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Récemment, le gouvernement a procédé au déclassement d’une partie de la forêt classée du mont Kakoulima pour un centre d’enfouissement de déchets et plusieurs autres infrastructures.
Ce déclassement n’est pas du goût de certains écologistes du pays. Expert en sauvegarde environnementale et sociale, Leopold Traoré, y voit une perte de biodiversité et une dégradation des écosystèmes, à travers le déboisement lié au projet de construction de ce centre. Une infrastructure qui contribuera à l’augmentation des gaz à effet de serre, ainsi que la perturbation du climat local.
Il l’a fait savoir ce jeudi 16 avril 2026 au cours d’un entretien avec mosaiqueguinee.com.
« Le déclassement d’une partie de la forêt classée du mont Kakoulima (environ 148,7 hectares) pour y installer un centre d’enfouissement technique (CET) de déchets ménagers soulève des enjeux environnementaux et sociaux majeurs, malgré son objectif d’amélioration de la gestion des déchets à Conakry.
En terme d’enjeux environnementaux, on a entre autres :
a) Perte de biodiversité et dégradation des écosystèmes :
La forêt classée est un écosystème protégé abritant des espèces végétales et animales. Son déclassement entraîne la destruction d’habitats naturels, la disparition d’espèces (parfois endémiques) et la fragmentation écologique. De manière générale en Guinée, la déforestation réduit fortement la biodiversité et déséquilibre les écosystèmes.
b) Déforestation et changement climatique :
Les forêts jouent un rôle essentiel dans l’absorption du CO₂ et la régulation du climat local. Le déboisement lié au projet de construction de ce centre contribuera à l’augmentation des gaz à effet de serre, et à la perturbation du climat local. Même si le projet prévoit un reboisement compensatoire, celui-ci ne remplace pas immédiatement les fonctions écologiques d’une forêt mature.
c) Pollution des sols et des eaux :
Un centre d’enfouissement technique génère des lixiviats (liquides polluants issus des déchets) des risques de contamination des nappes phréatiques, des odeurs et émissions de gaz. Même avec des bassins de traitement prévus, les risques environnementaux restent importants, surtout en cas de mauvaise gestion.
d) Érosion et dégradation des sols :
La disparition du couvert forestier entraîne une exposition du sol à l’érosion à la baisse de fertilité et une perturbation des cycles hydrologiques. Ces effets sont déjà observés dans plusieurs zones déboisées en Guinée.
Concernant les enjeux sociaux, il y en a entre autres :
a) Impact sur les communautés locales :
En terme de biens écosystémiques, les populations riveraines dépendent souvent de la forêt pour le bois de chauffage, les produits forestiers et certaines activités agricoles. Ce déclassement peut entraîner une perte de ressources, de réduction des moyens de subsistance et d’insécurité économique.
b) Risques sanitaires :
La proximité d’un centre d’enfouissement peut exposer les populations à la pollution de l’air (gaz, odeurs), à la contamination de l’eau et à la prolifération de vecteurs de maladies (insectes, rongeurs). Ces risques sont particulièrement préoccupants dans des zones densément peuplées proches de Conakry.
c) Conflits sociaux et acceptabilité :
Les projets d’aménagement dans les forêts classées génèrent souvent :
des tensions entre autorités et populations à travers des contestations liées à l’usage du sol et des conflits fonciers.
Enjeu d’utilité publique : le projet répond à un besoin réel d’améliorer la gestion des déchets urbains et réduire les dépôts sauvages. Mais il pose un dilemme pour le développement urbain, la salubrité et la protection des ressources naturelles.
Enjeux de gouvernance et durabilité :
Les actions suivantes nécessitent la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social (EIES)
Mise en œuvre effective du plan de gestion environnementale et sociale (PGES)
Suivi du reboisement compensatoire.
Transparence et implication des populations
Le déclassement de la forêt classée de Kakoulima pour un centre d’enfouissement constitue un projet à double enjeu :
Positif : amélioration de la gestion des déchets et de la salubrité urbaine
Négatif : risques élevés pour l’environnement et les populations », explique-t-il.
À noter que ces nouvelles infrastructures de gestion des déchets prévoit un reboisement compensatoire, alors que celui-ci ne remplace pas immédiatement les fonctions écologiques d’une forêt mature, a laissé entendre Léopold Traoré.
Saidou Barry
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il y a 1 heur
12



















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