PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Ce jour, Conakry n’était qu’un champ de bataille. Le pays a frôlé le chaos lors d’une mutinerie militaire sans précédent qui a marqué au fer rouge l’histoire du pays.
Tout commence par une banale colère de solde. Le 2 février 1996, les casernes s’embrasent. Ce qui ne devait être qu’une protestation pour de meilleures conditions de vie se transforme en une insurrection d’une violence inouïe. Des centaines de soldats quittent le camp Alpha Yaya Diallo, investissent les rues et pointent leurs blindés vers le cœur du pouvoir : le Palais des Nations.
Pendant des heures, le bâtiment, symbole de la souveraineté, est pilonné. Les images du palais en flammes font le tour du monde. À l’intérieur, le président Lansana Conté, le « vieux lion », est pris au piège. Dans le bunker de l’édifice qui s’écroule, l’homme qui dirige la Guinée depuis 1984 voit son destin ne tenir qu’à un fil.
Le 3 février, l’impensable se produit. Le chef de l’État est capturé par les mutins et conduit, sous les huées et les menaces, au camp Alpha Yaya Diallo. La Guinée est alors un pays sans véritable tête, à la merci d’une base militaire survoltée mais sans leader politique.
C’est là, dans la poussière de la garnison, que Lansana Conté joue sa plus grande partition. Entre menaces et promesses de « père de la nation », il négocie sa survie et celle de son régime. Il accepte tout : l’augmentation des soldes, le limogeage du ministre de la Défense, l’amnistie. Ce jour-là, le soldat-président sauve sa peau, mais l’institution présidentielle sort de l’épreuve profondément meurtrie.
.png)
il y a 2 heures
12



















English (US) ·