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La mise en œuvre du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation franchit une nouvelle étape. Ce vendredi 17 avril 2026, une réunion de prise de contact a réuni les membres de la commission chargée de finaliser la révision du Statut particulier de l’éducation, conformément à un courrier du secrétaire général du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection civile, Aboubacar Kourouma.
Organisée au ministère de la Fonction publique, la rencontre a marqué le lancement officiel des travaux des commissions chargées de traduire les engagements en actions concrètes. Autour de la table figuraient les représentants du gouvernement, du Conseil national du dialogue social (CNDS), de l’Intersyndicale de l’éducation, ainsi que plusieurs organisations syndicales du secteur.
Parmi les participants : le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), le Syndicat national de l’éducation (SNE), la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), le Syndicat national de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, ainsi que le Collectif des enseignants contractuels non retenus au concours d’accès à la fonction publique.
Aboubacar Kourouma a annoncé « le démarrage effectif des travaux des trois commissions issues du protocole d’accord », estimant que cette étape marque « le couronnement des engagements pris par le gouvernement depuis la signature du texte ».
Les missions assignées aux différentes commissions ont été détaillées lors de la rencontre. L’une d’elles devra « toiletter la liste des ex-enseignants contractuels ayant passé la biométrie et l’évaluation pratique », afin d’éviter toute irrégularité. Une autre est chargée « d’examiner les actes de nomination des enseignants occupant des postes de responsabilité » pour l’attribution des primes de fonction. La troisième aura pour tâche « la finalisation de la révision du statut particulier de l’éducation », considérée comme prioritaire.
Le secrétaire général du ministère a assuré que « le gouvernement mettra les moyens nécessaires, y compris pour des missions de benchmarking à l’étranger, afin de doter la Guinée d’un statut protecteur et moderne pour les enseignants ». Il a également appelé à la retenue, affirmant qu’« il n’y a pas lieu de menacer ou de lancer un mouvement de grève », le gouvernement étant « dans une dynamique de respect de ses engagements ».
Du côté syndical, le président du SLECG, Aboubacar Soumah, s’est félicité de cette avancée tout en rappelant le contexte des négociations. « C’est aujourd’hui que les dispositions prises par le gouvernement se matérialisent à travers la mise en place des commissions », a-t-il indiqué, précisant que celles-ci devront « travailler sur l’applicabilité du protocole d’accord ».
Il a insisté sur la nécessité d’un recensement rigoureux des enseignants contractuels, qui devra se faire « avec rigueur, en vérifiant les documents pour éviter tout recrutement irrégulier ». Il a également plaidé pour la correction des disparités liées aux primes, rappelant que « dans d’autres départements, les responsables bénéficient d’avantages liés à leur statut, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’éducation ».
Concernant la révision du statut particulier, il a souligné que la commission dédiée devra « intégrer les nouvelles préoccupations et finaliser un texte prêt à être soumis à signature ».
Même constat chez la secrétaire générale du SLECG, Kadiatou Bah, qui a reconnu un léger retard tout en mettant en avant les progrès enregistrés : « Les arrêtés portant création des commissions ont été pris depuis la semaine passée ». Elle a insisté sur l’importance de la réforme du statut, estimant qu’« il s’agit du point nodal. L’objectif est d’aboutir à un statut digne de l’enseignant, en intégrant tous les éléments manquants ».
Pour Karifa Sacko, secrétaire général adjoint du Syndicat national de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, il s’agit d’« une prise de contact constructive », chaque commission ayant reçu « une feuille de route claire avec des délais adaptés aux enjeux ». Selon lui, cette démarche « témoigne de la volonté du gouvernement d’aboutir à un document consensuel et potentiellement révolutionnaire pour le secteur ».
Malgré cette dynamique, la pression syndicale demeure. Le SNE-FSPE a adressé un ultimatum aux autorités, assorti d’un moratoire courant jusqu’à ce vendredi. « Nous accordons au gouvernement un moratoire qui court jusqu’à vendredi 17 avril, afin que le Premier ministre Amadou Oury Bah examine le dossier et que les conclusions issues du protocole du 3 janvier 2026, notamment la mise en place des trois commissions, soient effectives à partir de lundi prochain », avait prévenu Michel Pépé Balamou.
Avec le lancement effectif des travaux, gouvernement et syndicats entrent dans une phase décisive. Reste désormais à savoir si cette dynamique permettra de désamorcer durablement les tensions récurrentes qui secouent le système éducatif guinéen.
L’article Statut particulier de l’éducation : sous menace de grève, ce que gouvernement et syndicats ont réellement décidé est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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