Déguerpissements à Conakry : le directeur général de l’observatoire national des routes (ONR) donne son avis sur le sujet

il y a 2 heures 20
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

En ce début d’année 2026, une vaste campagne de déguerpissement a été déclenchée par les autorités. L’objectif est de libérer l’emprise des routes et fluidifier la circulation routière. Ladite opération se poursuit encore et va couvrir tout le grand Conakry et plus loin encore, notamment les zones des marchés, dans un premier temps. Les avantages de cette action visent également à assurer l’accomplissement d’autres aspects, tout aussi importants. C’est le cas, entre autres, de la sécurité des occupants des zones déguerpies qui sont souvent, installés à même la chaussée ; de la préservation de leur santé, par l’élimination des risques induits par leur environnement à risque et, sur un spectre plus large, de la qualité de vie de toutes les populations, par l’amélioration constante de leur cadre de vie.  Ce déguerpissement, qui se poursuit toujours, n’a pas été exempt de remous, qui heureusement, ont tous été largement contenus.  Les déguerpis se sont plaints du manque de préavis et de la rapidité de l’action menée. L’opinion, quant à elle, a nettement apprécié les résultats de l’action, qu’elle a trouvé parfaite, sur le plan de la circulation. Les rues, auparavant encombrées, sont aujourd’hui parfaitement dégagées, assurant une parfaite fluidité du trafic routier et une sécurité renforcée contre les accidents.

Ce que l’on retient de cette activité, c’est l’implication personnelle du Chef de l’Etat qui a sensibilisé personnellement les personnes déguerpies, notamment les femmes, pour qu’elles gardent le calme et restent patientes, en attendant de trouver une solution définitive au problème.  C’est dans la même trajectoire que guinéenews. org a rencontré le service qui s’occupe de la surveillance de nos routes et apprécie la qualité de leur tenue, par les uns et les autres.  Il s’agit de l’observatoire national des routes (ONR). Monsieur Bangoura Alpha Sékou qui en est le directeur, nous apporte des explications utiles pour une meilleure compréhension des tenants et aboutissants du sujet.

L’État n’agit pas contre les populations, mais pour leur intérêt et avant tout, pour leur sécurité. Les installations anarchiques exposent directement les femmes, les enfants et les usagers à des accidents graves, à l’insalubrité et à des risques sanitaires.

Guinéenews : Monsieur le Directeur Général, les opérations de déguerpissement à Conakry suscitent de fortes réactions. Quel est le sens réel de ces actions ?

DG/ONR :
Il est important de rappeler, avec beaucoup de calme et de pédagogie, que ces opérations ne sont ni improvisées ni arbitraires. Elles s’inscrivent dans l’application stricte de la loi portant protection du patrimoine routier national, en vigueur depuis 2016.
Les routes, leurs emprises, les caniveaux, trottoirs et ouvrages d’assainissement constituent un domaine public, destiné prioritairement à la sécurité des personnes, à la mobilité et à la protection des investissements publics. Tout cela est clairement expliqué dans la loi L/2016/074/AN portant protection du patrimoine routier national et le décret D/2017/153/PRG/SGG portant modalités d’application de la loi L/2016/074/AN/du 30 décembre 2016, portant protection du patrimoine routier national de la République de Guinée.

Guinéenews : Beaucoup de citoyens parlent de mesures “dures” ou “inhumaines”. Que leur répondez-vous ?

DG/ONR :
Je comprends l’émotion, surtout lorsqu’il s’agit de l’interruption d’activités économiques de survie. Mais la loi est claire : nul ne peut occuper l’emprise routière sans autorisation préalable, et toute occupation illégale expose à une procédure de déguerpissement. Pour mieux le comprendre, il faut se référer à la loi sur la protection du patrimoine, dont je viens de faire mention.

Cela dit, et je tiens à insister là-dessus, l’État n’agit pas contre les populations, mais pour leur intérêt et avant tout, pour leur sécurité. Les installations anarchiques exposent directement les femmes, les enfants et les usagers à des accidents graves, à l’insalubrité et à des risques sanitaires.

Guinéenews : Quel est concrètement le rôle de l’ONR dans ces opérations ?

DG/ONR :
L’ONR n’est pas un organe de répression. Notre rôle est technique, préventif et stratégique.
Nous identifions les emprises routières, évaluons les risques, alertons les autorités compétentes et documentons les atteintes au patrimoine routier. Nous travaillons aux côtés du Ministère des Infrastructures, des collectivités locales et des forces de sécurité pour protéger durablement le réseau routier.

Guinéenews : Le Président de la République est récemment intervenu pour apaiser les tensions. Qu’en pense l’ONR ou comment s’inscrit-il dans cette démarche ?

DG/ONR :
L’intervention du Président de la République a été claire, humaine et responsable. Il a rappelé que ces opérations ne sont ni une sanction ni un mépris du travail des femmes et des commerçants, mais une exigence de sécurité, de santé publique et d’intérêt général

À l’ONR, nous nous inscrivons pleinement dans cette vision : appliquer la loi avec fermeté, mais expliquer, dialoguer et accompagner. La route ne doit jamais devenir un lieu où la vie humaine est sacrifiée.

Guinéenews  : Que répondez-vous aux populations déguerpies qui s’inquiètent pour leur avenir ?

DG/ONR :
Le message du Président est très clair : l’État travaille avec les collectivités locales pour identifier des espaces mieux organisés, plus sûrs et plus dignes, afin que les activités économiques puissent se poursuivre dans le respect de la loi et de la dignité humaine.
Le sacrifice d’aujourd’hui est la protection de demain. Une ville moderne ne peut se construire sans règles, mais elle ne peut non plus se construire sans humanité.

Guinéenews : Un dernier message aux citoyens ?

DG/ONR :
Je voudrais appeler chacun au sens du collectif. Protéger la route, c’est protéger la vie, l’économie et l’avenir de nos enfants.
L’ONR veille, l’État agit, mais la réussite de ces réformes dépend aussi du civisme et de la compréhension de tous.

Après cela, vous me permettrez aussi, d’exprimer mes sincères remerciements et ma profonde reconnaissance à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour son leadership éclairé, son sens élevé de responsabilité et surtout pour son intervention apaisante et pédagogique, qui a permis de recentrer le débat autour de l’intérêt général, de la sécurité et de la dignité humaine.

Mes remerciements vont également au Gouvernement, et tout particulièrement au Ministère des Infrastructures, pour la cohérence de l’action publique et la volonté affirmée de faire respecter la loi tout en privilégiant le dialogue et l’accompagnement social.

En même temps, je salue avec respect le professionnalisme et la discipline républicaine de la Direction Générale de la Police Nationale, dont l’engagement sur le terrain contribue à sécuriser les opérations dans le calme et le respect des personnes.

Je remercie enfin le Gouvernorat de la Ville de Conakry, ainsi que l’ensemble des communes, pour leur rôle central de proximité, de médiation et de coordination avec les populations. Leur implication est essentielle pour garantir des solutions durables, concertées et acceptées.

Ces actions, menées de manière coordonnée, traduisent une seule ambition : protéger la vie humaine, préserver le patrimoine routier national et bâtir une ville plus sûre, plus organisée et plus humaine pour tous.

Lire l'article en entier