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La nomination d’Ibrahima Sory II Tounkara à la tête du ministère de la Justice et des droits de l’homme continue de susciter des réactions dans les milieux judiciaires. Dans cet entretien accordé à Guinée360. Me Paul Yomba Kourouma, avocat et observateur averti de la vie judiciaire guinéenne, salue un choix qu’il juge pertinent. Dans un contexte marqué par des dossiers sensibles, il a exposé ses attentes notamment sur les disparitions forcées et la lutte contre l’impunité. Entretien!
Guinee360 : Quelle est votre première réaction suite à la nomination d’Ibrahima Sory II Tounkara au ministère de la Justice, une personnalité que vous connaissez très bien ?
Me Paul Yomba Kourouma : Cette nomination n’a été que justice, et bonne justice, bonne administration de la justice. Je dirais même une bonne observance. Je vois que le chef de l’État a l’œil du lynx et je le félicite pour cela. Je suis quelqu’un qui n’a jamais été d’accord avec aucun ministre de la Justice, mais cette nomination, je l’approuve pleinement. Cet homme est un potentiel à exploiter. C’est la récompense du service rendu. Je connais le contenu du dossier (allusion au procès du massacre du 28 septembre) qu’il a apprécié. Cette nomination reste très importante à mes yeux.
Il arrive à la tête de ce département dans un contexte particulier. Qu’attendez-vous concrètement de lui ?
On ne peut pas dire qu’il a été renvoyé. Il y aura peut-être des ministres de récompense qui ne vont pas durer. Pour ma part, je demanderai aussi aux chefs de l’État de retirer quelques passeports afin que certaines personnes viennent répondre devant la CRIEF.
De manière plus précise, quelles sont vos attentes vis-à-vis de M. Tounkara ?
Le chef naît avec ses dons, ses talents, ses aptitudes, ses habiletés, son intelligence. Dès lors qu’il est nommé, Dieu l’a doté d’une vision, d’une politique et d’une stratégie qu’il va développer. Je n’ai rien à lui imposer. J’attends simplement qu’il fasse de la justice ce qu’elle devait être. Il est l’homme de l’action, l’homme de la situation. Je crois qu’il sera un véritable garde des Sceaux et surtout un défenseur des droits de l’homme, un aspect auquel je tiens particulièrement.
Ces dernières années ont été marquées par des cas de disparitions forcées et de kidnappings. Attendez-vous M. Tounkara sur des dossiers sensibles comme ceux de Foniké Mengué ou Billo Bah?
Oui, mais ce n’est pas son gouvernement qui a procédé à cela. Il veillera, à travers les services techniques de son département, à rechercher, à trouver et à déterminer quel sort il faut réserver à ces dossiers. Dans les affaires de disparition, il faut marcher comme sur des œufs, sans les écraser. Il faut caresser l’État, le gouvernement et les populations. Si l’on commence uniquement par des accusations, cela devient compliqué.
Vous aviez été très critique à l’époque sur la gestion d’Alphonse Charles Wright. Pensez-vous que M. Tounkara risque de se retrouver face à la même réalité ?
Entre la mort et l’agonie, ce n’est pas la même chose. Entre l’asphyxie et la mort non plus. Il y a beaucoup de différences entre les deux situations.
Selon vous, Alphonse Charles Wright a-t-il été un mauvais ministre de la Justice ?
Sachant quand même que Charles Wright a été un grand ministre, un grand ministre. Il pourra peut-être revenir dans une autre situation. Mais aujourd’hui, c’est de Tounkara qu’il s’agit. Je ne fais pas d’étude comparative. Il faut rappeler que M. Tounkara vient d’obtenir un grand prix pour les actes posés, notamment parce que c’est sous sa conduite que le procès du 28 septembre a été organisé. C’est une espèce à sauvegarder, presque en voie de disparition. Si nous étions dans le monde animal, elle serait protégée dans un jardin zoologique. C’est un bon conciliateur. Diriger un procès de cette envergure n’est pas chose aisée, surtout dans un contexte aussi sensible. Ce n’était pas ma façon habituelle de plaider en matière criminelle, mais son rythme m’a influencé.
Le ministre Tounkara peut-il compter sur votre soutien ?
Je félicite l’autorité suprême qui l’a élevé à cette dimension et je lui promets mon accompagnement personnel. C’est un soutien important qu’il a obtenu, croyez-moi.
L’article Nomination du juge Ibrahima Sory 2 Tounkara : “J’attends qu’il fasse de la justice ce qu’elle devait être”, réagit Me Yomba est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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