Dans cette logique, le Premier ministre adopte une posture ferme : tous les partis et mouvements alliés doivent abandonner leurs structures pour adhérer individuellement à la GMD. « À ce rythme, la prolifération des structures deviendrait une catastrophe. Tous ceux qui ont soutenu Mamadi Doumbouya doivent rejoindre le parti que nous construisons ensemble », a-t-il déclaré.

Une manœuvre qui profite à l’opposition

Appliquée aux mouvements issus de l’UFDG, cette ligne de force devient paradoxalement un soulagement pour le parti de Cellou Dalein Diallo. La dissolution forcée du CERAG et du MR-UFDG neutraliserait deux épines majeures qui ont longtemps compliqué la direction nationale, tant sur le plan politique que juridique. En d’autres termes, la stratégie du Premier ministre fait ce que la direction de l’UFDG n’a jamais réussi à faire : recentraliser et stabiliser le parti de l’intérieur.

Le MR-UFDG avait déjà contribué à bloquer le congrès du parti, en déposant une plainte auprès du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD). La suspension du congrès et les exigences de mise en conformité avec les statuts, la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo, et l’ouverture d’un dialogue inclusif avaient exacerbé les tensions internes. Avec la recomposition imposée par Bah Oury, ces divisions risquent de disparaître, permettant à l’UFDG de se recentrer sur sa restructuration.

Une recomposition politique en pleine accélération

Si l’UFDG n’a pas obtenu gain de cause devant la Cour suprême, la dynamique actuelle autour de la GMD pourrait paradoxalement lui redonner de l’air. En contraignant les Réformateurs et le CERAG à se fondre dans la mouvance présidentielle, Bah Oury crée un nouveau cadre unifié, réduisant le champ d’action des dissidences et rééquilibrant le jeu politique national.

Dans ce contexte, le bénéfice pour l’UFDG est clair : la disparition de sources majeures de tension interne et la possibilité de se recentrer sur sa stratégie pour les prochaines échéances électorales. L’offensive de Bah Oury, pensée pour renforcer le pouvoir, pourrait donc avoir un effet boomerang favorable à l’opposition, dans un paysage politique guinéen en pleine recomposition.

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