Crise de l’éducation en Guinée : “La résolution de l’accord du 3 janvier 2026 est en très bonne voie”, rassure Ansa Diawara

il y a 4 heures 18
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Alors que des menaces de grève refont surface dans le système éducatif guinéen, Mohamed Ansa Diawara, porte-parole du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, se veut rassurant. Dans cet entretien accordé à la presse ce mardi 14 avril 2026, il affirme que la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 suit son cours, malgré un ralentissement lié au changement de gouvernement. Ansa Diawara appelle également les syndicats à privilégier la concertation afin d’éviter une nouvelle perturbation des cours à quelques semaines du début des examens nationaux. Interview!

Guinée360: L’intersyndicale a annoncé un mot d’ordre de grève. Comment avez-vous appris cette nouvelle et quelles mesures le département prend-il pour éviter une seconde crise dans le système éducatif ?

Mohamed Ansa Diawara : Bien, nous avons été très surpris d’apprendre cela, et cela par voie de médias. Vous savez, nous, département, notre ministère de l’éducation, quand on parle de grève, nous sommes la toute première victime. Et quand nous sommes victimes, le gouvernement l’est, et quand le gouvernement est victime, c’est l’ensemble des citoyens qui sont victimes. Mais je voudrais commencer par rappeler pourquoi nous avons été surpris. Vous savez, il y a eu une première grève, et cette première grève s’est terminée autour de la table suspendue. Donc un protocole d’accord a été signé le 3 janvier 2026. Nous, nous sommes dans la poursuite de cet accord. Quand vous dites qu’est-ce que le département a fait ? Le département est appuyé pour que ce protocole d’accord puisse suivre son chemin. Et Dieu merci, à l’intérieur de ce protocole d’accord, en termes de résolution, il a été décidé la création de trois commissions techniques. Une première commission technique est chargée du déblocage des salaires des enseignants qui sont en souffrance. Une seconde commission technique pour le rétablissement des primes des hauts cadres du ministère. Et une troisième commission technique a été créée pour le recrutement des enseignants contractuels. Dans les conditions normales du protocole d’accord, ces différentes résolutions devraient commencer en termes d’exécution au mois de février. Mais vous savez, il y a eu un changement de gouvernement. Et quand il y a changement du gouvernement, si ce ne sont pas les mêmes personnes qui reviennent, il est très difficile que le travail recommence automatiquement là où il a été stoppé. Donc c’est ce qui a dû faire ce petit vide-là de février à avril.

Où en sont les discussions aujourd’hui ?

Quand le syndicat ou l’intersyndical a réagi, une réunion a été convoquée. Une réunion tripartite entre la partie gouvernementale, celle syndicale, mais aussi le Conseil national du dialogue. Bien avant cette réunion, je voudrais vous apprendre que la poursuite des résolutions avait déjà démarré, parce que la commission chargée de débloquer les salaires a déjà commencé. Jusqu’ici, cette commission est en travail. Pour dire que le gouvernement a une très bonne foi de poursuivre ces différentes résolutions pour le bien de nos enseignants. Nous, ministère de l’Éducation, notre ministre ne ménage aucun effort pour la réalisation effective de ce protocole d’accord. La dernière réunion tenue le 9 avril dernier n’avait que deux objectifs. Le premier, partager l’information sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des résolutions du protocole d’accord. Deuxièmement, poursuivre la dynamique de concertation pour maintenir et consolider la quiétude dans nos écoles.

Le ministère peut-il faire des concessions pour désamorcer la situation ?

Je ne sais pas de quoi vous parlez en termes de concession. Le ministère est d’abord très ouvert. Ce qui est en train d’être fait, c’est pour les enseignants. Quand les enseignants sont satisfaits, notre ministère l’est. Quand les enseignants sont mécontents, nous sommes mécontents. Donc nous sommes avec les syndicats. Le ministre tient à ce que tout se passe bien dans les conditions normales. C’est pourquoi il se bat encore auprès de ses homologues pour que nos cours ne soient pas perturbés. Nous ne sommes pas pour une nouvelle grève. Le mot grève est un mot très fort. C’est une arme puissante qui ne doit intervenir que lorsqu’il n’y a pas d’issue. Mais ici, toutes les portes sont ouvertes. Nous les conseillons à faire la consultation, à l’information. Surtout, il n’y a pas de problème, parce que toutes les résolutions qui ont été prises seront réglées à la lettre.

Il y a aussi des divergences internes entre syndicalistes. Cela favorise-t-il la continuité des négociations ?

Évidemment, ne prenez pas de problèmes internes pour résoudre un problème global. Chacune de ces entités syndicales a signé ce protocole d’accord. De ce point de vue-là, les différentes résolutions incombent à toutes. Ce qui est de leurs problèmes internes, c’est la cuisine interne, et nous pensons que cela se résoudra très rapidement aussi, parce que ce sont des points qui ne sont pas insurmontables. Ce sont des incompréhensions qui peuvent être résolues. L’intersyndicale a parlé tout de suite de grève, mais les négociations sont là. Elles sont ouvertes. Donc, de la manière dont celle-ci est en train d’être résolue, de cette même manière entre eux, il n’y a aucun problème. Nous pensons que ce problème pourra être résolu très rapidement.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que le gouvernement manque de volonté dans ce dossier ?

Il faut les rassurer. C’est un problème de manque d’information. Ceux qui disent que le gouvernement est de mauvaise foi ou n’a pas la bonne volonté, si ces gens-là savaient que les commissions techniques sont créées et les membres proposés, si ces gens-là savaient que la commission sur le déblocage des salaires a commencé il y a longtemps, on est vers la fin, personne n’allait parler de mauvaise volonté du gouvernement. Quand on n’est pas informé, on navigue. Donc c’est un manque d’information. Nous profitons de cette antenne pour dire à tous que le gouvernement a une volonté impérieuse, quand on sait que l’éducation est la deuxième priorité du gouvernement. Quand on sait que l’éducation est un secteur clé, parce que quand il y a moins de problèmes au niveau de l’éducation, c’est tous les secteurs qui sont impactés.

Pouvez-vous rassurer les parents d’élèves et les élèves ?

Encore une fois, nous rassurons l’ensemble des acteurs du système éducatif pour dire que la résolution des points de l’accord du 3 janvier 2026 est en très bonne voie. Une première réunion a eu lieu ce 9 avril 2026, et d’ici cette fin de semaine, une nouvelle réunion aura lieu avec les syndicats pour parachever ce qui a commencé. Le train ayant démarré ne s’arrêtera plus tant que ces résolutions ne soient réglées. Encore une fois, nous sommes en fin d’année. Nous avons déjà pris beaucoup de temps que nous sommes en train de combler. Nous pensons qu’il n’y aura plus de grève, parce que les résolutions seront respectées et réglées à la lettre.

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