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En présence du Président de la République, Mamadi Doumbouya, des membres du gouvernement, des représentants diplomatiques et des institutions internationales, le Ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités (MFFS) a célébré en différé, ce mercredi 15 avril 2026, la Journée internationale des droits des femmes, sous le thème « Assurer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles ».

La cérémonie a été marquée par des discours appelant à renforcer l’effectivité des droits et à lever les obstacles persistants.
Sur la pelouse comme dans les tribunes, des femmes venues de toutes les régions de Guinée — issues de l’administration publique, du secteur informel ou exerçant des activités domestiques — étaient vêtues de tenues arborant le motif du Leppi du Fouta-Djalon. À travers cette mobilisation, elles ont salué les avancées enregistrées tout en interpellant les décideurs sur les nombreux défis persistants, notamment en matière d’accès à la justice, d’autonomisation et d’application effective des textes.

Prenant la parole, la gouverneure de la ville de Conakry, M’Mahawa Camara, a, au nom du Conseil de ville et des femmes de la capitale, exprimé sa gratitude aux autorités pour l’amélioration progressive des conditions de vie des populations. Elle a également souhaité la bienvenue au chef de l’État, rappelant son engagement en faveur des femmes et des jeunes.

« Il est à rappeler que, lors de son discours d’investiture, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, a dédié son septennat aux femmes et aux jeunes de Guinée. Dans la même optique, le thème choisi cette année par les Nations Unies est en droite ligne avec sa vision : “Droit, justice, action pour toutes les femmes et les filles”. C’est pourquoi il est indispensable pour nous, les femmes, garantes de toute stabilité et baromètre de la société, d’unir nos efforts afin de lutter contre toute forme de discrimination et de violence, pour une justice équitable pour tous. »

De son côté, le représentant résident du Système des Nations Unies à Conakry, Diego Zorrilla Orsat, a souligné que la reconnaissance des droits constitue une étape essentielle, mais insuffisante sans actions concrètes, politiques publiques inclusives et moyens adéquats :
« Les Nations Unies et l’ensemble des partenaires de la Guinée sont engagés à vos côtés pour accompagner la mise en œuvre de cette vision nationale portée par le programme Simandou 2040, afin de favoriser des transformations structurelles qui bénéficieront pleinement aux femmes et aux filles de Guinée. Que cette Journée internationale des femmes soit non seulement un moment de célébration, mais surtout un moment d’engagement renouvelé à agir ensemble — États, société civile, partenaires et communautés — afin que le visage des femmes de Guinée soit désormais associé à la réussite, à la dignité et au progrès. »

Au nom du Conseil national des femmes et filles de Guinée, Adama Denise Diaby a rappelé que, malgré certaines avancées, de nombreux défis demeurent.
« En matière d’éducation, les inégalités existent encore, limitant l’accès des filles à un parcours scolaire, professionnel et universitaire. Sur le plan de l’emploi, les femmes restent moins actives que les hommes et sont majoritairement concentrées dans le secteur informel, souvent précaire. Concernant les violences basées sur le genre, la situation demeure préoccupante avec une forte tolérance sociale et un accès encore limité à la justice pour de nombreuses victimes. En matière de participation politique, les femmes restent sous-représentées malgré les engagements du gouvernement. Ces réalités ne sont pas que des statistiques, elles traduisent des inégalités structurelles qui freinent le développement de notre pays. Face à cela, il faut défendre et promouvoir les droits des femmes et des filles, et se fédérer autour d’une vision commune pour produire des changements concrets et mesurables, en transformant notre majorité démographique en puissance économique, en influence sociale et en leadership politique », a-t-elle plaidé.

Remerciant le chef de l’État pour sa présence, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités a rappelé la portée du thème retenu cette année :
« Assurer et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles renvoie à une réalité encore préoccupante. De nombreuses femmes rencontrent encore des difficultés pour faire valoir leurs droits en raison du coût des procédures, de l’éloignement des services, du manque d’information, mais aussi des pressions sociales. »
Malgré ces contraintes, la ministre Pauline Patricia Adeline Lamah a appelé à reconnaître les progrès réalisés : « La Guinée dispose aujourd’hui de cadres importants : la politique nationale du genre, la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, les guichets uniques de prise en charge, ainsi que plusieurs projets et structures de protection. L’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de décision constitue également une avancée significative. Mais entre les textes et la réalité, il existe encore des écarts. C’est sur ces écarts que nous devons agir, parce que l’accès à la justice doit devenir une réalité pour chaque femme, dans chaque localité de notre pays. Au cours du mois de mars, des actions concrètes ont été menées. La visite à la maison centrale de Conakry a permis de mettre en lumière des situations de vulnérabilité. À l’issue des démarches engagées, neuf femmes ont recouvré la liberté », a-t-elle expliqué.
Selon la ministre, l’accès à la justice ne se limite pas à l’existence de tribunaux : « C’est aussi la capacité pour chaque femme d’être écoutée, accompagnée et protégée. C’est pourquoi nous devons poursuivre les efforts, rendre la justice plus accessible, améliorer la prise en charge des victimes, renforcer la présence des femmes dans le système judiciaire et développer des mécanismes d’assistance juridique. Il est également essentiel de rappeler qu’une femme sans autonomie économique reste plus vulnérable. C’est pourquoi l’autonomisation économique des femmes doit être une priorité. En Guinée, les femmes représentent 51,8 % de la population. Elles doivent donc être pleinement présentes dans les décisions, dans l’économie et dans les opportunités. »
Au-delà des politiques publiques, la ministre a insisté sur la nécessité d’un changement de mentalités et d’une application rigoureuse des textes :
« À nos filles, nous devons dire : vous pouvez. À nos garçons, nous devons apprendre le respect. Les priorités sont claires : renforcer l’accès à la justice, assurer l’application des textes et accélérer l’autonomisation des femmes. C’est dans cette dynamique que la vision portée par le chef de l’État nous engage à aller plus loin. Je voudrais saluer les femmes de Guinée, celles qui travaillent, celles qui se battent et celles qui contribuent chaque jour au développement de notre pays. Elles sont une force essentielle pour notre nation. Garantir les droits des femmes, c’est renforcer la justice et le développement de notre pays, car aucune nation ne peut avancer pleinement en laissant une partie de sa population en retrait. »
En conclusion, la ministre a rendu un hommage appuyé aux femmes disparues, notamment celles décédées des suites de complications liées à la maternité ou de violences basées sur le genre :
« Je ne saurais terminer sans avoir une pensée empreinte de respect et de recueillement pour toutes celles qui ne sont plus parmi nous : celles parties trop tôt, celles qui ont perdu la vie en donnant la vie, victimes de complications liées à la maternité faute d’un accès suffisant à des soins adéquats, celles qui ont succombé aux violences conjugales, familiales ou communautaires, celles emportées par des pratiques néfastes, par la précarité, par l’abandon ou par le silence imposé face à l’injustice. Leur mémoire nous oblige et nous interpelle collectivement, car elle rappelle avec gravité l’urgence de garantir à chaque femme et chaque fille le droit fondamental à la vie, à la protection et à l’accès effectif à la justice », a-t-elle souligné, tout en saluant les anciens responsables et ministres ayant contribué à la promotion des droits des femmes en Guinée.
Mamadou Yaya BARRY
L’article Droits des femmes en Guinée : accès à la justice au cœur d’une célébration présidée par le président Doumbouya est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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