Liberté de la presse : la Guinée s’enfonce dans la catégorie “difficile” dans le classement 2026 de RSF

il y a 2 heures 16
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Le nouveau classement mondial de la liberté de la presse publié le 29 avril 2026 par Reporters sans frontières dresse un constat alarmant : jamais, en vingt-cinq ans d’existence, la situation de la presse n’avait été aussi dégradée à l’échelle planétaire. Pour la première fois, plus de la moitié des pays évalués se trouvent désormais dans une situation jugée « difficile » ou « très grave ».

Au cœur de cette détérioration, un facteur ressort nettement : la montée d’un arsenal législatif restrictif, souvent justifié par les impératifs de sécurité nationale.

Résultat : la criminalisation du journalisme progresse, y compris dans des démocraties historiquement considérées comme des bastions de la liberté d’informer.

L’édition 2026 du classement confirme un recul généralisé, marqué par la baisse record du score moyen mondial. Parmi les faits marquants :
L’indicateur légal est celui qui chute le plus fortement, signe d’un encadrement de plus en plus strict du travail journalistique.

Les États-Unis, désormais 64e, perdent sept places.

En Amérique latine, plusieurs pays s’enfoncent dans la violence et la répression.

La Norvège conserve la première place pour la dixième année consécutive.

À l’opposé, l’Érythrée reste dernière pour la troisième année consécutive.

La Syrie, après la chute du régime de Bachar al-Assad, réalise la plus forte progression (+36 places).

Le Niger enregistre la plus forte chute (-37), symbole de la dégradation de la liberté de la presse au Sahel.

En Arabie saoudite, l’exécution du journaliste Turki al-Jasser en 2025 illustre la brutalité persistante contre les médias.

La Guinée en net recul

La Guinée recule de huit places et se positionne désormais 111e sur 180 pays, avec un score de 48,45. Sur trois ans, la tendance est encore plus marquée : 33 places perdues, traduisant une dégradation progressive de l’environnement médiatique.
Plus inquiétant encore, le pays change de catégorie : De « problématique » à « difficile». Ce basculement symbolise un resserrement tangible de l’espace médiatique. Sur le terrain, les signaux d’alerte se multiplient.

Selon RSF, les journalistes guinéens font face à la fermetures de médias, aux sanctions contre des reporters critiques, aux pressions économiques sur les rédactions et aux restrictions croissantes de l’accès à l’information.

Le classement met également en lumière l’écart qui se creuse avec plusieurs pays de la sous-région : Ghana (39e), Gambie (46e),Côte d’Ivoire (54e),Liberia (58e),Sénégal (78e) et Sierra Leone (79e).

Ce décalage régional souligne l’isolement progressif du pays sur la question des libertés médiatiques. Pour la Guinée, ce nouveau recul confirme une tendance lourde : l’environnement de l’information se durcit, tandis que l’écosystème médiatique apparaît de plus en plus vulnérable.

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