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La commune de Matoto s’est réveillée sous le vrombissement des engins de démolition dans la matinée de ce mercredi 21 janvier 2026. Comme annoncé par la Police nationale, une vaste opération de déguerpissement a été menée le long de plusieurs axes routiers, visant les installations jugées encombrantes sur les emprises publiques.

Boutiques, restaurants, salles de prestations, magasins et autres constructions érigées en bordure de route ont été rasés sur ce tronçon. Sur place, de nombreux commerçants et occupants affirment toutefois n’avoir pas été suffisamment informés ou n’avoir reçu aucune notification claire sur leur sort avant le passage des machines.
« J’ai investi des millions » : le cri de détresse d’un imprimeur
Parmi les victimes, Aboubacar Sidiki Sylla, copropriétaire et gestionnaire d’une imprimerie démolie, estime ses pertes à plusieurs dizaines de millions de francs guinéens. Le prolongement vitré de son espace de travail, évalué à près de 30 millions de francs guinéens, a été détruit sous ses yeux.
« Si j’avais été informé, j’allais appeler les vitriers pour démonter l’installation. Ce que j’ai investi ici et ce que j’aurais payé pour enlever ça, ce n’est pas la même chose. J’ai investi des millions », déplore-t-il.
L’entrepreneur affirme être en règle vis-à-vis de l’administration.
« J’ai les papiers du cadastre, je paie l’impôt, les taxes, tout ce qui va avec l’État. Ils étaient censés m’informer pour que je puisse m’organiser », poursuit-il.
Au-delà des pertes matérielles, il s’inquiète également des conséquences sociales de cette démolition.
« J’emploie cinq personnes. Aujourd’hui, si l’entreprise est paralysée, ce sont des jeunes qui se retrouvent au chômage. C’est ce qu’il faut éviter dans un pays », alerte-t-il, appelant l’État à venir en aide aux entreprises touchées.
Il évoque également des machines endommagées, dont une presse d’une valeur de plus de 80 millions de francs guinéens et une autre destinée à l’impression des formats A0, estimée à 53 millions.
À quelques mètres de là, la galerie MARIFALA a également été touchée par l’opération. Talib Diallo, superviseur général, parle d’une intervention soudaine.
« Ils nous ont surpris. Il n’y avait qu’une seule dame à l’intérieur de la galerie. Quand elle nous a appelés, nous sommes venus constater les dégâts. Nous n’avions pas été informés », explique-t-il.
Selon lui, aucun délai n’a été accordé pour évacuer les biens.
« Si on nous avait prévenus, on aurait pu enlever les choses importantes. La machine est venue dégager et ce qui était à l’intérieur, on ne peut plus récupérer », regrette-t-il.
Tout en disant ne pas être opposé au déguerpissement, il plaide pour une meilleure communication.
« Il fallait prévenir la population au moins 72 heures à l’avance, passer de porte à porte. Aujourd’hui, on voit des gens pleurer partout », ajoute-t-il.
Au grand marché de Matoto, des centaines d’étals et de boutiques ont également été concernés. Aïcha Bangoura, vendeuse de produits cosmétiques, de mèches et de vêtements pour bébés, affirme avoir tout perdu.
« Je partais à l’hôpital avec mon bébé au dos quand on m’a appelée pour me dire qu’il y avait un déguerpissement. Presque toute ma marchandise a été écrasée. Après, les voleurs ont pris le peu qu’on pouvait récupérer. J’étais sans voix, j’ai tout perdu », témoigne-t-elle, en larmes.
Extension annoncée vers Coyah et Dubréka
Selon Rama Baldé porte parole de la police nationale ces opérations de déguerpissement des emprises et voiries publiques devraient se poursuivre dans les prochains jours, notamment dans les préfectures de Coyah et de Dubréka.
Mayi CISSÉ
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