Sécurité routière : Ousmane Gaoual  lance le processus d’obtention du permis de conduire moto (Catégories A et A1)

il y a 2 heures 12
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Le ministère des transports, par l’intermédiaire de la direction nationale des Transports terrestres (DNTT), a officiellement lancé le processus d’obtention du permis de conduire biométrique moto pour les catégories A et A1.

La cérémonie, tenue dans la cour du CEPERTAM à Hamdalaye, marque une étape historique pour la sécurité routière et apporte une réponse ferme à l’augmentation alarmante des accidents impliquant des deux-roues.

Placé sous l’égide du ministre des transports, Monsieur Ousmane Gaoual Diallo, l’événement a rassemblé divers syndicats de conducteurs de motos-taxis, responsables d’auto-écoles, conducteurs et partenaires du secteur.

Cette initiative place la formation au cœur de la démarche, soulignant que l’introduction du permis biométrique est cruciale pour sauver des vies.

Dès l’entame de sa communication, le directeur national des transports terrestres (DNTT), Idrissa Diallo, a exposé la gravité de la situation. Selon lui, la prolifération non encadrée des motos sur la voie publique a conduit à une hausse exponentielle des accidents. Il a étayé ce constat par des chiffres préoccupants :

En 2023 : Sur 2 750 accidents impliquant des motos, on a enregistré 940 décès et 640 invalidités permanentes.

En 2024 : Sur 3 200 accidents impliquant des motos, on a enregistré 1 105 décès et 715 invalidités permanentes.

Idrissa Diallo a également souligné que 65% des patients dans les services de traumatologie des CHU de Conakry (Ignace Deen, Donka, Sino-Guinéen) sont victimes d’accidents de moto, touchant particulièrement la population active (18 à 35 ans).

« Face à cette situation alarmante, le gouvernement a décidé d’apporter une réponse ferme, structurée et durable », a-t-il déclaré.

Le processus d’obtention du permis s’articule autour de trois phases principales :

Formation : Considérée comme la phase la plus essentielle.

Examens : Épreuves théoriques et pratiques.

Enrôlement : Pour l’obtention du permis biométrique.

Afin de concilier sécurité routière et continuité des activités économiques des motards, le directeur national a précisé qu’un consensus a été trouvé en mars 2025 avec l’ensemble des parties prenantes (AGUISER, syndicats, auto-écoles, Thomas Greg…).

Une mesure clé a été également définie pour les conducteurs déjà en activité. Ainsi une campagne spéciale d’une durée de six mois est organisée à leur intention.

Des efforts significatifs ont été réalisés pour réduire le coût d’accès au permis. Ainsi, le coût de la formation par les auto-écoles passe de 260 000 à 150 000 GNF ; Les frais de visite médicale sont réduits de 200 000 à 120 000 Francs Guinéens.

S’agissant du module de formation, il sera condensé pour les professionnels : les conducteurs expérimentés bénéficieront de seulement 9 heures de cours théoriques, au lieu des 30 heures de théorie et 40 heures de pratique de la formation standard, leur permettant d’obtenir leur permis en une semaine.

La société multinationale Thomas Greg, leader mondial dans les solutions d’identification sécurisée, est l’opérateur technique du projet. Son directeur général, Sékou Oumar Keïta, a réaffirmé l’engagement à sécuriser l’ensemble du processus, de la formation des moniteurs à la création d’une base de données unique et fiable pour le contrôle.

Il a précisé que chaque candidat devra obligatoirement passer par une auto-école agréée, réussir les examens et être validé par la DNTT avant de se rendre dans l’un des centres du système informatisé.

« Ce projet ne consiste pas simplement à délivrer une carte, mais à instaurer un processus complet et sécurisé pour former des conducteurs responsables », a-t-il indiqué.

Au nom des structures syndicales des motos-taxis, le syndicaliste Ibrahima Sory Sy Savané a appelé les conducteurs à saisir cette opportunité pour se professionnaliser et gagner la confiance des usagers.

« On n’est pas bon, on le devient par la formation et par l’apprentissage. »

La formation, selon lui, est une chance de professionnaliser un métier essentiel et d’améliorer la confiance entre usagers et transporteurs.

En lançant le processus, le Ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a réaffirmé le choix politique de l’État : celui de protéger les citoyens et de structurer le secteur indispensable des motos-taxis.

Il a révélé que 70% des accidents en circulation sont occasionnés par des motos et que 40% des blessés dans les hôpitaux en proviennent.

Le ministre a donné des instructions claires. Pour la réduction des coûts : Il a instruit la DNTT et Thomas Greg de réévaluer et de réduire davantage le prix global du permis biométrique pour le rendre plus accessible, au-delà des réductions déjà consenties.

En ce qui concerne la couverture Nationale, Ousmane Gaoual Diallo a indiqué que les auto-écoles et les centres d’examen doivent être disponibles dans toutes les préfectures et non uniquement à Conakry.

Le ministre Ousmane Gaoual a par ailleurs, insisté sur l’introduction prochaine de la carte professionnelle pour les conducteurs de motos-taxis, afin de distinguer les professionnels et de leur ouvrir des droits sociaux.

« Nous souhaitons distinguer ceux qui exercent le taxi-moto comme un métier de ceux qui utilisent la moto pour leur loisir personnel. C’est pourquoi les professionnels disposeront de cartes spécifiques (…). Cette carte permettra de reconnaître officiellement leur activité comme un métier noble et leur ouvrira des droits sociaux, notamment en matière de cotisations et de protection. Ces dispositions entreront en vigueur dans les prochaines années. Pour l’instant, la priorité est la formation pour tous », a-t-il précisé.

Il a conclu en soulignant que « la vie humaine passe tout et avant tout ».

« La sécurité de la jeunesse dans la circulation n’est pas négociable pour nous (…). L’instauration de ce permis, l’auto et l’offre de formation qui suit ne sont que des éléments de rappel de l’attention toute importante que le chef de l’État et le gouvernement portent à sa jeunesse », a-t-il martelé.

La cérémonie a été suivie d’une visite des installations du CEPERTAM dédiées à la formation, marquant le début opérationnel de cette réforme structurante.

Alhassane Fofana

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