Route Labé–Mali : face aux difficultés, le président de la délégation spéciale de Tountouroun fait le point

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Traversée de bout en bout par le chantier de la route nationale Labé–Mali, la commune rurale de Tountouroun, située à 17 km du chef-lieu de la préfecture de Labé, vit une période charnière. Si le projet de bitumage suscite un immense espoir, il s’accompagne aussi de réalités difficiles : poussière persistante, préoccupations sanitaires, recensement des concessions impactées et attentes liées aux indemnisations. Dans cet entretien accordé à Guineematin.com, Tala Oury Sow, président de la délégation spéciale de Tountouroun depuis le 21 avril 2024, fait le point sur l’accueil du projet, les interpellations adressées aux entreprises et les perspectives de développement de la commune.

Ci-dessous, l’intégralité de l’entretien

Guineematin.com : comment la commune rurale de Tountouroun a-t-elle accueilli le bitumage de la route nationale Labé–Mali qui traverse principalement votre collectivité ?

Tala Oury Sow, président de la délégation spéciale de Tountouroun

Tala Oury Sow : à l’instar des populations des préfectures de Labé et de Mali, celles de Tountouroun ont accueilli avec une immense joie l’arrivée de ce programme de bitumage. Il faut rappeler que cette route traverse entièrement notre commune rurale. Aujourd’hui, les citoyens se réjouissent énormément et nourrissent un grand espoir : celui de voir cette route réalisée et praticable le plus tôt possible.

Quel est, selon vous, l’impact de ce projet sur la santé des populations, avec les nuages de poussière constatés actuellement ?

Comme vous l’avez dit, nous savons tous que la poussière dérange la santé. Cela dit, ce n’est pas une première. Avant l’arrivée de ce chantier, il y avait déjà de la poussière. Sur toutes les routes non bitumées, en saison sèche, c’est la poussière, et en saison pluvieuse, c’est la boue. Naturellement, les populations ne vivent pas cette situation avec satisfaction. Heureusement, nous estimons que cette période est passagère, car le bitumage est justement censé faire disparaître définitivement la poussière. En attendant, les citoyens s’adaptent et essaient de vivre dans les conditions possibles, malgré les difficultés.

En tant qu’autorité locale, avez-vous saisi la société chargée des travaux pour prévenir les maladies pulmonaires liées à la poussière ?

 C’est une demande quotidienne. Nous avons déjà interpellé les sociétés qui interviennent à Tountouroun, notamment la société chinoise CRBC et GUICOPRESS, qui exploite une mine de dolérite dans la commune. Nous leur avons demandé de procéder à l’arrosage quotidien des différentes pistes. Malheureusement, cela ne se fait pas de manière régulière. Parfois, les sociétés accèdent à la demande, mais d’autres fois, plusieurs jours passent sans intervention.

Nous sommes en pleine saison sèche. Même lorsque l’arrosage est fait le matin, avec le flux de la circulation, la poussière revient souvent à mi-journée ou en soirée.

Pourtant, l’arrosage de la base vie de la société chinoise se fait de façon permanente. Pourquoi pas ailleurs ?

 J’estime que c’est une question technique. Là où ils travaillent, ils arrosent pour pouvoir mener leurs activités et protéger leur base. En revanche, dans les zones où ils ne travaillent pas directement, l’arrosage se fait de façon ponctuelle.

Quelles sont les mesures prises par CRBC concernant l’indemnisation des citoyens dont les maisons sont touchées ?

 Nous ne connaissons pas le cahier des charges dans tous ses détails. Toutefois, nous avons pris des dispositions en inscrivant clairement, dans le document de mise à disposition, le respect du contenu local et la prise en charge de tous les dégâts causés par les entreprises.

Un recensement des bâtiments et des arbres fruitiers situés sur les emprises de la route a été effectué par l’AGEROUTE. Un programme de dédommagement a été mis en place, avec deux phases de recensement. Les personnes concernées ont été identifiées, les montants annoncés et il leur a été demandé d’ouvrir des comptes bancaires individuels. Les montants des indemnisations sont donc connus. Cependant, il existe un cas particulier, celui de la base vie à Gambie et Kama, où 22,5 hectares de terres cultivables ont été occupés. Ce dossier n’a pas encore suivi le même processus, bien qu’il soit au niveau de l’AGEROUTE.

La mosquée de Tountouroun, qui abrite un mausolée proche de la route, est-elle menacée ?

Lors du premier recensement, il avait été prévu que l’emprise de 40 mètres touche la cour de la mosquée, le mausolée et plusieurs bâtiments. Tout cela a été pris en compte dans le programme de dédommagement. Aujourd’hui, je ne peux pas affirmer si la cour sera effectivement touchée ou non. En principe, les lieux de culte doivent être respectés. Nous porterons donc ces doléances afin que la grande mosquée centrale de Tountouroun soit protégée. Toutefois, si les services compétents estiment que les exigences du projet relèvent de l’intérêt public, je laisserai cette appréciation à leur niveau.

Parlez-nous de votre collaboration avec les citoyens résidents et ressortissants de Tountouroun

 La collaboration est extrêmement bonne. Les ressortissants, notamment ceux de Conakry et de Labé, sont bien organisés à travers l’ADT (Association pour le Développement de Tountouroun).

Nous échangeons régulièrement dans un esprit de consultation et de concertation. Nous travaillons aussi avec d’autres structures comme le Pottal Tountouroun International.

Avec les résidents, la collaboration est également satisfaisante. Bien sûr, il peut y avoir des difficultés, mais rien qui n’entrave sérieusement notre travail.

Quelles sont les perspectives de développement pour la commune ?

 Nous travaillons sur la base d’un plan de développement communal, décliné en plan quinquennal et en Plan Annuel d’Investissement (PAI). Les financements proviennent du gouvernement, des ONG, de l’ANAFIC, du PANAFIC, de l’ADT et de nos recettes propres.

Les priorités concernent les écoles, les postes de santé, l’environnement et les infrastructures hydrauliques, notamment les forages.

Votre mot de la fin ?

Je remercie tous les ressortissants et résidents de Tountouroun pour leur collaboration. Les portes de la délégation spéciale restent ouvertes à toutes les bonnes volontés.

Je remercie également le gouvernement guinéen pour son accompagnement constant. Récemment, des plateformes multifonctionnelles ont été mises à disposition des femmes à Gambie et à Tountouroun. Enfin, un projet de réalisation de quatre forages est prévu à Balaya, Tounny, Horé Dimma et Touri, où les besoins en eau sont pressants.

Propos recueillis à Tountouroun par Amadou Baïlo Batouala pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 628 51 67 96

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