Blocage des salaires : le coordinateur des enseignants concernés interpelle le président

il y a 2 heures 15
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À l’instar de dame Fatoumata Fofana, plusieurs centaines d’enseignants guinéens sont privés de salaire depuis de plusieurs mois.

Leur seul tort, c’est de pas avoir été enrôlés lors de l’opération de biométrisation lancée par la Fonction publique. Si certains étaient absents pour cause de maladie, d’autres l’ont été pour de cas de force majeure.

Pourtant, malgré une régularisation de leur situation et la présentation de justificatifs validés par les structures déconcentrées et les syndicats de l’éducation, leur dossier reste au point mort.

Face à l’indifférence du ministère de l’enseignement Pré-universitaire et de celui du travail et de la fonction publique, ces agents de l’État sombrent dans la précarité la plus totale.

Aujourd’hui constitués en coordination des enseignants bloqués, ces enseignants ne savent plus à quel saint se vouer.

Lounceny Keïta, coordinateur du mouvement et chargé de la formation continue à la direction préfectorale de l’éducation de Beyla, illustre ce drame. Son salaire est gelé depuis 19 mois pour raison de santé, l’enseignant a demandé au président de la république à comprendre leur cri de cœur.

« Je demande aux autorités compétentes, et surtout au Président de la République, père de la nation, d’entendre notre cri du cœur. Nous sommes des pères et des mères de famille incapables de subvenir à nos besoins depuis près de deux ans. C’est un déshonneur face à nos proches », confie-t-il avec amertume.

Alors qu’un protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 laissait espérer un dénouement fin janvier, les enseignants attendent toujours. Leur dernier espoir repose désormais sur la fin du mois de février pour sortir de cette impasse.

Pour Lounceny Keïta, marié à trois femmes et père de treize enfants, dont huit scolarisés, le quotidien est devenu un combat pour la survie. Sans l’aide de sa sœur et de son frère jumeau, sa famille ne pourrait plus manger.

« C’est la famille qui m’épaule depuis tout ce temps. Je le jure sur l’honneur : ce sont mon frère et ma sœur qui nourrissent ma femme et mes enfants. Mon fils aîné n’a que 23 ans et j’ai encore de jeunes enfants à charge », explique-t-il.

Pourtant, la situation administrative de M. Keïta semble en règle. Le DPE et le Préfet de Beyla ont tous deux transmis son dossier complet, incluant son rapport médical et son certificat de reprise de service, au ministère de la fonction publique.

« Mon dossier est complet et se trouve à la Direction générale de la fonction publique. Bien que je ne sois pas payé, je continue de servir à la DPE de Beyla. J’appelle les autorités à avoir pitié de ma famille et à débloquer ma situation dès ce mois de février », a-t-il martelé.

Alhassane Fofana

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