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La réforme du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) suscite de vives réactions dans le milieu culturel. Présentée comme « historique », elle vise, selon ses initiateurs, à mieux protéger les droits des artistes en Guinée. Pour en parler, la rédaction de Guinée360 a recueilli, ce jeudi 28 août 2025, les impressions de Mamadou Lamine Diallo alias Mamadou Thug, artiste engagé et membre du Conseil national de la transition (CNT).
Avec plus de 25 ans de carrière, il salue cette réforme mais appelle à la vigilance. «Le BGDA a longtemps été perçu comme la vache laitière de son ministère de tutelle, sans réel bénéfice pour nous, les ayants droit. Moi-même, mes droits ont été piétinés pendant plus de dix ans », a-t-il rappelé.
Pour l’artiste, si les promesses se concrétisent, cette réforme représentera une avancée majeure pour les créateurs guinéens. « Si cette réforme est réellement mise en œuvre comme annoncée, alors c’est une initiative qu’il faut saluer (…) Une telle avancée est essentielle pour la protection des artistes et de leurs œuvres. Le droit d’auteur, c’est ce qui garantit qu’un créateur puisse bénéficier du fruit de son travail, même après sa mort – jusqu’à 70 à 80 ans plus tard. C’est donc aussi un héritage que nous laissons à nos enfants ou à nos ayants droit. »
Mamadou Thug salue notamment le passage au paiement par virement bancaire ou via mobile money, qu’il considère comme une rupture avec les anciennes pratiques. « Les artistes sont les vrais employeurs du BGDA, puisque c’est grâce à nos œuvres que ce bureau existe. La transparence dans la gestion des redevances n’est donc pas un luxe, c’est un droit. Pendant longtemps, ce bureau a souffert d’un manque de transparence flagrant. Si les nouvelles autorités prennent cette voie, nous ne pouvons que les féliciter et les accompagner. C’est dans l’intérêt des artistes, des ayants droit, et du respect de la culture guinéenne. »
Selon lui, une application rigoureuse de la réforme pourrait transformer la vie des créateurs : « Une gestion plus juste des droits d’auteur contribuera à améliorer les conditions de vie des artistes guinéens. Cela renforcera également l’image et le respect que les fans ont pour leurs artistes. Au-delà de nos frontières, cela donnera aussi plus de valeur à l’artiste guinéen dans la sous-région. Si les redevances sont correctement collectées et distribuées, cela changera la perception et la réalité de la profession artistique en Guinée. »
Mais pour éviter que cette réforme ne reste un simple effet d’annonce, il insiste sur la nécessité d’actions concrètes. « Le premier défi est la sensibilisation. Le BGDA devrait organiser une caravane nationale pour informer les artistes, les ayants droit, et même le grand public sur ce qu’est réellement le droit d’auteur. Il faut leur expliquer les démarches à suivre pour sécuriser et valoriser leurs œuvres. Beaucoup ignorent encore que le créateur d’une œuvre perçoit plus de droits que l’interprète. »
Enfin, Mamadou Thug plaide pour une meilleure valorisation de l’identité culturelle guinéenne. « Il est temps que nous allions chercher, dans les coins les plus reculés du pays, les richesses culturelles à préserver et à transmettre. C’est ainsi que nous sortirons du copier-coller artistique et que nous proposerons une création authentiquement guinéenne, capable de résister au temps et de servir plusieurs générations. »
L’article Mamadou Thug sur la réforme du BGDA : « La transparence n’est pas un luxe, c’est un droit» est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.