Route Coyah–Mamou : des défaillances persistantes pointées du doigt malgré la réhabilitation

il y a 2 heures 11
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Réhabilitée et élargie depuis plus de quatre ans, la route nationale numéro 1 reliant Coyah à Mamou, en passant par Kindia et desservant Dabola, continue d’enregistrer de nombreux accidents de la circulation. Transporteurs, experts en sécurité routière et acteurs de la société civile dénoncent plusieurs manquements techniques et appellent l’État à des corrections urgentes. Interrogés par un des correspondants de Guineematin.com basé à Kindia, ces acteurs ont décrit la situation et préconisé des solutions pour minimiser ces accidents parfois meurtriers.

Longtemps considérée comme un calvaire pour les usagers, la route nationale numéro 1 Coyah-Mamou-Dabola a fait peau neuve après d’importants travaux de réhabilitation. Une infrastructure moderne, fluide et en bon état apparent, qui contraste pourtant avec la recrudescence d’accidents souvent mortels sur ce tronçon stratégique reliant Conakry à l’intérieur du pays.

La question se pose alors : pourquoi autant d’accidents sur une route neuve ? Selon plusieurs acteurs interrogés par Guineematin.com, les causes sont multiples, mais relèvent principalement de défaillances liées à la signalisation, aux marquages au sol et à l’absence d’équipements de sécurité essentiels.

Pour Mamadou Bobo Bah, chauffeur de poids lourds, la route est globalement bonne, mais comporte des lacunes importantes.

Mamadou Bobo Bah, chauffeur poids lourd

« Les lignes continues et discontinues ne correspondent pas toujours aux panneaux de signalisation. Dans certains virages dangereux, on a mis des lignes discontinues, ce qui autorise le dépassement alors que ce n’est pas sécurisé », déplore-t-il.

Par ailleurs, notre interlocuteur pointe l’absence d’espaces de stationnement et insiste sur la nécessité de renforcer la sensibilisation et la formation des chauffeurs. « Un chauffeur mal formé, c’est un danger public », tranche-t-il.

Expert agréé à la retraite et formateur à la gendarmerie nationale, Ibrahima Camara évoque de graves erreurs techniques. Selon lui, les lignes de direction (discontinues) ont été utilisées abusivement, y compris dans des virages où seules des lignes de sécurité continues devraient être appliquées.

Ibrahima Camara, expert agréé des assurances de Guinée et formateur à la gendarmerie nationale

« Dans les virages, on ne doit jamais autoriser le dépassement. Pourtant, c’est ce qui est fait. Il manque aussi les flèches de rabattement, essentielles pour guider les conducteurs », explique-t-il.

En outre, Ibrahima Camara soulève également des interrogations sur la qualité du bitume utilisé, la conformité des accotements et l’absence de bandes d’arrêt d’urgence. « Une route moderne doit prévoir des accotements pour les véhicules en panne. Ici, ce n’est pas conforme aux normes », ajoute l’expert.

Quid des panneaux de signalisation mal orientés et des balises défectueuses ?

Autre problème majeur : la signalisation verticale. Plusieurs intervenants dénoncent des panneaux mal positionnés ou inversés. « On trouve des panneaux indiquant un virage à droite alors qu’il est à gauche, et inversement. C’est extrêmement dangereux, surtout pour les usagers étrangers », avertit Ibrahima Camara.

Les balises et panneaux souffrent également de mauvaise qualité, certains commençant déjà à rouiller ou à se détacher.

Cette situation est déplorée par nos interlocuteurs qui lancent un appel pressant à l’Etat. Vice-président de l’Union des transporteurs de la région de Kindia, Ibrahima Sory Camara estime que le non-respect des tracés au sol est une cause directe de collisions.

Ibrahima Sory Camara, vice président de l’union des transporteurs de la région de Kindia

« Un conducteur qui ne connaît pas la route peut s’engager dans un dépassement autorisé par le marquage, sans savoir qu’un virage dangereux arrive. Peut-on alors lui imputer la faute ? », s’interroge-t-il.

Mohamed Lamarana Barry président de la prévention action sécurité routière (PASROUT)

Pour Mohamed Lamarana Barry, acteur de la société civile engagé dans la prévention routière, le travail a été bâclé, accuse-t-il. « Les panneaux disent une chose, les marquages au sol en disent une autre. Cela crée de la confusion et favorise les accidents », dénonce M. Barry. Il appelle l’État à interpeller les entreprises en charge des travaux pour corriger immédiatement les erreurs.

Colonel Amara Camara, commissaire à la retraite

Ancien commissaire et colonel à la retraite, Amara Camara estime que l’installation adéquate d’éléments de signalisation est indispensable. « Une bonne signalisation permet de réduire les accidents, fluidifier la circulation et améliorer l’économie locale », souligne-t-il.

Panneaux, marquages au sol, balises, accotements et dispositifs de sécurité sont autant d’éléments essentiels pour garantir la sécurité des usagers sur cet axe vital du pays.

Face aux alertes répétées, les acteurs de la prévention routière attendent désormais des actions concrètes des autorités compétentes afin de rendre la route Coyah–Mamou réellement sûre pour tous.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 69 51

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