Procès 28 septembre : la défense du Colonel Bienvenu Lamah met en cause la crédibilité du principal témoin

il y a 1 heur 13
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Le second volet de l’affaire du massacre du 28 septembre se poursuit avec le témoignage de Mamadi Soumaoro, ancien recrue du camp de Kaliah.

Si ses déclarations à la barre se voulaient accablantes contre le Colonel Bienvenu Lamah, à l’époque instructeur au centre de formation de la gendarmerie, elles ont été marquées par des variables notables.

Ces déclarations accablantes contrastent fortement avec le procès-verbal de témoin anonyme établi durant l’instruction. Une situation qui profite à la défense du Colonel Bienvenu Lamah, laquelle invite le tribunal à prendre acte de ces contradictions.

« C’est malheureusement le constat et nous pouvons en être heureux parce que tout cela confirme l’innocence de notre client. Depuis hier, depuis qu’il a commencé à déposer, le président même a rappelé ces différentes variations dans ses propos. Pour nous, ça prouve tout simplement que tout ce qu’il dit, ce sont des contre-vérités. Et si cela est acquis, il va falloir que le tribunal, logiquement, ne peut pas entrer en condamnation contre notre client », a déclaré Me Zézé Kalivogui.

Interrogé sur les éléments précis de contradiction dans la déposition du témoin principal, Me Kalivogui cite dans un premier temps l’état civil du témoin.

« Dans son PV sous anonymat, il déclarait que son père et sa mère étaient décédés. Pourtant, il a affirmé récemment avoir perdu sa mère tout dernièrement. Confronté à cela, le témoin à la barre a prétendu que sa tante était sa mère, ce qui est irrecevable lors d’une identification formelle », a-t-il relevé.

Ensuite, les circonstances de l’audition. Alors que le procès verbal mentionne qu’il a comparu spontanément, à la barre, Mamadi Soumaoro affirme avoir été sollicité par les magistrats pour ce qu’il qualifie de causerie.

Enfin, le grade et le parcours militaire. Selon Me Zézé Kalivogui, le témoin s’est présenté comme commando avec le grade de adjudant-chef.

« Cependant, il est arrivé à Kaléah en août. Il est inconcevable qu’entre août et le 28 septembre, soit en moins de deux mois, il ait pu acquérir un tel grade et cette qualification. C’est une contre-vérité flagrante », a-t-il indiqué l’avocat de la défense.

Enfin, l’avocat a souligné que lorsqu’un témoin varie autant dans ses déclarations, sa crédibilité se trouve lourdement entachée. Cela jette ainsi un doute raisonnable sur l’ensemble de ses accusations.

Alhassane Fofana

Lire l'article en entier