Secteur judiciaire : des femmes brisent les barrières et s’illustrent aux côtés des hommes

il y a 18 heures 18
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Elles sont certes minoritaires, mais il existe bel et bien des femmes courageuses qui parviennent à tirer leur épingle du jeu dans le monde judiciaire.

Magistrates, greffières ou avocates, elles se battent au quotidien pour s’affirmer dans un univers largement dominé par les hommes.

Un autre défi auquel elles sont confrontées est celui de concilier la vie professionnelle et la vie familiale. Malgré ces contraintes, elles réussissent à s’imposer et à faire entendre leur voix. Pour de rares occasions, comme celle de la Journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars, elles acceptent de s’exprimer.

Aïssatou Sacko est magistrate de profession. Elle est actuellement présidente du Tribunal de première instance de Kaloum. Elle est par ailleurs l’unique femme cheffe de juridiction dans le pays, à notre connaissance. Dans un univers dominé par les hommes, elle évolue avec détermination et parvient à s’imposer grâce à son état d’esprit.

« Il faut que la femme magistrate ait confiance en elle et qu’elle se dise qu’elle accomplit le même travail que les hommes qui l’entourent. C’est un corps dans lequel il y a beaucoup plus d’hommes, mais je peux vous assurer que, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes magistrats, nous occupons les mêmes fonctions et faisons le même travail. Rien ne change en matière de suivi de procédure », a-t-elle affirmé.

Le même état d’esprit anime Djenabou Diallo. Elle aussi occupe une place importante dans le monde judiciaire guinéen. Depuis 2022, elle est cheffe de greffe à la Cour de répression des infractions économiques et financières.

Malgré les défis particuliers auxquels elle est confrontée en tant que femme et mère de famille, elle parvient à assumer pleinement ses responsabilités professionnelles.

« La chance que j’ai eue, c’est d’avoir un mari compréhensif. Il m’assiste dans la vie familiale. Mais au-delà de cela, il faut que la femme soit déterminée et capable de gérer son temps. Le temps pour son foyer et le temps pour son travail », conseille Mme Diallo.

Dompter les stéréotypes, faire toujours mieux et maintenir un haut niveau de formation, tels sont les secrets qui permettent à Me Houleymatou Bah de s’imposer dans son domaine. Incontestablement, elle est l’une des grandes voix du barreau de Guinée. Une avocate qui continue de s’affirmer, même si le parcours reste semé de contraintes.

« Il y a des difficultés, notamment à cause des étiquettes. Certains disent que c’est une avocate, donc elle est difficile, elle veut faire comme les hommes, et dès qu’on lui parle, elle cite un article de loi. Ce sont des stéréotypes auxquels nous sommes confrontées. Même dans l’exercice de la profession, parce que vous êtes une femme, on peut vous traiter différemment. Mais dans ces moments-là, il ne faut pas se laisser abattre. Vous avez une mission, et vous devez l’assumer jusqu’au bout », exhorte Me Houleymatou Bah.

Que ce soit dans la magistrature, au greffe ou au barreau, les femmes restent minoritaires dans le monde judiciaire. Mais il n’y a pas de fatalité. Nos trois interlocutrices sont convaincues que la tendance peut être inversée. Elles encouragent leurs consœurs à redoubler d’efforts afin d’acquérir les compétences et les qualités nécessaires pour se faire une place.

Sékou Diatéya

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