CRIEF : saisie des biens et des comptes bancaires d’Oyé Guilavogui, l’AGRASC chargée de leur gestion

il y a 2 heures 14
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Après plusieurs renvois, le dossier opposant l’ancien ministre des Postes et Télécommunications, Oyé Guilavogui, à l’État guinéen et au ministère public a connu une nouvelle évolution ce lundi devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). À l’issue des débats, la juridiction spéciale a ordonné plusieurs mesures conservatoires à l’encontre du prévenu.

Lors de l’audience, la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État, a attiré l’attention de la Cour sur la gravité des faits reprochés à l’ancien ministre ainsi que sur son séjour prolongé à l’étranger. Elle a sollicité, à cet effet, la saisie et la gestion des biens meubles et immeubles appartenant à Oyé Guilavogui, notamment ses propriétés situées à Conakry et à Kindia, ainsi que de ses comptes bancaires, par l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC).

La partie civile a également demandé que l’AGRASC soit chargée d’identifier, de gérer et de conserver l’ensemble des biens concernés jusqu’à l’intervention d’une décision définitive. Un rapport détaillé sur ces opérations devra être produit dans un délai maximum de trois semaines.

Après avoir entendu l’ensemble des parties, la Cour, présidée par le juge Yagouba Conté, a fait droit à ces réquisitions. Elle a ordonné la gestion par l’AGRASC des biens meubles et immeubles appartenant à Oyé Guilavogui, ainsi que la saisie conservatoire de ses comptes bancaires ouverts dans les banques de la place.

Par ailleurs, la juridiction a enjoint la société Huawei à produire tous les documents relatifs à la relance de la société de téléphonie mobile SOTELGUI, notamment ceux liés à la gestion de la fibre optique backbone. Elle a également ordonné la comparution de M. Koulibaly, directeur général de la SOTELGUI au moment des faits poursuivis.

Selon l’ordonnance rendue, l’ensemble de ces mesures devra être exécuté au plus tard le 20 février 2026. L’affaire a été renvoyée au 23 février 2026 pour la poursuite des débats.

Pour rappel, Oyé Guilavogui est poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, portant sur un montant estimé à 50 millions de dollars américains. Ces fonds étaient destinés à la relance et à l’extension de la société de téléphonie mobile SOTELGUI.

Placée en détention depuis avril 2022, l’ancien ministre avait obtenu, le mercredi 15 novembre 2023, une autorisation de la chambre de jugement pour se rendre à l’étranger à des fins médicales, en raison de douleurs abdominales et d’infections urinaires. La Cour avait alors ordonné son évacuation vers une structure sanitaire appropriée en Tunisie, à la diligence du parquet spécial. Depuis cette évacuation, Oyé Guilavogui n’est toujours pas rentré en Guinée.

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