Cherté des loyers à Conakry : les locataires pris à la gorge

il y a 2 heures 9
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« Les maisons situées dans des quartiers résidentiels comme Kipé, Minière, Lambanyi, Camayenne et Coléah sont chères. Pour un appartement de deux ou trois pièces, il faut compter entre 1 500 et 2 000 dollars, selon le quartier et le standing. À Camayenne également, les loyers se situent autour de 1 500 à 2 000 dollars, tout comme à Coléah ou à Kipé », explique Ibrahim Bah, responsable d’une agence immobilière basée à Hamdallaye.

Ces dernières années, la question de la cherté des loyers est devenue une préoccupation majeure pour de nombreux habitants de Conakry. Se loger dans la capitale guinéenne est de plus en plus difficile, en particulier pour les ménages à revenus modestes. Mais quelles sont les véritables causes de ce phénomène qui pèse lourdement sur le quotidien des Guinéens ?

Pour mieux cerner les mécanismes à l’œuvre, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre d’Ibrahim Bah, responsable d’une agence immobilière basée à Hamdallaye, l’un des quartiers les plus dynamiques de la capitale. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent la flambée des prix. Toutefois, ce professionnel de l’immobilier dénonce l’absence de régulation stricte du marché : « Le gouvernement laisse chacun fixer les prix comme il le souhaite ».

Les agents immobiliers et les démarcheurs sont des intermédiaires entre les locataires et les propriétaires. Ils facilitent l’obtention rapide et aisée d’une maison, d’un appartement, d’un studio, voire d’une chambre. Cependant, ces derniers sont pointés du doigt comme étant les principaux responsables de cette hausse. Pourtant, Ibrahim Bah dénonce un manque de régulation du secteur.

Ibrahim Bah, responsable d’une agence immobilière à Conakry

« Le gouvernement laisse tout faire. Aujourd’hui, chacun fixe les prix comme il veut, et ce n’est pas normal. Normalement, le gouvernement devrait prendre des dispositions et encadrer les tarifs de location en fonction de la valeur de chaque appartement. Par exemple, actuellement, lorsque vous cherchez un appartement, un studio ou une chambre avec salon et cuisine, on peut vous demander 2 millions, 2,5 millions, voire 3 millions de francs guinéens, avec un minimum autour de 1,5 million. Tout cela n’est pas normal. Nous-mêmes, parfois, lorsque ces prix nous sont annoncés, nous demandons aux propriétaires de faire des rabais, parce que c’est trop élevé. Quand on considère la vie actuelle d’un fonctionnaire guinéen qui a une famille à nourrir et à soutenir, comment peut-il payer un loyer de 5 ou 6 millions ? Nous donnons des conseils, mais les propriétaires nous reprochent souvent de ne pas avoir contribué à la construction de leur bâtiment, et donc de ne pas avoir à fixer les prix. Nous sommes alors obligés d’annoncer les montants qu’ils nous ont confiés. La négociation se fait entre eux et les clients. Ce ne sont pas nous qui fixons les prix. Les appartements coûtent vraiment trop cher », a-t-il dénoncé.

Trouver des logements moins chers est devenu un casse-tête à Conakry. Pour se loger dans les quartiers résidentiels, il faut débourser entre 1 000 et 2 000 dollars.

« Les maisons situées dans des quartiers résidentiels comme Kipé, Minière, Lambanyi, Camayenne et Coléah sont chères. Pour un appartement de deux ou trois pièces, il faut compter entre 1 500 et 2 000 dollars, selon le quartier et le standing. À Camayenne également, les loyers se situent autour de 1 500 à 2 000 dollars, tout comme à Coléah ou à Kipé. En général, les appartements sont légèrement plus chers », a-t-il déclaré.

Pour Ibrahim Bah, les prix sont fixés par les concessionnaires en fonction des commodités. Pour vivre confortablement à Conakry, dans les quartiers résidentiels, il faut prévoir jusqu’à 3 000 dollars, selon le niveau de confort offert.

« Vous savez aussi qu’il existe différents types d’appartements. Il y a des appartements très coquets, avec tout le confort, et d’autres plus ordinaires, qui restent au minimum habitables mais moins confortables que les premiers. Les prix varient donc en fonction du standing. Par exemple, pour un appartement de 3 pièces moins confortable, les loyers se situent généralement entre 4 et 6 millions de francs guinéens. Il en est de même pour certains appartements de 2 pièces. En revanche, pour des appartements confortables situés dans des quartiers résidentiels comme ceux que j’ai mentionnés, les loyers peuvent aller d’environ 1 000 à 3 000 dollars, voire plus selon le standing. C’est très cher par rapport au niveau de vie en Guinée aujourd’hui. Même pour nous, cela reste difficile à supporter », a-t-il avancé.

Pour conclure, Ibrahim Bah souligne qu’ils rencontrent des problèmes dans leur activité. Selon le patron de l’agence immobilière AIH à Hamdallaye, certains clients refuseraient de respecter leur engagement de payer leurs honoraires après l’obtention de leur logement.

« Nous rencontrons beaucoup de difficultés dans notre travail. Par exemple, nous faisons des efforts pour chercher de bons appartements et des maisons, puis nous attendons les clients. Il y a bien sûr des clients gentils, mais la plupart, aujourd’hui — je m’excuse du mot — sont des traîtres. En effet, lorsqu’un client vient, vous vous mettez d’accord sur quelque chose. Mais une fois sur place, s’il est satisfait, il vous tourne le dos. Quand vous lui demandez de respecter ce qu’il vous avait promis, il répond qu’il n’a pas les moyens et vous donne toutes sortes d’arguments. Vous ne pouvez rien faire, car si vous insistez trop, il vous dira qu’il n’y a aucun document ni contrat qui vous lie. Parfois, à leur apparence, nous leur faisons confiance. Mais finalement, même des personnes importantes peuvent nous décevoir. Voilà la réalité : nous rencontrons énormément de difficultés », a-t-il ajouté.

Pour gagner le pari, Ibrahim Bah demande à l’État de fournir davantage d’efforts pour construire des logements sociaux. Selon lui, cela pourrait aider les fonctionnaires ainsi que la population. Mais tant qu’il n’y aura pas de logements sociaux, les Guinéens continueront de souffrir.

Moussa Konaté pour Guineematin.com

Tél : (+224) 621016809

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