Infections néonatales : les conseils du Dr Sidibé face à une urgence méconnue qui menace la vie des nouveau-nés

il y a 2 heures 16
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Encore largement méconnues, les infections néonatales figurent pourtant parmi les principales causes de mortalité chez les nouveau-nés en Guinée. Souvent liées à des conditions d’hygiène insuffisantes, à un suivi de grossesse défaillant ou à des accouchements hors milieu médicalisé, elles peuvent évoluer rapidement vers des formes graves. Dans cet entretien accordé à Guinée360, le Dr Mamadou Lamarana Sidibé, médecin généraliste au service de pédiatrie du Centre médico-materno-social infantile de Somaya (Coyah), décrypte les mécanismes de ces infections, leurs signes d’alerte et les mesures essentielles pour prévenir et sauver des vies dès les premiers jours de vie.

Guinée360 : Qu’entend-on par infections néonatales ?

Dr Mamadou Lamarana Sidibé : Les infections néonatales regroupent l’ensemble des infections bactériennes, parasitaires et virales contractées par le nouveau-né pendant les périodes anténatale, périnatale et postnatale. En période anténatale, l’infection peut être transmise par voie transplacentaire ou en cas de rupture prématurée des membranes amniotiques avant le travail. En période périnatale, notamment pendant la deuxième phase du travail, l’infection peut être transmise par contact direct du fœtus avec le liquide vaginal ou le sang maternel. Enfin, en période postnatale, l’infection peut survenir après l’accouchement.

Quelles sont les principales causes des infections néonatales?

Il faut savoir que les causes sont diverses et multiples. Elles peuvent d’abord survenir pendant l’accouchement, c’est-à-dire en période périnatale, notamment en cas de manque d’asepsie, de mauvaises conditions d’hygiène ou de l’utilisation d’objets souillés ou non stériles. L’infection peut aussi être transmise par voie transplacentaire ou en cas de rupture prématurée des membranes amniotiques avant le travail, mais également par contact direct du fœtus avec le liquide vaginal ou le sang maternel. La prématurité et le faible poids à la naissance constituent également des facteurs de risque. Ces nouveau-nés ont un système immunitaire immature, ce qui les rend plus vulnérables aux infections.

À quel moment ces infections se développent-elles ?

On distingue les infections néonatales précoces et les infections néonatales tardives. Les infections précoces surviennent généralement chez le nouveau-né entre 3 et 5 jours de vie. Les infections tardives apparaissent au-delà de 7 jours et peuvent aller jusqu’à 28 jours, puisque la période néonatale est définie de 0 à 28 jours.

Et pendant la grossesse, est-ce aussi possible ?

Pendant la grossesse, notamment vers la fin, les enfants peuvent acquérir des infections. Elles peuvent survenir au cours du dernier trimestre de la grossesse ou pendant l’accouchement, exposant ainsi le nouveau-né à une infection néonatale.

Comment procédez-vous à la prise en charge ?

La prise en charge des infections néonatales précoces est complexe et dépend de l’état dans lequel le nouveau-né est reçu. Par exemple, en cas d’asphyxie périnatale liée à un accouchement dystocique, il peut survenir une hypoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène au niveau des organes nobles. L’enfant peut alors présenter une léthargie, des signes de danger tels que l’apnée, la dyspnée, la fièvre ou des signes de lutte respiratoire. Dans ces situations, la prise en charge débute par une réanimation. Il faut d’abord installer le nouveau-né en salle de réanimation, assurer son confort et évaluer l’environnement pour vérifier s’il est adapté. Les paramètres vitaux doivent être contrôlés : température, glycémie, fréquence respiratoire et fréquence cardiaque. Ensuite, une prise en charge globale peut être mise en place.

Quels sont les signes qui peuvent alerter les parents ou le personnel de santé ?

Les signes d’alerte chez le nouveau-né incluent notamment une détresse respiratoire, surtout après un accouchement dystocique. Les signes de lutte respiratoire se manifestent par un tirage costal, des pauses respiratoires, des apnées ou parfois une cyanose. La coloration normale d’un nouveau-né est rosée. Une coloration bleuâtre ou foncée de la peau indique un manque d’oxygène vers les organes vitaux. Dans ce cas, une prise en charge urgente avec oxygénothérapie et réanimation s’impose.

Quels sont les types d’infections les plus courants chez les nouveau-nés ?

Les infections les plus fréquentes comprennent l’infection materno-fœtale, autrefois appelée infection néonatale bactérienne précoce. Il existe également les infections néonatales tardives qui surviennent après la première semaine de vie. On peut aussi observer des cas d’asphyxie périnatale lors des accouchements dystociques. Certains nouveau-nés peuvent présenter un état ictérique, caractérisé par une coloration jaunâtre de la peau ou des yeux, pouvant évoluer vers des complications graves, notamment une hémorragie massive.

Quel rôle joue l’hygiène à la maternité dans la prévention de ces infections ?

Le rôle de la maternité est primordial dans la prévention des infections néonatales. Les sages-femmes doivent respecter strictement les mesures d’hygiène : port de gants, asepsie et lavage régulier des mains. L’environnement doit être propre, aéré et exempt de toute source infectieuse. Après la naissance, le nouveau-né doit être nettoyé avec un linge propre, placé dans un endroit sec afin de maintenir sa température et prévenir l’hypothermie. Le soin du cordon ombilical est également essentiel. Le personnel doit être en mesure de reconnaître rapidement les signes de danger chez le nouveau-né.

Quels sont les protocoles en cas d’infection néonatale avérée?

La prise en charge peut être médicale et hygiénique. Un nouveau-né sans fièvre mais présentant une léthargie ou une hypothermie nécessite un traitement thermique, notamment par lampe chauffante ou par contact peau-à-peau avec la mère, selon la méthode kangourou. En présence de signes de gravité tels que la dyspnée, la détresse respiratoire ou l’apnée, une oxygénothérapie est indispensable. Il faut ensuite rechercher la cause de l’infection. En pratique, une antibiothérapie prophylactique à base de pénicilline et d’aminosides est souvent utilisée pour réduire l’intensité des infections bactériennes.

Quel message avez-vous pour les parents, surtout en cas de panique ?

Les femmes enceintes doivent accepter de faire un suivi régulier de la grossesse, respecter les consultations prénatales et prendre les médicaments prescrits.Au moment de l’accouchement, il est fortement recommandé de se rendre dans une structure de santé et d’éviter les accouchements à domicile, où les conditions d’hygiène ne sont pas toujours garanties. Enfin, les nouveau-nés doivent être pris en charge par un personnel qualifié. Les confrères médecins sont invités à orienter rapidement tout nouveau-né à risque vers un service de néonatologie ou un suivi médical adapté.

L’article Infections néonatales : les conseils du Dr Sidibé face à une urgence méconnue qui menace la vie des nouveau-nés est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.

Lire l'article en entier