Devoir de mémoire : Quand la culture sauvait l’État 

il y a 5 heures 16
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​Au lendemain du « NON » historique du 28 septembre 1958, la jeune République de Guinée se retrouvait face à un vide abyssal laissé par le départ précipité de l’administration coloniale française. Les caisses étaient vides, et les structures de l’État restaient à construire. C’est dans ce contexte de précarité absolue que la culture est venue au secours de la République.

Les Ballets Africains, troupe fondée par l’illustre Keïta Fodéba et nationalisée dès l’indépendance, ont été le premier véritable pourvoyeur de devises pour le pays.

​À l’époque, la troupe parcourait le monde, de Paris à Moscou en passant par New York, générant des recettes considérables. Ces fonds, rapatriés au Trésor public, ont permis de maintenir à flot une administration naissante que l’ancienne métropole pensait voir s’effondrer en quelques semaines.

​L’apport de la culture ne s’est pas arrêté au traitement des agents de l’État. Ces revenus ont également servi à l’armée nationale, notamment à travers le financement des premiers uniformes et équipements des soldats guinéens ; au sport, avec la dotation des premières équipes nationales pour représenter le pays dans les compétitions internationales ; mais aussi à la diplomatie, faisant alors des artistes les premiers ambassadeurs de la culture et de la dignité africaine.

Rappeler ceci n’est pas qu’un exercice de mémoire. C’est un plaidoyer vivant pour que les artistes guinéens ne soient plus considérés comme de simples amuseurs publics, mais comme des bâtisseurs de la nation.

​Alors que de nombreuses gloires de la culture guinéenne terminent leur vie dans la précarité, ce rappel historique sonne comme une interpellation directe aux autorités : la culture a sauvé l’État, il serait temps que l’État sauve sa culture.

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