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À Sanoyah Mangué bounyi, l’aube s’est levée sur une scène de désolation. Une maison réduite en cendres, un quartier sous le choc et une famille entière décimée. Un incendie survenu dans la nuit de lundi à mardi a coûté la vie à Ismaël Keïta, à son épouse Hassanatou Camara et à leurs trois enfants.
Sur les lieux du drame, la douleur est encore palpable. La maison familiale n’est plus qu’un décor figé de l’horreur. Dans le salon, des bols brûlés reposent sur une armoire noircie, une télévision calcinée pend encore au mur. Les fauteuils sont consumés, les vêtements incendiés jonchent le sol des chambres. Les cendres recouvrent chaque recoin. Sur la porte et les murs, des traces de sang témoignent du dernier combat du père de famille, qui a tout tenté pour sauver les siens.
Dans le voisinage, les pleurs et les lamentations ne se sont jamais vraiment tus. Femmes, hommes et enfants restent rassemblés, encore sous le choc de cette nuit tragique.
Selon un témoin arrivé parmi les premiers, l’incendie se serait déclaré aux environs d’une heure du matin.
« Nous avons entendu un bruit venant du salon. À ce moment-là, le feu avait déjà envahi la maison. Nous avons essayé d’ouvrir la porte, mais elle était fermée avec un cadenas et des crochets. Elle ne s’est ouverte que trop tard. Le salon était entièrement en flammes et les chambres étaient fermées », explique-t-il.
Dans une ultime tentative de survie, Ismaël Keïta parvient à s’extraire de la maison, mais succombe peu après à ses blessures.
« Il a réussi à sortir, mais en brisant les vitres pour s’échapper, il s’est grièvement blessé. Les nerfs de ses bras et de ses jambes ont été sectionnés. Il est décédé quelques minutes plus tard », témoigne un habitant.
À l’intérieur de la maison, Hassanatou Camara et leurs enfants — Mohamed Lamine Keïta, Aminata Keïta et Daouda Keïta — restent prisonniers des flammes.
« La mère et les enfants, restés dans les chambres, ont péri dans l’incendie. Les sapeurs-pompiers sont arrivés, malheureusement trop tard. Le bilan est de cinq morts », poursuit le témoin.
Les circonstances exactes du sinistre restent inconnues.
« Le père de famille travaillait comme ferrailleur avec un Libanais. Tous les enfants étaient scolarisés. Le feu aurait commencé dans le salon, mais l’origine reste à déterminer », ajoute-t-il.
Un autre habitant évoque l’impuissance collective face aux flammes :
« Quand le feu a pris, le père de famille nous a appelés à l’aide. Il voulait ouvrir la porte, mais c’était impossible. Tout Sanoyah était dehors, mais nous n’avons pas pu les sauver. Ils étaient cinq dans la maison, ils sont tous morts. »
Au-delà de l’émotion, la colère et les appels à l’aide se font entendre. Les habitants dénoncent le manque criant d’infrastructures.
« Nous lançons un appel à l’État pour l’installation de points d’eau afin de permettre une intervention rapide en cas d’urgence », plaide un riverain.
Un autre renchérit : « Il n’y a ni eau ni route dans ce quartier. Ils doivent vraiment nous aider. »
Les cinq membres de la famille ont été inhumés ce mardi matin à 10 heures à Sanoyah Mangué Boungnih.
Christine Finda Kamano
L’article Incendie mortel à Sanoyah- Une maison en cendres, cinq vies arrachées : “la porte était fermée avec un cadenas et des crochets” est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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il y a 2 heures
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