Kaloum : les conducteurs de taxi-moto entre précarité, risques et tracasseries policières

il y a 5 heures 15
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Dans la commune de Kaloum, de plus en plus de jeunes se tournent vers l’activité de taxi-moto pour subvenir à leurs besoins. Issus de diverses couches socioprofessionnelles -élèves, étudiants, tailleurs, maçons, marchands, plombiers ou encore vitriers-, ils voient dans ce métier une opportunité rapide d’insertion. Mais derrière cette alternative économique se cache un quotidien marqué par de nombreux dangers et difficultés. Accidents de la circulation, insécurité, agressions nocturnes, mais aussi tracasseries policières : tels sont, selon plusieurs conducteurs interrogés ce samedi 11 avril 2026 par un reporter de Guineematin.com, les principaux risques auxquels ils font face au quotidien.

Aliou Bah, conducteur de taxi-moto à Kaloum, déplore les obstacles rencontrés dans l’exercice de sa profession. Selon lui, les contrôles policiers constituent l’une des principales sources de difficultés.

Aliou Bah, conducteur de taxi moto à Kaloum

« Nous rencontrons assez de difficultés dans l’exercice de notre profession. C’est surtout au niveau des feux de signalisation que les policiers forment des guets-apens pour nous arrêter. Même si tu as tous les documents nécessaires -vignette, assurance, rétroviseurs, chaussures fermées- ils t’arrêtent quand même. Et lorsqu’ils nous arrêtent, ils nous font payer parfois 320 000 francs guinéens. Quand on te retire une telle somme, comment faire la recette journalière ? », s’interroge-t-il.

Face à cette situation, il lance un appel aux autorités afin que les contrôles soient effectués dans le respect strict de la loi. « Ce n’est pas interdit de vérifier nos documents. Mais lorsque tu es en règle, on doit te libérer aussitôt. Et si tu n’as pas tous les documents, tu paies ce que la loi prévoit, sans excès », plaide-t-il.

Au-delà des tracasseries, Aliou Bah insiste également sur la nécessité de former les conducteurs de taxi-moto afin de réduire les accidents et d’améliorer la circulation. « Nous devons être formés et cette formation doit être sanctionnée par un permis de conduire. Certains ne savent pas où ralentir ou accélérer. Ils conduisent comme ils veulent. Le permis est vraiment une nécessité pour nous », affirme-t-il.

De son côté, Mamadou Bhoye Barry évoque les multiples risques liés à ce métier qu’il a embrassé après avoir quitté le commerce de viande au marché de Matoto.

Mamadou Bhoye Barry, conducteur de taxi moto à Kaloum

« J’ai abandonné la vente de viande pour faire le taxi-moto. Mais ce travail comporte tous les risques. Les conducteurs de véhicules ne nous aiment pas. Les policiers nous font parfois payer jusqu’à 500 000 francs guinéens. Et souvent, la moto ne t’appartient même pas, tu travailles pour quelqu’un d’autre », explique-t-il.

Il dénonce également la stigmatisation dont ils sont victimes. « Certaines personnes nous traitent de bandits, alors que nous sommes souvent les premières victimes. Les malfrats nous sollicitent la nuit et, parfois, ils nous volent nos motos. Moi-même, on m’a déjà retiré ma moto. Si quelqu’un travaille nuit et jour, c’est parce qu’il souffre », conclut-il avec amertume.

Entre précarité économique, insécurité et pression quotidienne, les conducteurs de taxi-moto de Kaloum continuent d’exercer leur activité dans l’espoir de jours meilleurs. Ils appellent les autorités à une meilleure régulation du secteur.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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