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La traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme s’est tenue à Conakry, en présence des hauts responsables judiciaires, des représentants des corps de métiers de la justice et des partenaires institutionnels.

La rencontre a été marquée par des messages de reconnaissance, un bilan de l’année 2025 et de fortes attentes pour 2026.
Dans une atmosphère solennelle, les membres du cabinet du ministère de la Justice, les chefs des hautes juridictions, ainsi que les représentants des organisations professionnelles ont tour à tour pris la parole pour adresser leurs vœux au Garde des Sceaux.
Magistrats, avocats, huissiers, greffiers et responsables institutionnels ont dressé le bilan de l’année écoulée et exposé leurs attentes pour 2026.
Au nom de la Fédération syndicale professionnelle de la Justice, Mamadouba Marco Camara a salué les acquis enregistrés au cours de l’année écoulée, indiquant que « 71 % du plan d’action opérationnel du ministère a été réalisé grâce aux efforts conjugués des autorités et des cadres du département ».
Il a notamment cité « l’inauguration de la maison d’arrêt et de correction de Macenta, l’acquisition de véhicules et de motos de service pour la chancellerie, les cours et tribunaux, ainsi que l’amélioration des conditions de détention des prisonniers […] la mise en place d’une caisse sociale destinée à assister les travailleurs et travailleuses du ministère de la Justice en cas de difficultés sociales ».
Les huissiers, entre avancées et préoccupations
S’exprimant au nom des huissiers de justice de Guinée, Me Aboubacar Camara, président de la Chambre nationale des huissiers, a évoqué certaines réalités :
« l’année écoulée a été marquée par une avancée significative de la profession, notamment avec la prestation de serment de 30 nouveaux huissiers actuellement en formation […] la Chambre nationale a participé à plusieurs rencontres internationales, dont le congrès de l’Union africaine à Yaoundé et les rencontres Afrique–Europe à Alger », a-t-il salué, avant de souligner :
« la problématique persistante de l’exécution des décisions de justice », appelant à « la nomination effective des juges de l’application des peines afin de permettre la mise en œuvre concrète des décisions rendues par les juridictions ».
Le Barreau alerte sur les libertés publiques
Le secrétaire général du Barreau de Guinée, Me Kemoko Malik Diakité, a dressé un tableau critique de l’année judiciaire écoulée, estimant que :
« Au nom de l’ensemble des avocats du barreau de Guinée que j’ai l’honneur de vous présenter nos voeux en cette nouvelle année. M. le ministre, l’année écoulée a été éprouvante pour l’exercice des libertés publiques. Notre pays n’a pas toujours été au rendez-vous du droit ».
Il a évoqué « les enlèvements à répétition suivis de disparitions, les détentions préventives interminables, le musellement de la presse privée, l’interdiction des manifestations pacifiques, etc. Toutes choses qui fragilisent la confiance en l’État de droit. Mais à côté de ce sombre tableau, nous voulons saluer votre engagement au service de la justice et de l’État de droit dans notre pays. Avec vous, M. le ministre, que nous connaissons déjà, votre ministère incarne l’espoir d’une Guinée où le droit finira par triompher, où les libertés fondamentales sont protégées et où chaque citoyen peut accéder à une justice équitable ».
Tout en saluant l’attitude du ministre, il a souligné que « votre ministère incarne aujourd’hui l’espoir d’une Guinée où le droit finira par triompher ».
Avant de formuler : « Nous avons accompagné nos concitoyens dans leurs épreuves, plaidé pour le respect des procédures légales et veillé à ce que les voies du droit ne soient jamais totalement étouffées. Dans cette année nouvelle, nous formulons l’espoir d’un apaisement et d’un retour aux principes qui honorent toute nation, le respect de la dignité humaine, la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la liberté pour chaque citoyen de vivre sans crainte de persécution habituelle. Le barreau ne demande pas de privilèges, mais simplement que soient respectés les engagements de la Guinée envers les conventions internationales qu’elle a ratifiées et les principes inscrits dans nos textes fondamentaux ».
Greffiers et magistrats plaident pour le dialogue
Au nom des greffiers et secrétaires des greffes, leur président a rappelé que :
« les greffiers, acteurs essentiels mais souvent discrets du fonctionnement de la justice, demeurent profondément attachés au service public judiciaire et à la stabilité des institutions ».
Il a précisé que « la grève ne constitue jamais une fin en soi » et que « le dialogue, la concertation et la recherche de solutions durables doivent toujours être privilégiés dans l’intérêt du service public de la justice ».
De son côté, l’Association des magistrats de Guinée a sollicité : « le renforcement de la formation continue, la spécialisation des magistrats et l’amélioration de la gestion des carrières », tout en réaffirmant « sa loyauté aux institutions de la République ».
Dans un discours détaillé, le secrétaire exécutif du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Elhadj Alpha Saliou Barry, a peint un bilan global qu’il juge mitigé, malgré les efforts déployés.
« Au nom du Conseil supérieur de la magistrature et à mon nom personnel, je voudrais m’adresser à vous, Monsieur le ministre de la Justice, et à travers vous, à Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef suprême des armées, à Monsieur le Premier ministre et à tous les membres du gouvernement, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du secteur de la justice, nos voeux les plus sincères de santé, de paix, de succès et de pleine réussite pour cette nouvelle année 2026 », a-t-il introduit avant de décliner :
« le Conseil supérieur a bel et bien reçu les invitations, mais dans le protocole des interventions, nous avons toujours été au bout. Il a fallu une bataille pour que nous soyons inscrits […] Sous la coordination du secrétariat exécutif, le Conseil a tenu, au mois de juin 2025, ses dossiers ont été instruits, examinés dans le strict respect de la défense des principes contradictoires de l’impartialité constituant les valeurs cardinales de notre justice […] Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature, à travers son secrétariat exécutif, a évoqué à l’ouverture du CSM de Guinée vers l’extérieur en participant à des rencontres scientifiques ».
Il a également alerté sur « la réduction significative du budget alloué au CSM, compromettant son fonctionnement normal ».
L’engagement du Garde des Sceaux pour 2026
Clôturant la cérémonie, le ministre Yaya Kairaba Kaba a rappelé le rôle central de la justice dans la nouvelle ère institutionnelle du pays : « Notre pays vient de se doter d’une nouvelle Constitution et a choisi devant l’histoire la voie exigeante d’une démocratie pluraliste, d’une gouvernance transparente, d’un État de démocratie et prévisible […] En qualité de garde des Sceaux, il revient en effet au ministre de veiller à ce que les textes d’application de nos lois soient élaborés et adoptés dans le respect de leur esprit et de leur lettre, afin de garantir à chaque citoyen et à chaque citoyenne lisibilité, stabilité et prévisibilité de la norme ».
Il n’a pas manqué de s’engager : « Soyez assurés que cet engagement sera tenu dans une démarche de concertation étroite et de collaboration institutionnelle avec la famille judiciaire et l’ensemble des parties prenantes […] la modernisation de la justice, la réforme de la formation des magistrats et des greffiers, l’exécution effective des décisions judiciaires et la lutte contre la corruption et les crimes économiques constituent des priorités absolues du gouvernement ».
Il a réaffirmé que les réformes se feront « ni sans les professionnels de la justice, ni contre eux, mais avec eux », rendant hommage à l’ensemble des acteurs judiciaires pour leur engagement au service du public.
Pour finir, le ministre a promis de transmettre les vœux des hommes de droit adressés au président élu, Mamadi Doumbouya.
Mayi CISSÉ
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