Guerre en Ukraine : trois Guinéens morts, six disparus révélés par un rapport d’enquête

il y a 2 heures 13
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Le rapport d’enquête intitulé « Le Business du désespoir », publié en février 2026 par le collectif All Eyes On Wagner, continue de susciter débats et indignation dans plusieurs pays africains. Fondé sur l’analyse de bases de données, de listes de recrutement et de témoignages recoupés par l’organisation INPACT, le document met en lumière la présence d’au moins neuf ressortissants guinéens au sein des forces russes engagées dans la guerre en Ukraine.

Parmi ces neuf Guinéens identifiés, trois ont officiellement perdu la vie sur le champ de bataille. Il s’agit de Mamadou Saliou Diallo et de Lamine Sidibé, présentés comme les premiers Guinéens tombés lors des offensives de l’été 2025, ainsi que d’Abdoulaye Condé, dont le décès a été confirmé par des sources hospitalières.
Les six autres ressortissants mentionnés dans le rapport sont considérés comme actifs ou portés disparus. Les corps des combattants décédés, souvent restés sur le front ou inhumés anonymement, font l’objet de demandes de rapatriement formulées par leurs familles. Celles-ci se heurtent à des procédures longues et à l’absence d’informations précises sur les circonstances des décès.

Au total, l’étude d’INPACT recense 1 417 recrues africaines au sein des forces armées russes et de sociétés militaires privées associées.
Le classement par nationalité, établi selon le nombre le plus élevé de ressortissants identifiés, place l’Égypte en tête avec 361 hommes, suivie du Cameroun (335) et du Ghana (234). Viennent ensuite l’Algérie (56) et la Gambie (56), le Mali (51), le Kenya (45), le Nigeria (36), l’Afrique du Sud (32), le Maroc (28), le Burundi (19), le Togo (18), le Soudan (17), le Bénin (15) et le République du Congo (15).

Le Sénégal compte 14 ressortissants, la Côte d’Ivoire 11 et l’Éthiopie 10. La Guinée apparaît avec neuf noms, au même niveau que le Niger, la Sierra Leone et la Tanzanie. La Tunisie et l’Ouganda en comptent sept chacun, la Libye et le Zimbabwe six, la Mauritanie trois, tandis que l’Angola, la République centrafricaine, le Tchad, la Somalie et la Zambie en recensent deux chacun. Le Gabon, Madagascar et le Rwanda apparaissent avec un seul ressortissant.

Le profil des recrues met en évidence une forte proportion de jeunes adultes. L’âge moyen observé est de 31 ans, avec une surreprésentation de la tranche 18-25 ans, qui totalise 150 ressortissants recensés. Le plus âgé est un Égyptien de 57 ans, tandis que le plus jeune, âgé de 18 ans, est ghanéen.
Le rapport relève également des anomalies dans l’enregistrement des identités. Certaines recrues portant des noms à consonance d’Afrique centrale sont déclarées de nationalité algérienne, tandis que d’autres apparaissent sous des patronymes à consonance russe. Les auteurs évoquent l’hypothèse d’erreurs administratives, certaines recrues étant « placées par défaut dans le premier pays disponible commençant par la lettre ».

Au-delà des chiffres, l’enquête décrit un système de recrutement reposant sur la vulnérabilité économique et les aspirations migratoires, avec des promesses de rémunérations élevées, de régularisation administrative ou de formations militaires.

Pour la Guinée, la présence de neuf ressortissants dans ces rangs, dont trois décès confirmés, soulève des interrogations sur les filières de recrutement, les conditions de départ et l’absence de mécanismes de suivi des candidats à l’émigration. Elle met également en lumière la détresse des familles, toujours dans l’attente d’informations officielles et du rapatriement des dépouilles, dans un contexte où les responsabilités restent difficiles à établir et où les démarches diplomatiques apparaissent limitées.

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