Liberté de la presse: la Guinée chute à la 111e place du classement 2026 de RSF

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La situation de la liberté de la presse continue de se dégrader en Guinée, selon le classement mondial 2026 publié le 29 avril par Reporters sans frontières. Le pays enregistre une baisse de huit places, se positionnant désormais au 111e rang sur 180, avec un score de 48,45. Ce recul traduit une détérioration progressive de l’environnement médiatique et met en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les professionnels de l’information.

D’après les constats établis par RSF, le régime issu du coup d’État de septembre 2021 n’a pas respecté ses engagements initiaux en matière de liberté de la presse. L’année 2024, suivie de l’élection du président Mamadi Doumbouya à la présidence fin 2025, a marqué un tournant dans la répression des médias privés. Plusieurs organes critiques ont été censurés, tandis qu’un journaliste a été enlevé.

Sur le plan politique, Reporters sans frontières note que,  « les autorités de transition, qui s’étaient pourtant engagées auprès de RSF à garantir la liberté de la presse dès octobre 2021, ont multiplié les atteintes. La Haute Autorité de la communication (HAC) est notamment accusée d’adopter une ligne plus dure envers les médias indépendants ».  Et de poursuivre «  qu’en décembre 2023, elle a retiré trois chaînes de télévision de bouquets, invoquant des raisons de  sécurité nationale. »

Par ailleurs, le blocage des réseaux sociaux pendant trois mois début 2024 a également été justifié par un « problème sécuritaire ».

Sur le plan légal, bien que la loi de 2010 sur la liberté de la presse ait supprimé les peines privatives de liberté pour les délits de presse, des cas de contournement persistent. RSF note, qu’en 2024, un journaliste a été détenu pendant un mois et demi avant d’être condamné à une peine de six mois avec sursis. Plusieurs professionnels ont également été convoqués ou arrêtés, notamment en octobre 2023 et en janvier 2024. Par ailleurs, la loi sur l’accès à l’information publique, adoptée en novembre 2020, reste toujours non appliquée.

Toujours dans le rapport de RSF, il est mentionné que le contexte économique a aggravé la fragilité du secteur.

«  Les médias publics bénéficient d’un accès privilégié aux événements officiels et aux communications gouvernementales, au détriment des médias privés. Ces derniers, dépendants des annonceurs, subissent de plein fouet les effets de la censure. L’interdiction de plusieurs médias critiques en mai 2024 a ainsi entraîné la perte de plus de 700 emplois. », lit-on dans ce rapport

Sur le plan socioculturel, certains sujets sensibles comme l’homosexualité, la polygamie ou les violences conjugales sont abordés avec prudence. Des journalistes traitant de thématiques telles que les mutilations génitales féminines ou le mariage forcé sont parfois la cible de pressions de groupes religieux.

Enfin, dans le contexte sécuritaire, la situation des journalistes demeure une préoccupation majeure. Reporters sans frontières note que «  des arrestations arbitraires, agressions et menaces se sont multipliées en 2024. La fin d’année a été marquée par l’enlèvement du journaliste critique Habib Marouane Kamara, toujours porté disparu. Certains professionnels sont contraints à l’exil, tandis que ces violences restent, dans leur grande majorité, impunies. Le secrétaire général du principal syndicat de la presse, Sékou Jamal Pendessa, a également été détenu plus d’un mois pour avoir voulu organiser une manifestation en faveur de la liberté de la presse. »

Notons, que ce tableau préoccupant confirme une tendance à la restriction de l’espace médiatique en Guinée, dans un contexte politique et sécuritaire de plus en plus contraignant pour les acteurs de l’information.

Sam Bantignel

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