Conakry : Bah Oury lance le processus d’élaboration de la carte scolaire

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Le gouvernement guinéen franchit un cap décisif dans la réforme de son système éducatif. Ce mercredi 29 avril 2026, le Premier ministre Amadou Oury Bah a procédé au lancement officiel du processus d’élaboration de la carte scolaire nationale à Conakry. Un outil stratégique appelé à transformer en profondeur la gouvernance, la planification et la gestion du secteur éducatif. La cérémonie, qui a mobilisé plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres Alpha Bacar Barry et Ismaël Nabé, ainsi que des partenaires techniques et financiers, marque le point de départ d’un chantier structurant visant à corriger les déséquilibres persistants dans l’offre éducative à l’échelle nationale.

Placée sous la coordination de la Primature, cette initiative conjointe des ministères en charge de l’Éducation nationale et du Plan ambitionne de doter la Guinée d’un instrument intégré, fiable et évolutif. Objectif : renforcer durablement les capacités de pilotage du système éducatif à travers une approche innovante d’apprentissage-action, ancrée dans les réalités du terrain. À terme, la carte scolaire permettra une meilleure anticipation des besoins, une allocation plus rationnelle des ressources et une adaptation fine aux réalités démographiques, géographiques et socio-économiques du pays.

Prenant la parole, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a tenu à préciser le rôle d’appui technique de son département dans ce projet. Il a insisté sur la nécessité d’adosser toute politique publique à des données fiables et scientifiquement validées.

Ismaël Nabé, ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement

« La carte scolaire est avant tout un projet pensé, porté et piloté par le Ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Le rôle du Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement est celui d’un partenaire technique engagé au service de la qualité, de la rigueur et de la cohérence de ce processus. Pendant trop longtemps, notre système éducatif a été confronté à des défis structurels : une pression croissante sur les infrastructures, des affectations d’enseignants dictées par l’urgence, des implantations scolaires parfois insuffisamment alignées sur les réalités territoriales et démographiques. Ces défis appellent une réponse structurelle. Et cette réponse, c’est précisément la carte scolaire. Mais soyons clairs : une carte scolaire n’a de valeur que par la qualité des données qui la fondent. Elle n’a d’impact que si elle éclaire véritablement la décision publique. C’est dans cette perspective que l’Institut national de la statistique (INS), placé sous la tutelle de mon département, joue un rôle déterminant. À travers son expertise technique, l’INS apporte : la rigueur dans la collecte et le traitement des données ; la fiabilité dans leur validation scientifique ; la robustesse dans les modèles de projection. L’INS ne pilote pas la réforme, il en garantit la crédibilité. L’INS ne décide pas à la place du secteur, il éclaire ses décisions. Et c’est précisément cette articulation entre leadership sectoriel fort et appui technique rigoureux qui conditionnera le succès de ce chantier », a-t-il indiqué.

Dans la même dynamique, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a insisté sur la portée stratégique de cet outil, véritable instrument de souveraineté et de planification.

Alpha Bacar Barry, ministre de l’Éducation, de l’alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle

« Monsieur le ministre du Plan l’a si bien dit, c’est la carte scolaire de la République de Guinée et non celle du ministère de l’Éducation, parce que c’est un instrument de souveraineté, c’est un instrument de planification, c’est un instrument de micro-management. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision de transformation nationale portée par nos gouvernements à travers le programme Simandou 2040, qui place le développement du capital humain au cœur de notre stratégie de développement. En effet, aucune nation ne peut réussir sa transformation économique et sociale sans un système éducatif inclusif, solide, équitable et performant. Ces dernières années, notre pays a réalisé des progrès importants, notamment dans l’extension de l’accès à l’éducation. Cependant, nous sommes confrontés à des défis majeurs : l’augmentation de la population, la croissance exponentielle, la disparité territoriale d’accès à l’éducation et les besoins croissants en infrastructures scolaires et en enseignants, qu’il faut aussi questionner. Pour relever ces défis, nous devons impérativement améliorer la planification de notre système éducatif. C’est en cela que la carte scolaire constitue un instrument stratégique de planification et de pilotage du système éducatif. Elle permettra d’assurer une meilleure répartition des infrastructures scolaires, des ressources humaines et des équipements, en tenant compte des réalités démographiques, géographiques et socio-économiques de notre pays. Monsieur le Premier ministre, nous avons commencé par les classes de CEP, d’abord en réformant les programmes, en commandant des manuels et en les distribuant. Nous n’avons aucun outil pour suivre ces manuels aujourd’hui. Il faudra que cet outil que nous développons puisse nous aider non seulement à identifier chacun des manuels distribués, mais aussi à assurer leur recyclage. Environ 30 millions d’euros ont été investis dans ce projet d’impression des manuels. Si nous ne les suivons pas, ces 30 millions seront perdus. Cet outil permet de préserver à la fois les équipements, de répartir correctement les effectifs, mais surtout de planifier la construction. C’est en cela que la carte scolaire constitue un instrument stratégique de planification et de pilotage. Elle permettra d’assurer une meilleure répartition des infrastructures. Il est indispensable de disposer de données fiables pour orienter nos décisions. C’est tout le sens du processus que nous lançons aujourd’hui. Elle vise aussi à améliorer l’accès et à rendre cet accès équitable à l’éducation pour tous les enfants, en particulier les filles, dans les zones rurales », a précisé le ministre Alpha Bacar Barry.

Clôturant la rencontre, le Premier ministre Amadou Oury Bah a positionné la carte scolaire comme une réponse directe aux inégalités territoriales et un impératif constitutionnel.

Amadou Oury Bah, Premier ministre

« Un État qui n’est pas en mesure d’avoir les instruments lui permettant d’assurer une gouvernance cohérente de l’ensemble des secteurs qui relèvent de sa responsabilité ne pourra pas être efficace. Il y aura une déperdition des ressources et, au fur et à mesure, une insatisfaction de la population parce que les besoins et les attentes ne seront pas tout à fait en conformité avec ce qui sera fait. C’est ce qui nous est arrivé pendant très longtemps. Et à la longue, vous avez des disparités, des inégalités, des iniquités : des territoires qui sont pratiquement des déserts scolaires ou des déserts sur le plan de la santé, parce que la carte scolaire de la République de Guinée n’est qu’une première étape ; nécessairement, il nous faudra la carte sanitaire de la République de Guinée. Donc vous déblayez le terrain pour que la carte sanitaire puisse être conçue avec la même efficacité et la même rapidité. Pourquoi ? Les Guinéens ont voté et adopté une Constitution. Et cette Constitution est l’alpha et l’oméga de toutes les politiques publiques, parce que ce sont les droits constitutionnels des citoyens guinéens qui ont été transcrits dans ce texte que nous devons respecter. Quel que soit le gouvernement, il doit respecter la Constitution de la République de Guinée. Et cette Constitution nous impose le droit à l’éducation jusqu’à l’âge de 16 ans. Nous avons l’obligation de faire en sorte que tous les droits constitutionnels des citoyens soient respectés : le droit à l’éducation, le droit à la santé. Donc cela va se décliner avec la mise en œuvre des instruments nous permettant de le faire. Si on n’a pas la carte scolaire, on ne le pourra pas. Si on n’a pas la carte sanitaire, on ne le pourra pas. Si on n’a pas les budgets alloués, on ne le pourra pas. D’où la nécessité d’une rationalisation de l’ensemble de nos politiques, quels que soient les secteurs. D’où, de plus en plus, l’interministérialité et la mise en œuvre des réformes pour que nous puissions être, comme disent les informaticiens, “update” », a-t-il déclaré.

La cérémonie s’est achevée sur une note d’optimisme partagé, les différents acteurs saluant une initiative qui, si elle est menée à terme, pourrait constituer un levier déterminant pour bâtir un système éducatif plus équitable, performant et adapté aux défis du développement en Guinée.

Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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