L’indemnisation des victimes du 04 juillet 1985 : L’opacité du Commissaire Dioumessy (Par A. Condé)

il y a 16 heures 19
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Le 04 juillet 1985 est une des dates les plus tragiques et sombres de l’histoire de la Guinée. Mais, si l’Etat Guinéen a effectivement reconnu les faits et ordonné la réparation des préjudices subis, il n’est pas compréhensible que par L’opacité de leur Président, les victimes soient toujours des laissés pour compte

En effet, cette nuit, après la diffusion sur les antennes de la radio diffusion nationale d’un communiqué lu par l’ancien Premier ministre et annonçant la destitution du président Lansana Conté et sa prise du pouvoir, Conakry et quelques localités environnantes ont été le théâtre d’une ébullition militaro-civile de violences inouïes et aveugles jamais enregistrée en Guinée, animée par des loyalistes et soutiens et badauds du régime secoué contre des supposés partisans ou proches du Colonel Diarra Traoré.

Le lourd bilan humain avec l’exécution de plus de 50 officiers et sous officiers ainsi que les dignitaires détenus de la 1ère République, l’arrestation de plus d’une centaine de personnes civiles et militaires ligotées, effroyablement malmenées, battues à coup de crosse et de poings à tel point que certains finiront par succomber sous l’insupportable épreuve des tortures inhumaines violentes, humiliantes et dégradantes, le pillage, la destruction et la confiscation de nombreux biens de simples citoyens innocents,  à mille lieux du Colonel Diarra Traoré, chassés de leur habitation avec leurs familles par des éléments armés et civils se réclamant du pouvoir en place.

Bref, l’horreur et l’injustice étaient si flagrantes, brutales que les organisations internationales de défense des droits humains sont montés au créneau pour alerter le gouvernement sur les risques et graves conséquences d’actes sinon politique génocidaire sur le tissu social.

Quelques mois seulement ont suffi pour que le Président Lansana Conté réalise lui-même la gravité des crimes et de l’injustice dont ont été victimes ces Guinéens dont le tors a été d’être de la même région que le Colonel Diarra Traoré et ses supposés complices militaires et civils eux-mêmes passés aux armes sans aucune forme de jugement. Il procède alors à un profond remaniement de son gouvernement, le 22 décembre 1985 en renvoyant tous les caciques militaires du CMRN haineux et perçus contre des va-t-en guerre.

Le 10 Février 1990, le Président Conté se repentit à travers l’Ordonnance N° 008 / PRG / SGG d’amnistie et d’indemnisation des victimes des règlements de compte de certains de ses compagnons et des voyous le 04 juillet 1985. Cette Ordonnance réparatrice est confirmée par le Décret d’application N° 098 PRG / SGG/ 90 pris le 09 mai 1990.

Mais, près de 35 ans après ces mesures prises pour réparer en partie un crime d’état reconnu, les victimes peinent encore à être rétablies dans le peu de droit de consolation qu’est l’indemnisation, la restitution des biens qui ne remplaceront jamais les vies humaines ou les préjudices physiques et moraux subis par des milliers de personnes directement ou indirectement. Si la lenteur administrative doit être pointée du doigt à juste titre dans cette autre situation d’injustice, il faut avoir l’honnêteté cependant de reconnaître l’opacité du président du Collectif des  Associations des Victimes du 4 juillet 1985, l’ancien Commissaire Ibrahima Sory Dioumessy qui s’est enfermé seul dans le pilotage et la gestion de ce très sensible et douloureux dossier.

Il devient alors impératif de changer de méthode et de pédagogie,  de cesser de fixer unilatéralement des quotas d’indemnisation sans tenir compte des réalités des préjudices subis par les uns et les autres. Il faut enfin trouver un épilogue à cette tragique histoire de la Guinée.

À suivre.

Abdoulaye Condé

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