La Journée des droits des femmes célébrée en différé en Guinée : un appel fort à la justice et à l’égalité

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La Journée internationale des droits des femmes a été célébrée en différé cette année en Guinée, ce mercredi 15 avril 2026, en raison de sa coïncidence avec le mois de Ramadan, période de recueillement pour les fidèles musulmans. Ce report n’a toutefois pas entamé l’engouement autour de l’événement. Ce mercredi, le stade Petit Sory de Nongo, dans la commune de Lambanyi, a accueilli une mobilisation remarquable marquée par une forte participation féminine venue des quatre coins du pays. Vêtues du traditionnel « N’gara » de la Moyenne-Guinée, les participantes ont célébré la journée dans une ambiance festive, ponctuée de chants, de danses et de sourires. Placée sous le thème « Assurer la justice pour toutes les femmes et les filles de Guinée », la cérémonie a également pris une dimension engagée, a constaté sur place Guineematin.com à travers ses reporters.

Autorités administratives, activistes, femmes en uniforme et civiles ont répondu présentes. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a pris part à la célébration, témoignant de l’importance accordée à cette journée.

Dans son intervention, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Adeline Lamah, a dressé un état des lieux sans complaisance. Elle a souligné que l’accès à la justice demeure encore difficile pour de nombreuses femmes, en raison du coût des procédures, de l’éloignement des services, du manque d’informations et des pressions sociales.

Patricia Adeline Lamah, ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités

« Le thème retenu cette année, assurer et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, renvoie à une réalité encore préoccupante. De nombreuses femmes rencontrent des difficultés pour faire valoir leurs droits, en raison du coût des procédures, de l’éloignement des services, du manque d’informations, mais aussi des pressions sociales. Dans ces conditions, l’égalité devant la loi reste un objectif qui demande des efforts constants. Il faut néanmoins reconnaître les progrès réalisés. La Guinée dispose aujourd’hui de cadres importants : la politique nationale genre, la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, les guichets uniques de prise en charge, l’action de l’OPROGEM et des structures de protection. L’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de décision constitue également une avancée significative », a-t-elle souligné.

Poursuivant son discours, la ministre a insisté sur l’écart persistant entre les textes et leur application effective. Elle a cité, à titre d’exemple, la visite effectuée à la Maison centrale de Coronthie, qui a permis de mettre en lumière des situations de vulnérabilité. À l’issue des démarches entreprises, neuf femmes ont recouvré la liberté. Elle a salué l’implication des autorités dans cette issue favorable, estimant qu’une action publique attentive peut produire des résultats concrets.

Abordant l’autonomisation économique, Patricia Adeline Lamah a rappelé qu’une femme sans indépendance financière demeure plus vulnérable. Elle a souligné que les femmes représentent 51,8 % de la population guinéenne et doivent être pleinement impliquées dans les décisions économiques et politiques. Elle a également appelé à un changement des mentalités, en encourageant les filles à croire en leurs capacités et en sensibilisant les garçons au respect.

De son côté, la gouverneure de la ville de Conakry, la générale M’Mahawa Sylla, a rappelé la vision des autorités, qui placent les femmes et les jeunes au cœur des priorités nationales. Elle a insisté sur la nécessité pour les femmes d’unir leurs efforts afin de lutter contre les discriminations et les violences, pour une justice équitable.

Générale M’Mahawa Sylla, gouverneure de la ville de Conakry

« Il est à rappeler que le président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya, a dédié, dans son discours d’investiture, son septennat aux femmes et aux jeunes de Guinée. Dans la même optique, le thème choisi cette année par les Nations Unies est en droite ligne avec cette vision : “Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles”. C’est pourquoi il est indispensable pour nous, les femmes, garantes de la stabilité et baromètres de la société, d’unir nos efforts afin de lutter contre toute forme de discrimination et de violence, pour une justice équitable pour tous », a déclaré la gouverneure.

Le représentant des Nations Unies en Guinée, Diego Zorrilla Orsat, a salué la diversité et le rôle central des femmes guinéennes dans tous les secteurs d’activité. Il a rappelé que cette journée doit être à la fois une célébration et un appel à l’action, en soulignant l’importance de politiques publiques inclusives en matière d’emploi, de santé, d’éducation et de protection sociale.

Diego Zorrilla Orsat, représentant des Nations Unies en Guinée

« Nous célébrons les femmes des villes et des campagnes, celles qui dirigent, entreprennent, cultivent la terre, éduquent, soignent et transmettent les savoirs et les valeurs, souvent dans des conditions exigeantes et parfois invisibles. Cette diversité est une richesse. Elle nous rappelle que les pays ne se construisent pleinement que lorsque toutes leurs femmes avancent ensemble. Cette journée n’est pas seulement une célébration, elle est aussi un appel à l’action. Le thème retenu nous rappelle une réalité fondamentale : il existe encore un écart important entre les droits proclamés et leur effectivité dans la vie quotidienne. La reconnaissance des droits est un début. Elle doit s’accompagner d’actions concrètes, de politiques publiques inclusives en matière d’emploi, de santé, d’éducation et de protection sociale, ainsi que d’une justice accessible à toutes et à tous », a-t-il laissé entendre.

Prenant la parole au nom des femmes de Guinée, Adama Denise Diaby a formulé plusieurs attentes. Elle a plaidé pour l’application effective du quota de 30 % dans les postes nominatifs et électifs, le renforcement du Conseil national des femmes et filles de Guinée, ainsi que la poursuite des appuis financiers aux femmes entrepreneures.

Adama Denise Diaby, porte-parole des femmes à cette cérémonie

« Nous demandons également le renouvellement des appuis financiers aux femmes entrepreneures, l’octroi de huit frigos à poisson de grande capacité pour les régions et la ville de Conakry, ainsi que la construction de marchés. Le Conseil national des femmes de Guinée, ainsi que toutes les faîtières féminines, tiennent à réaffirmer leur soutien au programme Simandou 2040, qui s’inscrit dans une vision inclusive prenant en compte les aspirations des femmes », a-t-elle déclaré.

Cette célébration différée aura ainsi été à la fois festive et porteuse de revendications, marquant une volonté collective de renforcer l’accès à la justice, l’autonomisation et la participation des femmes au développement du pays.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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