Flambée des prix à Kankan : les vendeuses de poissons et de poulets crient leur ras-le-bol

il y a 3 heures 14
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La tension est montée d’un cran ce mardi matin dans les marchés de Kankan. Des vendeuses de poissons et de poulets importés, soutenues par plusieurs commerçants, sont sorties dans la rue pour dire stop à la hausse jugée abusive et incontrôlée des prix des produits halieutiques.

À quelques semaines du mois de Ramadan, la situation est devenue explosive.

Au cœur de la colère, les frigorifiques, accusés d’augmenter les prix presque quotidiennement, sans explication ni concertation. Une pratique qui, selon les manifestantes, asphyxie les petits revendeurs et les pousse droit vers l’endettement.

« Ce matin encore, les frigorifiques ont augmenté le prix du poisson. C’est comme ça chaque jour. Nous ne gagnons plus de bénéfices. Nous sommes sorties pour qu’ils diminuent les prix afin que nous puissions nourrir nos enfants. Tant qu’ils ne baisseront pas les prix, nous n’ouvrirons pas. Nous sommes toutes endettées », lance Saran Sidibé, la voix chargée de fatigue et de colère.

Dans les marchés, la détresse est générale. Plusieurs vendeuses affirment être prises à la gorge par les dettes, sans perspective d’amélioration. « Nous sommes toutes endettées ici. Ils n’ont qu’à avoir pitié des femmes, pour l’amour de Dieu. Nous souffrons énormément », insiste la même interlocutrice.

La flambée des prix est brutale. Fatoumata Sidibé évoque des hausses qui défient toute logique commerciale. « Le carton de poisson qu’on achetait à 300 000 francs est passé à 460 000 francs. Nous sommes fatiguées. Les frigorifiques font ce qu’ils veulent actuellement », déplore-t-elle.

Les hommes du secteur confirment le malaise. Oumar Touré, vendeur de poissons et de poulets, décrit une spirale inflationniste qui pénalise à la fois les commerçants et les consommateurs. « Nous sommes sortis aujourd’hui pour manifester parce que le prix du poisson et du poulet ne fait qu’augmenter. Un carton de poisson vendu auparavant à 220 000 francs est aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 francs. Le carton de poulet, qui coûtait 210 000 francs, se vend maintenant à 250 000, 350 000 voire 360 000 francs. À l’approche du Ramadan, la population ne mange plus bien et nous ne gagnons plus de bénéfices », explique-t-il.

La contestation a rapidement pris une tournure plus radicale. Dans la foulée des manifestations, plusieurs entrepôts et chambres froides ont été cadenassés, perturbant l’approvisionnement en poissons et en poulets importés dans certains marchés de la ville. Les protestataires préviennent : le blocage pourrait durer. « Nous sommes en train de cadenasser les frigos jusqu’à ce qu’il y ait un consensus. Nous voulons juste que les prix baissent pour que la population puisse bien manger », insiste Oumar Touré.

Du côté des autorités, le silence domine. Sollicitée, l’Inspection régionale de la pêche et de l’économie maritime n’a pas souhaité réagir, évoquant le fait de ne pas avoir encore été officiellement saisie du dossier.

À Kankan, cette mobilisation met en lumière une réalité sociale de plus en plus lourde : cherté de la vie, marges inexistantes, petits commerçants étranglés. Dans ce contexte, les regards se tournent désormais vers le nouveau ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fassou Théa, attendu sur des mesures concrètes pour freiner l’inflation dans un secteur vital pour l’alimentation des populations.

Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09 60

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