« Comment allons-nous survivre ? » : à ENTAG, le déguerpissement plonge des commerçantes dans l’angoisse

il y a 2 heures 20
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L’opération de déguerpissement engagée par les autorités se poursuit le long des grandes artères de Conakry. Le marché d’ENTAG, dans la commune de Tombolia, a été touché par une opération de libération des emprises routières occupées par des étals et des constructions jugées anarchiques. Sur place, l’intervention suscite des réactions contrastées entre discours administratif et détresse sociale des commerçantes, a constaté sur place Guineematin.com à travers ses reporters

Présent sur les lieux, le président de la délégation spéciale de Tombolia, Dr Moundjour Chérif, a tenu à préciser que l’opération s’inscrit dans une démarche globale de réorganisation urbaine. Selon lui, il ne s’agit nullement d’une action ciblée contre des individus, mais d’une volonté de rendre la ville plus propre et plus accessible.

Dr Moundjour Chérif, président de la délégation spéciale de Tombolia

« Le déguerpissement vise à dégager les emprises de la route, les étals et les constructions anarchiques qui font ombrage à la commune, à la clarté et à la bonne toilette de la ville. Cette action n’est dirigée contre personne », a-t-il déclaré.

À ENTAG, la situation était devenue préoccupante, selon les autorités locales. La route transversale reliant plusieurs quartiers s’était transformée en un véritable marché à ciel ouvert, entravant la circulation. « Nous sommes aujourd’hui à Enta où la transversale est complètement occupée par les activités commerciales », a expliqué Dr Moundjour Chérif, affirmant avoir rassuré les femmes concernées sur les intentions de l’État.

La question du recasement demeure toutefois centrale. Le président de la délégation spéciale assure que des solutions existent à l’intérieur du marché. « Il est impératif de trouver des espaces pour réinstaller les femmes. Elles ne doivent plus vendre sur la route. D’ailleurs, il y a des magasins fermés et inoccupés à l’intérieur du marché », a-t-il indiqué.

Mais du côté des commerçantes, le déguerpissement est vécu comme un choc brutal. Mamy Bangoura, vendeuse au marché d’Enta, évoque une situation de grande précarité.

Mamy Bangoura, vendeuse au marché d’Enta

« Ce qui nous arrive aujourd’hui, c’est le destin. Ce que le président fait n’est pas mauvais, mais ce sont toujours les plus démunies qui souffrent », confie-t-elle, la voix chargée d’émotion.

Veuve et mère de famille, elle insiste sur l’urgence d’un accompagnement social. « Nous demandons seulement qu’on ait pitié de nous et qu’on nous donne des places pour travailler. Nous prenons seules en charge nos enfants. Le loyer, la scolarité, tout repose sur nous », explique-t-elle, rappelant que le marché d’Enta constitue leur unique source de revenus.

Même inquiétude chez M’Mahawa Cissé, autre commerçante, qui redoute les conséquences immédiates de l’opération.

M’Mahawa Cissé, vendeuse

« Nos maris ne travaillent pas. Nous vivons de ce que nous gagnons ici. Aujourd’hui, on nous déguerpit et le ramadan approche. Comment allons-nous faire ? », s’interroge-t-elle.

Entre impératif de réorganisation urbaine et urgence sociale, le déguerpissement du marché d’ENTAG met en lumière un défi majeur pour les autorités : assainir la ville sans fragiliser davantage les populations les plus vulnérables. Le recasement effectif des commerçantes apparaît désormais comme la clé pour apaiser les tensions et donner un sens social à cette opération en cours.

Hadiatou Barry et Mohamed lamine Touré pour Guineematin.com

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