Kouratongo (Tougué) : Une épizootie mystérieuse décime les troupeaux de chèvres

il y a 2 heures 10
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La commune rurale de Kouratongo, dans la préfecture de Tougué, est en état d’alerte. Depuis plusieurs semaines, une maladie foudroyante ravage les élevages de caprins. À Koumbama et Horé Kollet, les cadavres se comptent par dizaines, plongeant les éleveurs dans une détresse financière et psychologique profonde.

Le scénario est quasi systématique : une forte fièvre, des écoulements nasaux, une diarrhée profuse et des détresses respiratoires. Selon les témoignages, l’issue est fatale, survenant parfois en moins de 48 heures après l’apparition des premiers signes.

Mamadou Habibou Baldé, éleveur à Horé Kollet, témoigne de la violence du fléau : « En un mois, j’ai perdu 32 bêtes sur un troupeau de 50. C’est un désastre. Pourtant, je vaccine mes chèvres chaque année, et le dernier rappel date d’à peine deux mois. C’est la première fois que je fais face à une telle mortalité. »

Pour ce père de famille, comme pour beaucoup d’autres, ce cheptel représente l’unique filet de sécurité économique, particulièrement crucial en cette période de Ramadan.

Même constat chez Mamadou Adama Baldé, une autre victime : « Tout est allé très vite. Elles broutaient normalement, puis ont brusquement cessé de s’alimenter avant de s’effondrer. En trois jours, cinq de mes chèvres sont mortes. »

L’expertise vétérinaire freinée par le manque de moyens

Alertés par la multiplication des cas, les services techniques de l’élevage ont dépêché sur place le Docteur Thierno Abdoulaye Diallo. Si le diagnostic clinique reste à confirmer, le vétérinaire avance une première piste.

« Les symptômes pourraient correspondre à la pasteurellose, mais la prudence reste de mise », explique-t-il.

Cependant, la confirmation scientifique se heurte à un obstacle de taille : le manque d’équipement de terrain. « Mes premiers prélèvements n’ont pu être analysés faute de réactifs. Je dois réaliser des frottis sanguins, mais je n’ai pas le matériel adéquat. J’ai sollicité le laboratoire vétérinaire de Labé pour obtenir le nécessaire en urgence », a-t-il dit.

Une course contre la montre

L’enjeu est désormais de circonscrire l’épidémie pour éviter qu’elle ne s’étende aux autres localités de la préfecture de Tougué. En l’absence de diagnostic définitif, les éleveurs de Kouratongo vivent dans l’angoisse quotidienne de découvrir de nouveaux cadavres au lever du jour. La réactivité des services vétérinaires de Labé sera déterminante pour sauver ce qui peut encore l’être.

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