Simandou : quand la Guinée transforme enfin son potentiel en projet de nation (Par Alpha Camara)

il y a 2 heures 15
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Beaucoup parlent aujourd’hui du projet Simandou, mais peu en maîtrisent réellement la profondeur, l’histoire et les enjeux. Pourtant, il s’agit de l’un des projets miniers et industriels les plus anciens, les plus complexes et les plus structurants de l’histoire de la Guinée. Connu dès les premières années de l’indépendance, sous le premier président Ahmed Sékou Touré en 1958, Simandou a traversé des décennies de péripéties politiques, juridiques et économiques avant d’entrer, enfin, dans une phase concrète sous la gouvernance du président Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021.

Si la matérialisation du projet relève avant tout d’une volonté politique clairement affichée du chef de l’État, elle est aussi le fruit d’un travail technique, juridique et stratégique de longue haleine, conduit au cœur de l’appareil présidentiel. À ce titre, le rôle du ministre, Directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, mérite d’être compris dans toute sa dimension.

Pendant longtemps, Simandou a été synonyme d’espoirs déçus. Les obstacles se sont accumulés, entre contentieux, instabilité politique et absence de vision intégrée. La rupture intervenue après le 5 septembre 2021 marque un tournant décisif : celui d’un projet repris à la racine, repensé dans sa gouvernance et sécurisé dans son architecture.

Avant cette période, la Guinée ne détennait aucune participation directe dans le projet. Aujourd’hui, l’État guinéen dispose d’un quota de 15 %, une avancée majeure qui traduit un changement de paradigme : la Guinée n’est plus seulement un territoire d’exploitation, mais un acteur à part entière de la chaîne de valeur.

Les blocs 1 et 2 sont exploités par un consortium singapourien, tandis que les blocs 3 et 4 sont détenus par Rio Tinto et ses partenaires. Cette organisation a permis de mutualiser les intérêts, réduire les risques et sécuriser les investissements autour d’infrastructures communes.

Simandou dépasse largement le cadre minier. Il s’agit d’un projet intégré, comprenant des ports en eau profonde, une ligne ferroviaire transguinéenne destinée au transport des minerais, des marchandises et des personnes, ainsi qu’une aciérie, dont les études devraient s’achever dans les deux prochaines années.

Cette approche intégrée vise à transformer la Guinée en hub logistique régional, à désenclaver durablement le territoire et à créer de nouvelles zones économiques.

Une vision économique, sociale et financière à long terme

Sur le plan financier, plus de 50 % des revenus générés par le projet transiteront par les banques locales guinéennes, conformément aux contrats. Cette disposition vise à renforcer le système bancaire national et, à terme, à consolider le franc guinéen par des flux financiers internes durables.

Les infrastructures stratégiques — ports, rails et aciérie — reviendront à la Guinée à travers la société TransGuinéen, garantissant une appropriation nationale des actifs à long terme. Le projet devrait générer plus de 50 000 emplois directs et indirects, avec pour ambition affichée de doubler le PIB du pays à moyen terme. Ce pib a été autour de 27 milliards de dollars US en 2025, selon un communiqué de la Banque mondiale, consulté en ligne.

Préparer l’après-mine : investir dans l’homme et le pays 

Simandou recèle environ 8 milliards de tonnes de minerai de fer, avec une teneur supérieure à 65 %, parmi les plus élevées au monde. Ce qui pourrait contribuer aux efforts de décarbonation de l’industrie sidérurgique.

Consciente du caractère fini des ressources minières, la Guinée a intégré dès le départ une logique de préparation de l’après-mine. Environ un quart des recettes générées sera consacré à l’investissement dans les ressources humaines, l’agriculture et l’industrialisation. La construction d’un prytanée militaire à vocation civilo-militaire s’inscrit déjà dans cette vision de formation et de valorisation du capital humain.

Djiba Diakité, au cœur du dispositif stratégique

Au cœur de ce dispositif, Djiba Diakité apparaît comme l’un des hommes de confiance du chef de l’État. Proche collaborateur du président Mamadi Doumbouya, il rend compte directement à ce dernier et agit comme un pivot entre la vision politique portée au sommet de l’État et la mise en œuvre technique du projet. Cette relation de confiance a permis une prise de décision rapide, une coordination resserrée des acteurs et un suivi rigoureux d’un dossier parmi les plus complexes que la Guinée ait jamais portés.

En tant que président du comité stratégique du projet Simandou, il a piloté un travail méthodique de négociation et de sécurisation juridique.
« Nous avons passé deux ans à étudier, à lire chaque virgule, bien entendu en nous faisant accompagner par les plus grands cabinets au monde», a-t-il expliqué dans une interview. Diplômé d’un Master en Sciences, Technologies et Santé, avec une spécialisation en télécommunications et systèmes microélectroniques obtenue en France en 2009, il incarne un profil technico-managérial, orienté exécution et pilotage.

Simandou, un signal fort pour les Guinéens et les investisseurs

Le fait que des partenaires internationaux aient accepté d’investir près de 20 milliards de dollars américains dans un projet d’une telle envergure en Guinée témoigne d’un climat de confiance envers le pays et son leadership. Comme l’a résumé Djiba Diakité, citant le président Doumbouya :
« Simandou doit être pour la Guinée ce que le pétrole a été pour les pays du Golfe. »

Au-delà de l’ampleur des chiffres et de la technicité du projet, Simandou incarne aujourd’hui une promesse collective. Celle d’une Guinée qui apprend de son histoire, sécurise ses choix et transforme enfin son potentiel en leviers de développement durable. En plaçant la rigueur, la transparence et la compétence au cœur de la gouvernance de ses projets stratégiques, le pays envoie un signal clair à ses citoyens comme à ses partenaires : les richesses nationales ne sont plus une fatalité mal exploitée, mais un capital à organiser et à partager.

C’est précisément cet espoir — celui d’un État mieux organisé, plus exigeant envers lui-même et résolument tourné vers les résultats — qui a conduit les Guinéens à renouveler leur confiance au président Mamadi Doumbouya et à son équipe lors de la dernière élection présidentielle de décembre, remportée, selon les résultats officiels, avec une large majorité. Pour les populations, Simandou nourrit l’attente légitime d’un avenir fondé sur l’emploi, la formation et l’industrialisation. Pour les investisseurs, il offre un cadre désormais lisible, sécurisé et ambitieux, porté par une volonté politique affirmée et une exécution méthodique.

Si cette trajectoire est maintenue, la Guinée n’est plus seulement une terre de ressources : elle devient une terre de projets, de stabilité et de confiance.

Alpha Camara, Journaliste

Ottawa/Gatineau (CANADA)

Tel: +1 438 221 4080

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