Polygamie en Guinée – Ces femmes qui revendiquent leur choix : “je n’ai pas de problème, du moment que j’ai ma voiture, ma maison et mes dépenses assurées”

il y a 3 heures 12
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Alors que le débat sur la polygamie continue de diviser l’opinion, certaines femmes revendiquent ouvertement leur adhésion à ce modèle conjugal. Entre convictions religieuses, organisation familiale et recherche d’harmonie, elles livrent des témoignages sans détour. Loin des discours convenus, elles évoquent leurs expériences, leurs attentes et leur vision d’un foyer partagé.

« Un bon médicament de repos dans un couple »

Pour M’Mah Soumah, la polygamie peut être une solution face aux tensions conjugales : « J’approuve la polygamie. C’est un bon médicament de repos dans un couple, parce que certains hommes sont trop embêtants. Quand il arrive chez toi, c’est toujours des problèmes : il n’est pas tolérant, il met trop de pression. Vivre avec un tel homme 365 jours par an, jour et nuit, c’est encombrant. Mais si vous êtes deux, cela te permet de te libérer la tête. Que ce soit deux jours par femme ou une semaine, selon la répartition, tu peux te reposer et être en compagnie de tes enfants.

Je n’ai pas peur d’avoir une coépouse. Parfois, ce sont les hommes eux-mêmes qui créent la rivalité et la discorde entre leurs femmes, parce que cela les arrange. Quand leurs femmes s’entendent bien, ils pensent que ce n’est pas dans leur intérêt : elles vont communiquer entre elles sur ses heures d’entrée et de sortie. Sinon, avec un homme responsable, qui s’assume, les femmes peuvent bien s’entendre. Mais quand l’homme n’est pas équitable entre ses femmes, c’est ce qui crée des problèmes en polygamie.

Sinon, c’est la meilleure vie de couple. Si l’homme peut assumer, c’est bien. Je dirais même à l’État de légaliser. Dans notre religion musulmane, il est dit qu’un homme peut épouser jusqu’à quatre femmes s’il est capable de les traiter équitablement. Donc ce n’est pas interdit par Dieu, pourquoi refuser une coépouse ? De toute façon, beaucoup d’hommes sont mariés et ont des maîtresses dehors : au lieu de continuer dans la fornication, il faut les épouser. »

Pour elle, tout repose sur la responsabilité et l’équité de l’homme.

« Vous montez ensemble, vous descendez ensemble »

Angeline Bèdymi Camara partage cet avis et met en avant les avantages organisationnels et sociaux de la polygamie : « Bien sûr, moi je suis pour la polygamie, compte tenu de beaucoup d’avantages. Je me dis que c’est reposant, tant sur le plan professionnel que dans la vie courante. Imaginez : vous êtes deux. Si tu es en congé de maternité et que tu accouches dans de bonnes conditions, ta “sœur”, ta coépouse, peut t’aider dans les tâches ménagères.

Sur le plan professionnel aussi, si l’une travaille et l’autre non, cela t’épanouit : quand tu quittes la maison, tu sais qu’il y a quelqu’un pour veiller sur tes enfants. Et si vous travaillez toutes les deux, vous pouvez vous organiser. »

Elle insiste également sur la solidarité et la cohésion familiale : « Ce n’est pas de la jalousie ni de l’orgueil. C’est quelque chose que nos parents ont connu. Quand il y a l’harmonie et le respect, je pense que c’est la meilleure vie. Tu n’es pas seule, vous vous soutenez mutuellement. »

Interrogée sur la position de l’Église et la réalité des couples chrétiens polygames, elle assume sa position : « Moi, je dirais d’autoriser la polygamie. Cela n’engage que moi, mais je pense que ça épanouit, du moment qu’il y a le respect. Vous montez ensemble, vous descendez ensemble. »

Elle évoque aussi l’impact social : « Avec la pléthore de femmes non mariées, la polygamie pourrait réduire la prostitution. On ne peut pas la bannir, mais cela pourrait diminuer. Une femme mariée ne fera pas les mêmes choix. »

Dans un message adressé aux hommes : « L’homme qui veut épouser deux ou trois femmes, s’il est responsable et capable de s’assumer, je l’encourage. Ce n’est pas possible qu’il les aime toutes de manière parfaitement égale, mais s’il y a au moins du respect et de la considération, on peut vivre ensemble. C’est le savoir-vivre, seulement cela. »

« Du moment où il respecte mes jours »

Dans un foyer déjà polygame, une femme mariée témoigne : « Je suis épanouie dans mon couple : mon mari a deux femmes. Quand il est chez moi, c’est mon mari ; quand il est chez ma coépouse, il devient son mari. Je n’ai pas de problème avec ça. Du moment où il respecte mes jours et m’accorde du respect, qu’il répond à mes besoins — j’ai ma voiture, ma maison, mes dépenses assurées — qu’est-ce qu’il me manque ? C’est aux hommes d’être responsables pour gérer deux femmes. Ce n’est pas un tabou. »

Christine Finda Kamano

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