Déguerpissement au marché de Matoto: « s’ils cassent ces endroits, il y aura plus de voleurs et de prostituées », alerte Fanta

il y a 3 heures 16
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Un déguerpissement a été mené ce matin au marché de Matoto–Kondebounyi, dans la commune de Matoto. Les installations occupées de façon anarchique ont été détruites par les engins, laissant de nombreux commerçants dans le désarroi. Parmi eux, Fanta Sylla, vendeuse, s’est exprimée pour dénoncer les conséquences sociales de cette opération et alerter sur les risques accrus d’insécurité dans la capitale.

« L’endroit où nous vendons à Matoto a été complètement détruit. Or, nous ne connaissons nul autre endroit pour trouver notre quotidien que ce lieu. Nous n’avons pas étudié ni rien. Comment allons-nous faire désormais ? », s’interroge-t-elle, visiblement affectée.

Pour cette commerçante, ces espaces de vente jouaient un rôle social important. « C’est grâce à ces places de vente qu’il y a moins de vol et de prostitution. Mais s’ils disent de casser ces endroits, il y aura plus de voleurs et de prostituées dans les bars », alerte-t-elle, appelant directement les autorités à mesurer l’impact de ces décisions.

Tout en reconnaissant la légalité de l’opération, Fanta Sylla plaide pour une solution d’accompagnement. « Que le Président de la République, Mamadi Doumbouya, revoie cette situation. Nous sommes fâchées d’un côté, parce que ça fait mal, et pas de l’autre, puisque nous savons que c’est la loi. Mais qu’il nous aide à avoir de nouvelles places grâce auxquelles nous pourrons avoir de quoi entretenir nos familles », insiste-t-elle.

La vendeuse souligne également sa vulnérabilité sociale et son absence d’instruction. « Je ne connais que le plateau. Même si tu écris O au tableau, je ne saurais le lire », confie-t-elle, avant d’évoquer l’ampleur des pertes subies lors de la destruction. « Je ne pourrais pas estimer l’étendue de mes pertes, puisque les sacs de piments, d’aubergines et de gombos étaient emmagasinés quand la pelleteuse est venue détruire. Le sac de piment coûte 300 mille, celui de l’aubergine 250 à 280. Il y avait plus de 10 sacs. À ce jour, je n’ai même pas le prix de l’eau. »

Malgré tout, Fanta Sylla reconnaît le bien-fondé de l’opération sur le plan réglementaire. « Ce qu’ils ont fait, ils ont parfaitement raison, puisque c’est le passage pour les véhicules. Mais il n’a qu’à nous trouver d’autres places. »

Ce déguerpissement relance ainsi le débat sur la nécessité de concilier assainissement urbain, respect de la loi et protection des moyens de subsistance des populations vulnérables, dans une capitale déjà confrontée à de nombreux défis sociaux.

Mayi CISSÉ 

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