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À Saalah, localité relevant du district de Minyaya, dans la sous-préfecture de Bangouya, les habitants expriment une profonde frustration face aux conséquences de l’installation de la société chinoise CRCC17. Entre absence d’infrastructures promises, difficultés d’accès à l’eau potable, licenciements jugés abusifs et conditions de travail précaires, les citoyens appellent à une intervention urgente des autorités, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial.
Sur le terrain, l’espoir suscité par l’arrivée de la société laisse désormais place à la désillusion. Plusieurs habitants rencontrés décrivent une situation préoccupante, marquée par la détérioration de leurs conditions de vie.
Gallé Sylla, chef du secteur de Saalah, rappelle les engagements initiaux pris lors de l’arrivée de l’entreprise.
Gallé Sylla, chef du secteur de Saalah« Les Chinois sont venus par le canal du gouvernement et nous ont demandé nos préoccupations. Nous avons insisté sur la réalisation d’un forage. Avant leur arrivée, nous disposions d’une rivière et de vastes domaines cultivables, mais tout a été détruit. Pendant la saison sèche, les marigots tarissent ; seule la rivière Guèmèssèbè résiste encore. Malheureusement, c’est près de cette rivière qu’ils ont construit la cité et la route, ce qui a endommagé le site. Dans la convention, il était aussi prévu une mosquée, une école et un poste de santé, mais rien n’a encore été réalisé », a-t-il expliqué.
Au-delà du manque d’infrastructures, la question de l’emploi local alimente également le mécontentement. Mohamed Sylla, maçon domicilié à Saalah, dénonce des conditions de travail difficiles.
Mohamed Sylla, maçon domicilié à Saalah« Nous avons été parmi les premiers recrutés pour la construction de la cité, mais nous rencontrons énormément de difficultés. Nous payons nous-mêmes le transport et la nourriture. En cas de maladie, toutes les dépenses sont à notre charge. Nous parcourons plus de six kilomètres pour travailler. Nous sommes payés 80 000 francs par jour, mais après un ou deux jours de travail, on nous demande souvent de nous reposer, ce qui équivaut à un licenciement déguisé. Nous demandons une revalorisation du tarif journalier », a-t-il plaidé.
Même son de cloche chez Morlaye Sylla, qui déplore des licenciements répétés et des retenues sur salaire.
Morlaye Sylla, domicilié à Saalah« Certains jeunes sont recrutés puis licenciés après quelques jours. D’autres travaillent plusieurs mois sans percevoir de salaire. Nous constatons aussi que des étrangers sont recrutés au détriment des jeunes locaux. Les manœuvres gagnent environ 50 000 francs et les maçons entre 80 000 et 90 000 francs par jour, mais des frais bancaires sont prélevés sur ces montants. On nous oblige à ouvrir des comptes à Kindia, ce qui réduit encore nos maigres revenus. Aujourd’hui, sur les nombreux jeunes qui travaillaient, il ne reste plus que quatre personnes », a-t-il dénoncé.
Du côté des femmes, la principale préoccupation reste l’accès à l’eau potable. Mariam Camara, présidente des femmes de Saalah, affirme que le forage réalisé par la société est impropre à la consommation.
Mariam Camara, présidente des femmes de Saalah« L’eau contient du fer et dégage une odeur ocre. Elle n’est pas potable. Nous l’utilisons seulement pour la lessive. Nous leur avions demandé de creuser à la tête du marigot, mais ils ont catégoriquement refusé. Pour boire, nous continuons à puiser dans la rivière située près de leur chantier, faute d’alternative. Nous ne tirons aucun bénéfice de leur présence », a-t-elle regretté.
Selon les témoignages recueillis, la société CRCC17 intervient comme sous-traitant dans la construction de ponts, de dalots et d’infrastructures liées au transport de la bauxite, notamment sur un axe reliant Pita au port de Conakry, en passant par le lac du barrage hydroélectrique de Souapiti et la préfecture de Dubréka. Elle emploierait près d’une centaine de travailleurs sans contrats formels, ni équipements adéquats, ni prise en charge médicale. Les employés seraient rémunérés entre 60 000 et 150 000 francs guinéens par jour, pour des horaires allant de 6 h à 18 h, avec deux heures de repos, selon un responsable ayant requis l’anonymat.
À Saalah, entre attentes déçues et difficultés quotidiennes, les habitants espèrent désormais une réaction rapide des autorités afin que les engagements initiaux se traduisent enfin par des actions concrètes, ce qui pourrait contribuer à une amélioration tangible de leurs conditions de vie.
De retour de Bangouya, Amadou Baïlo Batouala Diallo, envoyé spécial pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 628 51 67 96
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