Eaux usées, déchets et maladies : constat glaçant dans les quartiers à risque

il y a 2 heures 11
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Dans plusieurs quartiers de la capitale, les eaux usées serpentent à ciel ouvert entre les habitations. Mélangées aux ordures ménagères, elles dessinent un paysage insalubre devenu presque banal pour les riverains.

À les quartiers de Yattaya, Enta, Matoto ou encore Ratoma, les caniveaux obstrués débordent régulièrement. Les eaux stagnantes s’accumulent au cœur des concessions, exposant les habitants, notamment les enfants, à de graves risques sanitaires.

« Ici, les enfants tombent souvent malades. Ils jouent dans ces eaux stagnantes, loin du regard des parents », confie une mère de famille à Yattaya, montrant du doigt une rigole nauséabonde à quelques mètres de sa maison.

Elle dénonce les constructions anarchiques dans les quartiers : « les gens ont construit sans prévoir l’espace pour l’écoulement des eaux usées. Certains déversent même les eaux sales sur la route, entre les maisons. Il y en a qui laissent couler l’eau des toilettes dehors parce que la fosse septique est pleine. Nous vivons un véritable martyr ici. C’est un péché monumental. »

À Enta, un jeune habitant pointe du doigt une autre source de nuisance. Il accuse une voisine de brûler des pneus pour fabriquer du Waya, un support utilisé dans les fourneaux afin d’économiser le charbon.
« Elle brûle des centaines de pneus chaque nuit. Je souffre de sinusite et j’ai des difficultés respiratoires. Quand je me suis plaint, on m’a pris pour un méchant, un maniaque », se désole-t-il. « Nous vivons avec ces réalités au quotidien, sans parler des ordures et des eaux stagnantes.»

Dans ces quartiers, diarrhées, paludisme, infections cutanées et maladies respiratoires figurent parmi les affections les plus courantes.

Les habitants pointent du doigt l’insuffisance du système d’assainissement et l’absence de collecte régulière des déchets. Faute de solutions durables, certains n’ont d’autre choix que de jeter les ordures dans les caniveaux, aggravant ainsi une situation déjà critique.
Suite à ces plaintes, nous avons tenté de joindre les services de collecte des déchets, sans succès.

Du côté des agents de santé, le constat est alarmant.  « L’environnement joue un rôle direct dans la propagation des maladies », explique un infirmier d’un centre de santé urbain. « Tant que les conditions d’hygiène ne s’amélioreront pas, nous continuerons à traiter les mêmes pathologies. »

Malgré quelques opérations ponctuelles de salubrité, les populations interrogées dénoncent un manque de suivi et de solutions pérennes. Pour elles, la lutte contre les maladies passe avant tout par un environnement sain, une condition essentielle qui reste, pour l’instant, loin d’être garantie.

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