Koliady 1 (Kindia) : des femmes qui survivent grâce aux déchets, au péril de leur santé

il y a 6 heures 21
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« Les déchets des uns deviennent la survie des autres »

À la périphérie de Kindia, dans le quartier Koliady 1, un quotidien rude se joue loin des regards : des femmes fouillent chaque jour les montagnes de déchets à ciel ouvert pour subvenir aux besoins de leurs familles. À mains nues, sans gants, sans masques ni bottes, elles manipulent des détritus parfois toxiques. Un labeur éreintant, dangereux, mais vital pour ces mères de famille.

« Nous venons dans cette décharge pour chercher des objets recyclables que nous revendons afin de nourrir nos enfants », confie Sayon Camara, ramasseuse de plastiques. « Nous trions le plastique et d’autres objets pour les revendre au marché, juste pour avoir de quoi faire vivre nos enfants », ajoute-t-elle, les mains noircies par des heures de tri.

Comme elle, Namary Camara et Tata Camara sillonnent chaque jour les ordures de Koliady 1 dans des conditions sanitaires alarmantes. « C’est la pauvreté qui nous oblige à pratiquer cette activité. Nous avons des enfants, nos maris ne travaillent pas, alors nous faisons ce que nous pouvons pour survivre », explique Namary, qui réclame un soutien pour se protéger des maladies.

Tata, elle, alerte sur la souffrance silencieuse des femmes de la décharge :

« Nous ne sommes pas protégées. Pas de bottes, pas de gants, ni de bavettes. Nous sommes exposées à toutes sortes de maladies, mais nous n’avons pas le choix. »

Le plastique collecté est revendu à bas prix à des intermédiaires, permettant à ces familles de se procurer un peu de nourriture. Un geste de survie dans un contexte d’urgence environnementale.

De son côté, Seydouba Sylla, gestionnaire de la décharge, reconnaît la précarité de la situation : « Ces femmes ne sont pas protégées. Chaque matin, nous faisons des séances de sensibilisation, mais cela ne suffit pas. Elles participent à réduire la quantité de déchets, ce qui prolonge la durée de vie de la décharge. Il est urgent de les accompagner : gants, bottes, médicaments, consultations… leur santé est en jeu. »

Au-delà de l’aspect écologique, cette activité révèle une réalité sociale brutale : pour certaines familles, les déchets des uns deviennent la survie des autres. Une situation qui interpelle sur la nécessité de politiques de protection et d’inclusion en faveur de ces femmes invisibles, pourtant au cœur de la chaîne du recyclage.

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