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À environ 14 kilomètres de Kankan, dans la sous-préfecture de Karimoriah, le village de Koloni abrite une pratique traditionnelle de prise en charge des troubles mentaux transmise de génération en génération. Au cœur de cette initiative, Fah Kanté, guérisseur, poursuit une activité héritée de son père depuis plus de deux décennies.
Rencontré à son domicile le mardi 14 avril 2026, vêtu d’un boubou, Fah Kanté explique avoir repris cette pratique après le décès de son père, Karamo Mamady Oulen. « C’est mon papa qui faisait ce travail. Je l’aidais à faire son travail. Quand il est décédé, j’ai pris sa place. C’est ainsi que j’ai commencé ce travail », confie-t-il.
Depuis 2001, il affirme exercer cette activité sans interruption. « J’ai commencé ce travail depuis 2001 jusqu’à présent, je continue de le faire. Les gens ont eu beaucoup d’avantages dans mon travail parce que je ne connais plus le nombre de fous que j’ai guéris par la grâce de Dieu. Les gens viennent me remercier beaucoup », ajoute-t-il.
Dans ce village, le guérisseur reçoit régulièrement des patients venus de différentes localités. « Dans le mois, je peux recevoir 20 à 30 fous. Par la grâce de Dieu, je peux guérir jusqu’à 10 à 15 fous », indique-t-il.
La prise en charge repose sur un système de reconnaissance différée. « Quand je guéris un fou, il doit payer une vache, mais on envoie cela seulement quand il est guéri », précise Fah Kanté.
Une organisation interne face à un nombre élevé de patients
Actuellement, le guérisseur affirme suivre plus de 60 malades mentaux, dont quelques femmes. « Il y a quelques femmes parmi eux. Les femmes sont avec moi dans ma maison, les hommes sont derrière », explique-t-il.
Face aux risques liés à la gestion d’un tel nombre de patients, une organisation spécifique est mise en place. « Les fous qui agressent et crient sur les gens dans le village sont logés derrière la maison. Ceux qui commencent à récupérer leur esprit sont chez moi », détaille-t-il.
Il reconnaît également le recours à des mesures de contrainte dans certains cas. « Ce n’est pas tous les fous qu’on enchaîne. Il y en a d’autres à qui on met des chaînes pour éviter qu’ils s’enfuient, surtout ceux qui agressent les gens », affirme-t-il. Selon lui, « ceux qui sont complètement guéris sont libérés ».
Une approche basée sur la vie collective
Fah Kanté insiste sur l’importance de l’environnement social dans le processus de prise en charge. « Ce qui empire la maladie d’un fou, c’est quand tu l’isoles. Mais s’il est avec ses amis, cela peut l’aider à retrouver son esprit », estime-t-il.
Il affirme par ailleurs qu’aucun incident grave n’a été enregistré. « Un fou n’a jamais frappé ni insulté quelqu’un dans ce village, même hors du village pour le moment. Même moi, ils ne m’ont pas agressé », assure-t-il.
Un manque de soutien institutionnel
Malgré l’ampleur de l’activité, Fah Kanté indique ne bénéficier d’aucun appui des autorités. « Non, je ne travaille pas avec le gouvernement et aucun membre du gouvernement ne m’a encore aidé. J’ai cherché de l’aide auprès du district, de la sous-préfecture et même de la préfecture de Kankan », déplore-t-il.
Face aux conditions de prise en charge, il exprime des besoins. « J’ai vraiment besoin d’un logement pour les fous et aussi pour assurer leur sécurité », lance-t-il.
Entre pratiques traditionnelles et défis contemporains
À Koloni, cette initiative met en lumière les réalités de la prise en charge des troubles mentaux en milieu rural, où les structures modernes restent limitées. Entre héritage familial, pratiques traditionnelles, conditions matérielles précaires et absence d’accompagnement institutionnel, l’activité de Fah Kanté s’inscrit dans un contexte où les réponses aux enjeux de santé mentale demeurent diverses et parfois controversées.
Karifa Kansan Doumbouya, de retour de Koloni
622- 47 -09- 60
L’article Fah Kanté, guérisseur à Koloni (Kankan) : « Dans le mois, je peux recevoir 20 à 30 “fous”. Par la grâce de Dieu, je peux guérir jusqu’à 10 à 15 “fous” » est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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