Tountouroun (Labé) : entre abondance agricole et pauvreté persistante à Horé Dima

il y a 3 heures 10
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Niché dans la sous-préfecture de Tountouroun (à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Labé), le district de Horé Dima est une localité riche en terres fertiles et en ressources naturelles. Mais, en dépit de ce potentiel, ce district croupit dans la pauvreté et l’enclavement. Ses habitants, organisés à travers des groupements, appellent les autorités et les partenaires au développement à accompagner leurs efforts pour lutter contre la pauvreté et protéger l’environnement, notamment la tête de source du fleuve Gambie, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Le groupement Bhantal Fi Dimawol, dirigé par Madame Ousmane Diallo, fait figure d’exemple dans la culture maraîchère. Orangers, pommes de terre, choux, tomates, aubergines, oignons ou encore carottes garnissent les champs de la localité. Les productions, reconnues pour leur qualité, alimentent non seulement Labé, mais aussi ses environs. Mais derrière ces récoltes, la réalité est rude.

Ousmane Diallo, présidente du groupement Bhantal Fi Dimawol

« Nous faisons des pépinières d’orangers, ainsi que de la culture maraîchère, notamment la pomme de terre, le chou, l’oignon, le piment, l’aubergine, la tomate, la carotte, le persil, etc. Ces cultures nous assurent un rendement appréciable. Grâce à l’utilisation du fumier, des engrais et du compost, nous produisons des condiments de bonne qualité. D’ailleurs, les produits agricoles de Horé Dima sont très appréciés dans la préfecture de Labé et ses environs. Cependant, nous rencontrons parfois des difficultés au moment de la récolte, notamment à cause des attaques d’insectes. Nous cultivons deux fois durant la saison des pluies, c’est-à-dire au début des travaux champêtres et à la fin, période qui coïncide avec une rareté de pluies. Nous voulons réellement travailler, mais nous manquons de financements. C’est pourquoi nous sollicitons l’appui du gouvernement, des ONG et des personnes de bonne volonté. Nous avons besoin d’équipements tels que des grillages pour clôturer nos bas-fonds, d’un forage équipé d’une pompe, d’une route et d’autres infrastructures. Tout cela nous permettrait de lutter efficacement contre la pauvreté et la faim. Nous voulons sincèrement développer notre localité à travers le groupement Bhantal Fi Dimawol », a-t-elle expliqué.

Horé Dima n’est pas seulement un grenier agricole. C’est aussi un haut lieu environnemental, car la localité abrite la tête de source du fleuve Gambie, un site d’intérêt international qui attire des visiteurs venus d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs. Mais, faute de routes, ce patrimoine reste enclavé et souffre de pressions multiples.

« Le district de Horé Dima est une localité méconnue de la population, pourtant reconnue dans le monde entier, car elle abrite la tête de source du fleuve Gambie. Ce site attire des visiteurs venant d’Angleterre, d’Amérique, de Belgique, d’Allemagne et d’ailleurs. Pourtant, nous faisons face à un sérieux problème d’accès. En plus, notre district possède une forêt classée depuis 1936. Or, nos parents vivaient déjà ici. Et aujourd’hui, nous manquons de terres pour l’agriculture. Beaucoup de citoyens sont obligés de se rendre dans les districts voisins, notamment Dalein et Popodara, pour emprunter des domaines agricoles. Par ailleurs, une grande partie des habitants de la préfecture de Labé vient chercher ici des blocs de pierre dans les Bowés pour construire des bâtiments. Eu égard à tout cela, nous avons besoin d’aide pour réhabiliter notre route d’accès afin de désenclaver la localité… En ce qui concerne la tête de source, nous déployons d’importants efforts pour la sauvegarde de son environnement. Il est strictement interdit d’y brûler ou d’y couper du bois. Certaines ONG nous accompagnent parfois dans le reboisement. Mais ces derniers temps, nous avons constaté que certaines espèces d’arbres plantées contribuent malheureusement au tarissement de la source, car elles absorbent une grande quantité d’eau, selon des spécialistes », a déploré Abdoulaye Diallo, président du district de Horé Dima.

Sans poste de santé moderne, de routes praticables et sans infrastructures touristiques, Horé Dima peine à valoriser ses richesses. Pourtant, la volonté de ses habitants est vive. Ils réclament du soutien pour développer leur agriculture, protéger l’environnement et accueillir les visiteurs qui se pressent à la source du Gambie.

Abdoulaye Diallo, président du district Horé Dima

« Désormais, nous souhaitons le reboisement à base d’arbres fruitiers comme le néré, le manguier ou l’oranger. Cela permettrait aux animaux de s’y nourrir, tandis que les feuilles tombées contribueraient à fertiliser le sol. Par ailleurs, nous disposons d’un poste de santé construit par la communauté, à côté de l’école primaire, pour assurer la prise en charge des enseignants et des habitants. Mais son fonctionnement nécessite un appui constant, d’autant plus que nous recevons de nombreux visiteurs étrangers. Aujourd’hui, ce poste mérite d’être modernisé. En outre, notre route en latérite, jonchée de pierres, est impraticable surtout en saison pluvieuse. Les conducteurs d’engins rencontrent souvent des problèmes de patinage. C’est pourquoi nous lançons un appel pressant aux autorités nationales, aux institutions internationales ainsi qu’aux organisations comme l’OMVG et l’OMVS, afin qu’elles nous viennent en aide pour le développement de notre localité. Nous sollicitons également la construction d’une maison d’accueil pour les touristes et étrangers qui visitent Horé Dima », a dit le président du district de Horé Dima.

De Tountouroun (Labé), Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel : (00224) 628 51 67 96

The post Tountouroun (Labé) : entre abondance agricole et pauvreté persistante à Horé Dima first appeared on Guineematin.com.

L’article Tountouroun (Labé) : entre abondance agricole et pauvreté persistante à Horé Dima est apparu en premier sur Guineematin.com.

Lire l'article en entier