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Placée au cœur du premier pilier du programme Simandou 2040, l’agriculture s’impose comme une priorité stratégique du gouvernement guinéen. C’est dans cette dynamique que le ministère de l’Agriculture, en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale, a procédé au lancement du Pacte national AgriConnect. Ce programme, qui s’étend sur la période 2026-2031, vise à accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires et à renforcer durablement la sécurité alimentaire en Guinée. La cérémonie de lancement s’est tenue ce jeudi 30 avril 2026, à Conakry, sous la présidence de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, représentant sa collègue de l’Agriculture, empêchée, ainsi que du ministre de l’Élevage, Félix Lamah, en présence des partenaires techniques et financiers, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Dans son intervention, la ministre Mariama Ciré Sylla a déclaré que l’ambition du programme AgriConnect vise à transformer en profondeur le secteur agricole guinéen.
Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget« Nous sommes aujourd’hui réunis pour le lancement du Pacte AgriConnect, un programme ambitieux qui vise à transformer notre agriculture. Je tiens à féliciter les équipes des ministères de l’Agriculture et de l’Élevage pour avoir concrétisé ce pacte, essentiel à la souveraineté alimentaire de notre pays. Ce programme a pour objectif d’accompagner le gouvernement de la République de Guinée dans l’identification des réformes prioritaires nécessaires à l’accélération de la croissance du secteur agricole. Il prévoit la mise en place d’un cadre d’investissement ainsi que des réformes dans plusieurs domaines, notamment le foncier, où il est indispensable de renforcer la sécurité afin de faciliter l’accès aux terres agricoles. Des investissements sont également prévus dans des sous-secteurs clés, comme la facilitation de l’accès à la certification des produits agricoles, afin de favoriser leur exportation. Le projet soutiendra aussi des investissements importants dans les infrastructures rurales, essentielles au développement du secteur : réhabilitation des pistes rurales, mise en place d’infrastructures de conservation et de transformation des produits agricoles. Le programme accordera une attention particulière aux petits exploitants agricoles, en renforçant leurs capacités, en améliorant leur accès au financement et en mettant à leur disposition des outils innovants, notamment numériques, afin d’accroître significativement leurs revenus. Au-delà des petits exploitants, le projet travaillera également à la mise en place de structures de financement favorisant l’émergence de champions agricoles nationaux et régionaux. Par ailleurs, le programme intègre des initiatives clés dans le secteur de l’élevage. Comme cela sera détaillé par le ministre, il s’agira notamment d’améliorer l’accès à la volaille, en consolidant les interventions déjà engagées, notamment avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, qui ont permis d’accroître l’offre sur le marché intérieur. Ce projet agit à la fois sur les réformes, les investissements structurants, le renforcement des capacités et l’accès au financement pour le secteur privé et les petits exploitants agricoles », a-t-elle souligné.
De son côté, Félix Lamah, ministre de l’Élevage, a insisté sur l’importance du programme pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle de la Guinée.
Félix Lamah, ministre de l’Élevage« La finalité d’AgriConnect est de permettre à la Guinée d’améliorer son autosuffisance alimentaire et nutritionnelle, et ainsi renforcer sa souveraineté dans ce domaine, à travers une plateforme de projets déployés sur une période de dix ans. Concernant le secteur de l’élevage, la priorité est donnée à la filière avicole. La Guinée importe actuellement environ 10 000 tonnes de poulet congelé. Il est donc crucial de développer notre production locale pour atteindre l’autosuffisance, tout en renforçant également la filière laitière. Trois défis majeurs doivent être relevés : le défi de la gouvernance, avec la mise en place d’un cadre réglementaire et législatif incitatif pour attirer les investissements privés, ainsi que la structuration des acteurs de la filière avicole sur l’ensemble de la chaîne de valeur ; le défi des infrastructures, indispensables pour garantir la qualité des produits et leur mise sur le marché ; le défi du financement, à travers la mobilisation de ressources importantes au profit des acteurs privés de la filière. L’objectif est qu’au cours des cinq prochaines années, la Guinée atteigne l’autosuffisance en viande de volaille, en lait et en œufs de consommation, pour répondre aux besoins de ses plus de 17 millions d’habitants. AgriConnect est donc un programme structurant et porteur d’opportunités majeures pour notre pays. Le potentiel existe ; il s’agit désormais de poser les bases nécessaires pour le révéler pleinement. Au-delà du secteur minier, l’agriculture et l’élevage doivent devenir de véritables moteurs de croissance économique pour la Guinée », a laissé entendre le ministre.
Pour sa part, Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, a rappelé l’engagement de son institution à continuer à accompagner notre pays.
Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée« Les indicateurs varient selon les perspectives, mais ce que je peux affirmer, c’est que nous sommes déjà engagés dans le financement de ce secteur et que nous continuerons à le soutenir. Cela pour deux raisons principales : d’une part, les enjeux de sécurité alimentaire et de souveraineté, qui sont cruciaux dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques mondiales, qu’il s’agisse de la crise en Ukraine ou au Moyen-Orient, et d’autre part, l’importance de soutenir les petits producteurs. Cette plateforme met un accent particulier sur ces derniers, en leur donnant accès au financement, à la technologie et aux moyens nécessaires pour devenir de véritables acteurs du développement et créateurs d’emplois. En matière de financement, le Groupe de la Banque mondiale est déjà fortement engagé dans le secteur agricole, et une deuxième phase de financement, encore plus importante, sera lancée dans les semaines à venir. Par ailleurs, la branche privée du groupe, notamment à travers des partenariats avec des acteurs économiques, contribuera directement au financement des entreprises agricoles. Récemment, des discussions ont été engagées avec des acteurs majeurs afin de favoriser l’émergence de champions agricoles, capables de créer de la valeur ajoutée à travers la transformation des produits. En mars, un accord a été signé avec une entreprise pour un financement de 20 millions de dollars destiné à soutenir la production locale. Ce type d’initiatives sera renforcé, notamment pour structurer les filières et accompagner les producteurs. Dans des secteurs comme le soja, par exemple, il est essentiel d’organiser les petits producteurs afin qu’ils deviennent des fournisseurs structurés, intégrés dans des chaînes de valeur performantes. C’est ainsi que nous construirons un secteur agricole dynamique, créateur d’emplois et générateur de richesses pour l’ensemble du pays. À terme, cela permettra également de renforcer les ressources de l’État à travers une meilleure mobilisation fiscale », a déclaré Issa Diaw.
Ismaël Diallo pour Guineematin.com
Tél : 624693333
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